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Fleuve Shinano (Le)

Les amours de Yukié ou les meurtres de Yuki ? Si vous avez aimé le manga choc Lady Snowblood, voici son auteur qui nous revient dans un genre tout autre...

Après le choc de la vendetta de Lady Snowblood, Asuka nous offre une seconde oeuvre de Kazuo Kamimura. Mais dans un genre totalement différent avec Le Fleuve Shinano. Plus de place à la vengeance, mettez une fleur au fusil, rangez le sabre dans le fourreau car les seules blessures seront directes, au coeur. Et justement, le coeur du problème réside dans les yeux d'une femme, séductrice comme jamais, libertine comme pas permis à une époque régie par les codes de bonne morale. Mais qu'en pense la jeunesse insouciante d'une jeune fille qui possède sa liberté de pensée, allant envers et contre tout ouvertement à la différence d'adultes pervers agissant dans l'ombre ? Une histoire en trois actes co-signée par Hideo Okazaki.

Je, je, suis libertine...

Le Fleuve Shinano
Le Fleuve Shinano
Dans la région du bassin de la Shinano, dont la rivière a de tout temps été le crève-cœur, les conditions de vie sont depuis toujours difficiles. Longs hivers enneigés, maigres récoltes, enfants dévorés par les loups… rien n'épargne les habitants de la région.
Dans les années 1930…
Même si la modernisation entreprise par l'État japonais depuis 1868 a développé les manufactures de tissage, les jeunes filles sont les premières victimes des difficultés économiques. Leur destin est déjà tout tracé : ce sera le bordel ou l'usine.
Issue d'un milieu aisé, la jeune et jolie Yukié ne sera pas épargnée par les aléas de la vie.

On aura beau dire avec raison que les deux récits n'ont rien en commun, Lady Snowblood revient à tout instant dans Le Fleuve Shinano. De manière évidente par le trait si particulier de son mangaka ou bien par son héroïne, déterminée et commettant des meurtres... amoureux dont la plupart des hommes ne se relèvent jamais. Passé cette comparaison, le seinen possède un fort pouvoir d'attraction dès ses débuts assez mystérieux mettant en scène un nouveau né aux prises avec des loups. Cette accroche lance l'intrigue de manière assez inattendue car la suite ressemblerait presque à une amourette de lycéens décrite par un mangaka de shôjo ! Mais où est passé Kazuo Kamimura, b*rdel ? Et bien, on le retrouve au meilleure de sa forme très très vite pour comprendre que cette introduction plus que mystérieuse sur la position du manga s'avère être un début posant des bases sévères pour une suite qui ressemble à une fresque assez dantesque, entre Autant en Emporte le Vent, la nostalgie ambiguë de Au Temps de Botchan et... Lady Snowblood ! Indifférenciable de son glorieux prédécesseur, Le Fleuve Shinano possède des caractéristiques multiples quoiqu'on en dise au premier abord.

Un long fleuve agité

Si le début peut se montrer ronflant par son côté fleur bleue assumé, la suite se prépare à être un véritable déchaînement dans lequel les amours de Yukié feront aussi de morts que ceux de la vengeance de Yuki. Avec Le Fleuve Shinano, Okazaki dénonce la perversité et le machiavélisme des adultes n'admettant pas les moeurs légères de premiers amours mais légiférant leurs vices par tous les moyens. La protagoniste reste tout de même le personnage le plus intéressant, sorte de mangeuse d'hommes rendant fou tout mâle par son charme naturel. Apprenant la vie amoureux rapidement, elle s'oriente vers une existence peu réjouissante dans lequel le sexe aura une place importante. Les malheureux diables la côtoyant en sortiront plus que marqués...

Kazuo Kamimura est passé par ici, il repassera par là avec ce titre dans son style de dessin caractéristique déjà évoqué dans sa précdente oeuvre. La surprise d'Asuka est toujours aussi bonne quand elle comporte le nom du mangaka, comme si les mangas avec un ton et une ambiance ancienne était fait pour paraître chez l'éditeur. D'autant plus dans un format appréciable. Car après Yuki la tueuse, les ravages de Yukié la briseuse de coeur risque de faire tout aussi mal.

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