5.5/10

Fantamir

C'est avec Fantamir que j'inaugure mon entrée dans le vaste monde du manhwa. Et oui, j'ai vaillamment résisté depuis l'arrivée de la bande dessinée coréenne en France et finalement, ben j'en ai lu un, un peu malgré moi. Fantamir étant donc mon tout premier manhwa, on peut donc facilement avouer que je n'ai aucune référence dans le genre. Mais le manwha étant plutôt une chose nouvelle en France, personne ne peut encore prétendre au titre de doctor es en la matière. Alors je vais tenter de combler mes lacunes sur le sujet en me basant sur mes propres références pour juger au mieux la chose...

Fantamir
Fantamir
Fantamir
, un titre qui sonne bon le produit de supermarché, tire en fait son nom du prénom de notre héroïne, Mir. Cette jeune fille est amenée à succéder à sa mère dans le rôle un peu ambigu de prêtresse. On ne sait pas trop encore à quoi ça sert et si c'est un métier porteur d'avenir mais en tout cas, ça existe. Bref, Mir s'échappe de son lieu de vie durant une sombre nuit et file tout droit avec son baluchon, direction la capitale coréenne, Séoul. Comme elle ne connaît pas encore très bien toutes les réalités de la vie citadine, elle a tôt fait de s'attirer les ennuis. Heureusement (ou malheureusement pour elle), un des serviteurs de sa famille, Tang (un eunuque ?) arrive et règle le problème en la kidnappant. Ce dernier est là pour transmettre un message de la mère de Mir qui lui laisse finalement le choix : rentrer chez elle ou s'inscrire au lycée dont elle lui fournit l'uniforme. Mais notre héroïne ne peut revenir parmi les siens étant donné qu'elle a perdu son héritage de prêtresse. En effet, il y a huit ans, elle a été retrouvée couverte du sang d'une tierce personne, et les évènements qui y étaient liés ont disparu mystérieusement de sa mémoire. Depuis ce jour, elle a perdu "le pouvoir de son esprit", chose apparemment importante pour une prêtresse. Ne pouvant plus continuer de mentir à sa mère et à ses frères, elle réussit à s'échapper après plusieurs tentatives. Mir choisit par la suite d'intégrer le lycée de l'arbre de l'autel, une école prestigieuse et très sélect. On découvre bien vite que deux groupes d'élèves dominent parmi les lycéens : un quatuor de filles, les Wonwha et à leur opposé, les Hwalang, quatre garçons. Mir va être prise entre deux feux et va se voir proposer un duel contre Bari, l'une des Wonwha. Ne comprenant pas tous les enjeux de ces symboles, Mir va insister pour se lier d'amitié avec Bari après avoir gagné le combat. Mais peu à peu, certaines révélations se font sur cette école qui semble receler de nombreux secrets, et pas des moindres. Sans oublier l'apparition répétitive d'un mystérieux garçon aux yeux d'or, un certain Hae-Lang, qui vient régulièrement troubler la nouvelle vie de Mir...

Si vous trouvez que ce résumé est plutôt bien fait (ne dites pas non, c'est pas le but) c'est bien parce que je me suis efforcée de comprendre ce manhwa. Après une simple première lecture mon résumé se serait plutôt apparenté à ceci : "...". Avouons-le donc sans détour, la lecture de Fantamir peut poser quelques problèmes au début, au milieu et à la fin. Les défauts majeurs qui gênent la lecture sont d'ailleurs la mise en page générale ainsi que le rythme de l'histoire. Rien à reprocher pour une fois au scénario parfois un brin classique mais généralement efficace, avec son petit lot de mystères et de rebondissements. Pas de déception niveau protagonistes non plus, chose assez rare puisque c'est un sujet où j'ai l'habitude d'être tranchante. Fantamir se distingue ici sans être exceptionnel. C'est donc très correct pour un premier volume, assez pour être souligné.

Mais malgré une trame intéressante, il est difficile de s'immerger pleinement dans l'histoire. A commencer par le début, on ne sait rien de Mir ou de son statut de prêtresse que paf, elle s'enfuit déjà. Réaction logique : "Hein ? Quoi ? Pourquoi ?". Il aurait donc été judicieux de nous présenter Mir ainsi que son quotidien quelques pages durant, pour finalement nous mener jusqu'à sa fugue en nous expliquant au passage le pourquoi du comment. Voilà ce qui manque, un premier chapitre servant de préambule. On n'est pas non plus dans un shônen, on peut commencer doucement et en finesse, cela n'aurait pas été de trop dans le cadre de cette histoire. Surtout que durant la première vingtaine de pages, on rencontre pas loin de dix personnages-clé. Tout s'enchaîne trop vite et on a du mal à reprendre son souffle parce que ça continue par la suite.

Autres points à revoir, c'est cette fois graphiquement parlant. Le trait de Eun-Jin Seo a son charme, elle mise énormément sur l'esthétisme, parfois un peu trop certes mais ça reste appréciable. Inutile de critiquer le travail de la manhwaga en la comparant bêtement à ses homologues japonaises mais essayons plutôt de relever quelques détails importants de son trait. Dès les premières pages, on remarque le style de Eun-Jin Seo, détaillé et fourni mais fin. Les planches sont remplies à leur maximum de leur potentiel, et ce, à coup de trames et d'ornements parfois superflus. Chose que l'on pourrait peut-être éviter pour alléger le tout, c'est de réduire les fonds suspects comme les fleurs qui viennent régulièrement polluer les planches. De temps en temps, pourquoi pas, mais à chaque fois qu'un personnage charismatique pointe le bout de son nez, non. Aussi, ce qui gêne encore, c'est la façon dont bougent les corps. On n'a pas vraiment une impression d'action et ce, même dans des moments intenses comme les combats par exemple. Dernier détail plus embêtant, c'est la difficulté à reconnaître le même personnage tout au long du manhwa. Leurs cheveux, leurs visages et même leurs yeux changent de manière atypique et anarchiste. Comme s'il n'y avait pas de sérieux character design derrière. Ainsi, à cause de toutes ces maladresses professionnelles auxquelles il est facile d'être sensible, la première lecture de Fantamir peut vite apparaître plus que fastidieuse.

Après la critique du travail d'Eun-Jin Seo, passons à celle du travail de l'éditeur. Gochiwon est une branche de Soleil, chose que j'ignorais jusque là, comme je ne m'intéressais pas plus que cela au domaine manwha. On retrouve donc parfois les erreurs de cette jeune maison d'édition. La traduction par exemple. Elle ne semble pas toujours des meilleures et présente de nombreuses fautes visibles. Je n'ai aucune connaissance en coréen certes, mais il est possible de l'affirmer en ayant des bases suffisantes en traduction et adaptation. L'encrage, lui, semble globalement bon, malheureusement, il est difficile de le vérifier sans pouvoir consulter de version originale. Il semblerait tout de même que parfois certaines pages soient vraiment plus foncées que la moyenne, est-ce dû à l'encrage de la manhwaga ou à celui de Gochawon ? Dur à dire. Cela reste ici tout de même de très bonne facture à première vue. Par contre, là où l'on peut être plus sévère, c'est au sujet des pages tronquées, et ça, pas vraiment besoin de la version originale pour comparer, ça se voit tout de suite lorsque les bulles ou les visages en font les frais. Et c'est malheureusement visible dans Fantamir. Bref, on peut conclure que malgré ses défauts, l'édition française se tient dans la moyenne avec des points positifs comme le format, la qualité des pages couleur et le papier bien blanc.

Après avoir lu Fantamir, il me reste une étrange sensation, un peu la même que j'ai connu en lisant mon premier manga qui n'était certes, en rien comparable à ce manhwa mais qui a tout de même laissé dans ma mémoire une empreinte indélébile. C'est pourquoi, malgré une note tout juste au dessus de la moyenne et de nombreuses critiques pas toujours positives, Fantamir donne tout de même envie de connaître la suite.

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Keishicho 24

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1 commentaires

  • Anonyme

    29/12/2010 à 18h12

    Répondre

    J'ai eu moi aussi du mal à lire au début, mais ct vraiment un manwha superbe, avec des persos vraiment beaux (et confondants!) y'en a même une qui ressemble comme une goutte d'eau à ma frangine!! (la blonde à lunette, elle est trop belle?) +1!!


    Nan, mais franchement c'est superbe, même si c'est le fouili... ça encourage à re-lire, pour comprendre et apprécier au max.

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