8/10

Forget-Me-Not

Mariel Imari est une jeune détective privé. Bien que japonaise, elle vit et travaille à Venise. Elle est la seule héritière de son grand père, le très riche et très talentueux détective Pietro Venuti. Mais pour pouvoir toucher son héritage, il faudra qu'elle retrouve un tableau appartenant a son défunt grand père. Ce tableau, intitulé Forget-me-not a été volé par un voleur exceptionnel : Vecchio. Celui ci annonce tous ses méfaits avant de les commettre, au nez et a la barbe de la police.
La première étape pour remettre la main sur le tableau est donc de découvrir qui est véritablement Vecchio...

Forget-me-not
Forget-me-not
Graphiquement, Forget-me-not est assez exceptionnel. Le trait fait un peu penser à Sing 'Yesterday' For Me, à cela près qu'il est plus précis. En effet, il n'y a pas de dessins « ratés » comme dans ce dernier et les personnages sont tous parfaitement différentiables. De plus, les visage sont vraiment expressifs. Même pour les personnages affichant une moue permanente. C'est rare, mais ici même les yeux sont expressifs.
Mieux : contrairement a la plupart des mangas où les personnages n'ont visiblement qu'une seule tenue, tous ceux de cette série se changent, ont des vêtements de travail, des vêtements pour sortir etc... Sans oublier les déguisement de Mariel, dont elle se sert en permanence pour mener ses enquêtes en toute discrétion.
Les décors ne sont pas en reste : non contents d'être très travaillés, ils sont autant (sinon plus) soignés que les corps. Les rues de Venise sont très bien dessinées, on sent véritablement que c'est une vieille ville. L'architecture est bien rendue, et on se surprend a admirer ces vieilles pierres. Dans un manga, c'est inhabituel...
Mais ce qui est vraiment exceptionnel, ce sont les quelques pages « inter-chapitres ». Exit les trames, les forts contrastes et les angles. Sur ces pages, tout n'est qu'ordre et beauté, luxe calme et volupté pour reprendre Baudelaire. C'est beau, très beau, magnifique même ! Un tel dessin n'a vraiment rien a envier a celui de Guardino (le dessinateur de BlackSad) par exemple. L'éditeur nous gratifie même de quatre pages couleur de toute beauté pour commencer ce one shot. Baudelaire n'est pas cité juste pour le plaisir : ce dessin dégage une véritable poésie, un calme certain, un peu de tristesse parfois. En tout cas, il ne laisse pas indifférent.
Malheureusement, ce manga n'est pas exempt de défauts. En effet, si Tsuruta est un excellent dessinateur et illustrateur, il est un peu moins doué en ce qui concerne la narration. L'histoire a beau ne pas être très compliquée, on est parfois un peu perdu. A la fin de la première lecture, on est enchanté mais un peu embrouillé. En revanche ce one shot passe très bien a la relecture. Le fait d'être familier avec les différents personnages aide beaucoup.
Ce manga pèche aussi par le nombre de cliché qu'il véhicule. On a l'impression d'être dans une sorte de dix neuvième siècle ou il y aurait des avions et des ordinateurs portables (mais uniquement pour l'héroïne japonaise). Ceci dit, cela joue aussi dans le charme de ce one shot. Cette époque mal définie est tout a fait agréable. Et de toute façon, ce n'est pas le réalisme qui est recherché.
Pour finir dans les regrets plus que les reproches, ce manga a beau être magnifique et très agréable a lire, ce n'est pas un chef d'oeuvre. Il manque un peu de génie dans le scénario qui ne va pas chercher bien loin. En plus, on a malheureusement droit a un (tout petit) peu de fan service. Cela fait un peu tache au milieu de tout ça. Mais bon, il est assez bien intégré a l'histoire et n'est pas trop dérangeant.

Un dernier mot, a propos de l'édition. Sakka (une branche de Casterman) nous livre une édition de grande qualité : le papier est de bonne qualité, les scans irréprochables et le lettrage clair. De plus, le grand format (pour un manga) est très agréable a manipuler. Et pour couronner le tout, on a droit a une petite biographie de l'auteur bien écrite. Même le prix est très raisonnable. Un grand bravo a Sakka.

En dehors de quelques petits défauts, Forget-me-not est un très bon manga. Malheureusement, son scénario un peu léger le fait passer a coté du titre de « chef d'oeuvre »

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    1 commentaires

    • Anonyme

      24/09/2006 à 16h15

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      Pour reprendre les dire de la (très bonne)critique de Kei,c'est vrai que ce manga est très bien;
      C'est notament une petite merveille graphique,ça c'est indiscutable.
      C'est une prouesse pour un auteur japonais d'avoir si bien su récréer l'aspect et surtout l'ambiance de cette ville d'Europe mythique qu'est Venise.Rien que pour cela,on peut dire bravo!

      Quand aux personnages,c'est le point fort de ce one shot:intéressants,dynamiques,à la psychologie fouillée...et mention spéciale héroïne séduisante!

      Par contre le scénar,tout d'abord prometteur,devient très rapidement un fouilli impossible.Ca part dans tous les sens,ça devient tiré par les cheveux...le lecteur est rapidement complétement perdu!
      Et puis surtout,on reste carrément sur sa fin.

      Ce manga aurait peut être mérité de n'être pas compressé en un seul one shot,mais bien développé sur au moins deux ou trois volumes.

      Quel dommage!

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