6/10

Fantastic Children

Takashi Nakamura se distingue de la masse des auteurs de l'animation par son CV impressionnant (Akira, Nausicaä...) et par un trait en dehors des conventions subtilement rond et donnant un éclat visuel adorable ou détestable selon les cas. Mais lorsque l'unicité prévaut, les oeuvres du papa de A Tree of Palme se révèlent intéressantes, explorant le monde du fantastique avec subtilité tout en se laissant embarquer dans quelques lourdeurs. Et comme l'animation lui a plutôt bien réussi, il était temps de mener son projet personnel seul. Peut-être trop seul même...

En blond et noir

Au fil des siècles, un groupe d'enfants aux cheveux blancs, « les enfants de Béfort », réapparaissent à la recherche d'une même jeune fille. En 2012, Thoma, jeune apprenti d'une dizaine d'années, vit avec ses parents sur la mystérieuse petite île de Papin. Il s'y entraîne pour devenir le gardien de ces lieux. C'est par hasard que Thoma fera la rencontre d'Helga, une jeune orpheline de 11 ans, enfermée et maltraitée dans un institut. L'aidant à s'échapper, il comprendra rapidement que sa nouvelle amie est liée aux enfants de Béfort, les étranges Fantastic Children...

Le projet est ambitieux et commence sur les chapeaux de roue avant de prendre une direction beaucoup moins intéressante. Les intrigants enfants de Béfort, charismatiques à souhait au début de l'histoire sont malheureusement bien mal compensés par le trio de héros trop stéréotypé avant que la lumière ne soit faite sur leurs origines, ce qui ôte en grande partie l'intérêt d'un twist final se révélant un peu bancal. Véritablement, l'histoire des enfants de Béfort aurait pu s'avérer beaucoup plus intense mais elle décroît progressivement au cours des épisodes. Fort dommage. L'univers dans lequel évoluent les personnages est du plus bel effet, fort coloré, original sans pourtant être innovant. Cependant, ce qui s'avérait être une vengeance orchestrée en grandes pompes ne devient plus qu'une quête initiatique banalisée par les événements successifs trop linéaires.

Fantasques children

L'intrigue aurait pu devenir une grande épopée mais en collant au genre romantique par un classicisme affligeant, Fantastic Children oublie de mener à bien son postulat de départ et ne s'y reconcentre que lors des derniers épisodes. L'héroïne se veut dans la plus pure tradition des seconds rôles de film d'aventure, potiche à souhait et copie conforme de celle de A Tree of Palme. Et progressivement l'idée de cette comparaison latente poursuit son chemin jusqu'au final qui finit aussi en trombe mais trop juste pour relever le niveau.

Le problème vient sans doute du fait des multi casquettes revêtues par Nakamura qui a consacré un temps considérable à créer l'univers et le début de l'intrigue, avant de réaliser une animation tout à fait convenable mais oubliant de terminer correctement l'intrigue. Une petite erreur fantasque qui fait perdre de l'estime pour l'anime. Le chara design et l'animation sont de bonne qualité, l'OST un peu redondante à force.

Fantastic Children aurait pu se révéler comme une excellente surprise mais ne se terminera que comme une série moyenne, manquant de punch par instants et d'un cruel vide d'intensité au milieu de son intrigue. Dommage, l'idée de départ semblait vraiment bonne...

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