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Exécutrices Women

Un shôjo manfra à exécuter

Dans le pot pourri de Shogun Mag, on trouve de tout. Du bon, du moins bon et de l'exécrable comme Exécutrices Women, titre à la consonance américaine parodiant les « executive women » de Sex and the City. Même esprit léger, mêmes rapports aux hommes et au travail, mêmes comportements… même tout ! Les auteurs s'inspirent énormément de la série à succès sans jamais la citer mais les allusions sont trop nombreuses pour ne pas être évidentes. Et le cruel manque d'intérêt apparaît extrêmement rapidement…

Mangeuses d'hommes

Elles sont quatre filles, quatre amies pour la vie : Manon, la blonde timide, maladroite et myope, est à la recherche d'un emploi ; Jade, la célibataire endurcie et maniaque de l'ordre aux cheveux châtains, est avocate à la cour ; Alix, l'arriviste mangeuse d'hommes à la crinière rousse, est journaliste TV ; Léa, la rêveuse anxieuse aux boucles de jais, est directrice artistique dans une agence de pub. Face à leurs démêlés professionnels et sentimentaux, elles vont peu à peu devoir commettre des délits et des crimes pour affirmer leurs carrières et leurs identités de femmes indépendantes. Adieu les Executive Women, voici les Exécutrices Women.

Exécutrices Women (c) Shogun
Exécutrices Women (c) Shogun
Le quatuor de personnages comprend un lot de greluches censées correspondre aux grandes facettes féminines actuelles avec un ton de comédie sans gags prenants. La volonté de créer un shôjo manfra où le verbe crû des femmes serait aussi salace que ceux des hommes laisse dubitatif car les réflexions sont bateau, simplettes et ne débouchant sur rien. On tourne à vide. Ou alors autant lire avec plus de plaisir High School Girls. Que dire sur le reste tellement il y peu à dire ? Le scénario ne se développe que sur des aventures peu passionnantes de trentenaires passablement angoissés par la rencontre du prince charmant beau gosse. Quand on vous disait que le scénario était étrillé… Des rebondissements ? Ah… Exécutrices Women se montre rasant, les personnages inintéressants et confondus dans des stéréotypes programmés pour des situations usées jusqu'à la lie.

Exécution sommaire du lecteur

Pourquoi se montrer aussi négatif sur Exécutrices Women ? Tout est dit auparavant et les prochains volumes ne semblent pas présager du meilleur avec une surenchère programmé. Le début est désastreux, la suite prévoit de l'être tout autant avec l'assurance de voir les situations se dégrader pour nos fameuses cadres aussi bien au boulot que pour leurs sentiments sans pour autant convaincre un poil plus… Mais certainement avec l'envie de voir les personnages évoluer car elles ont déjà atteint le point de lassitude.

Si le scénario de Meylander est à oublier définitivement, le trait de Boller n'offre pas beaucoup plus de surprises avec un ensemble travaillé mais peu original, offrant des personnages féminins dans la norme et des hommes sans véritable effet d'attirance. Le remplissage est plutôt bon mais le sens du détail est absent. Résultat : un manga insipide et sans grande chance de passionner. A moins d'être un mordu notoire de Sex and the City et vouloir prolonger la série TV. Seule l'édition mérite un vrai bon point.

Pas grand-chose à sauver de ce manfra. Préférez Kairi à Exécutrices Women pour les shôjo manfra pour un résultat (légèrement) plus convaincant. Ou préférez les aventures de Carrie à une version papier française détestable.

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