La France dans le Japon - Une localisation exotique, luxueuse et empreinte de magie (2)

Dans la première partie de notre dossier, nous allons parler de deux œuvres qui prennent Paris pour cadre : Nodame Cantabile et La Rose de Versailles. Ces deux œuvres sont arrivées jusqu'à nos libraires grâce à Pika et à Kana.

Chapitre 1 : Une localisation exotique, luxueuse et empreinte de magie - Nodame Cantabile et La Rose de Versailles.

Nodame Cantabile (のだめカンタービレ), Tomoko NINOMIYA, Pika. 


Vous la voyez en fond ?

Nodame Cantabile nous parle des tribulations d'une jeune étudiante en musique nommée Noda Megumi (surnommée Nodame car elle n'est bonne à rien). Malgré son oreille exceptionnelle (elle peut rejouer n'importe quelle musique qu'elle entend une seule fois), elle n'arrive pas à atteindre les sommets pour une raison simple : elle n'est pas du tout travailleuse et pense surtout à s'amuser.

En fait, elle ne prend pas la musique au sérieux jusqu'au jour où elle se met à fréquenter Shin'ichi Chiaki, l'un des meilleurs élèves de l'Académie. Le jeune homme poussera ainsi Nodame à s'améliorer, le plus souvent en utilisant la force... Une fois leur cursus japonais terminé, les deux jeunes gens décident de poursuivre leurs études en Europe.

C'est ainsi qu'ils se tournent vers la France et que l'on arrive à découvrir la façon dont Tomoko NINOMIYA voit la ville Lumière. Elle aurait tout aussi bien pu choisir l'Allemagne (avec Berlin) ou encore l'Autriche (avec Vienne) mais l'auteur de Nodame Cantabile a décidé de faire évoluer ses héros en France.

Les mangaka, avant de dessiner un lieu (et quand leur agenda et le budget de leur éditeur le leur permet), tentent de s'y rendre pour faire du repérage et Tomoko NINOMIYA n'échappe pas à la règle, elle est venue en France arpenter les rues de Paris et a visiblement été séduite par son architecture et son ambiance. Les décors de Ninomiya sont très fidèles à leurs versions originales et elle dessine presque religieusement les monuments parisiens comme la Tour Eiffel et l'Opéra. Elle n'oublie pas non plus la campagne française et dessine quelques paysages plus détendus comme un petit village de Rhône-Alpes. Être francophone n'est pas une nécessité pour réussir à capturer la magie de Paris. Tomoko NINOMIYA y arrive avec brio comme le montre son impressionnante représentation de Notre-Dame. Je dirais même qu'être étranger permet de ne pas avoir cette impression de quotidien qui se dégage d'un grand nombre de quartiers parisiens quand on commence à y vivre. Esthétiquement parlant, ses dessins n'ont absolument rien à envier aux éventuelles représentations qui ont pu être dessinées par des auteurs francophones. Dire le contraire serait assez étonnant et même malhonnête en un sens. 

Il est très possible que, lors de sa venue en France, Tomoko Ninomiya soit tombée sur des otaku à la française, c'est à dire des mordus de japanimation. En effet, dès leur arrivée à Paris, Nodame et Chiaki tombent sur Frank Latoine, une connaissance de Nodame (ils se sont rencontrés lors d'un concours). Lorsqu'elle va le voir dans sa chambre, elle se rend compte qu'il possède de nombreux produits dérivés estampillés «Puri Gorota», sa série favorite. C'est le premier contact avec la France de nos Japonais fraichement débarqués et il faut avouer que c'est pour le moins étonnant.

Il est aussi très intéressant de voir le rapport qu'entretiennent les Japonais avec la langue française. Dans une scène du manga (où nos héros vont au restaurant), on voit comment les phrases que Nodame apprend sont très tendancieuses et même si elles ont le mérite d'être farfelues, elles ne peuvent pas être considérées comme complètement inutiles. Alors que Chiaki est parti aux toilettes, Nodame ne comprenant rien à la langue française (et ce, malgré son petit guide), ne pourra s'empêcher de commander au hasard au restaurant et se retrouver avec des escargots... Plat quelque peu exotique pour une Japonaise (son regard en dit long !). On se rend compte aussi que l'auteur a écrit tous les dialogues de Chiaki en français dans l'œuvre originale, de quoi rajouter une jolie touche d'authenticité. 

La Rose de Versailles (ベルサイユのばら), Riyoko IKEDA, Kana. 


On voit un lustre ! Si si !

Dans ce shôjo de Riyoko IKEDA nous transporte dans le château de Versailles du XVIIIe siècle. C'est dans ce décor sublime que se joue une tragédie amoureuse faisant intervenir trois personnages : Marie-Antoinette, Oscar, Hans Axel de Fersen. La reine commet un adultère répété avec Hans Axel sous les yeux d'Oscar (qui est une fille) qui craque pour le jeune Suédois. Le manga profite donc de son cadre prestigieux pour parler du mariage arrangé (Louis XVI de France a été imposé à Marie-Antoinette d'Autriche pour assurer une paix entre les deux pays).

Série vieille de 30 ans oblige, le graphisme est un peu tombé en désuétude mais passé ce cap, on retrouve une France idéalisée et à son apogée. On peut aussi noter l'humour puisque l'auteur n'hésite pas à en user (et parfois à en abuser) pour rendre son récit un peu plus léger (le destin de Marie-Antoinette ne change pas...).

La Rose de Versailles est un peu le carrefour de ce chapitre puisqu'il allie les deux caractéristiques énoncées en titre : la localisation et les personnages historiques. Elle choisit une époque où la culture française rayonnait sur la scène internationale pour un prestige maximum et choisit aussi de centrer son histoire sur un personnage fictif français : Oscar François de Jarjayes, fille du capitaine de la garde royale (la jeune fille qui devient un garçon pour pouvoir prendre les armes est un thème assez récurrent dans les shôjo). 

Aussi étonnant que cela puisse paraître, le palais n'est jamais représenté dans son intégralité sur une double page. On en voit souvent des parties comme la chapelle ou la célèbre galerie des glaces où se déroulent certains affrontements car malgré son statut de shôjo, il y a quelques combats dans la série, preuve que les genres ne sont pas fixes.

Mini-conclusion. 

Que ce soit par son étonnante simplicité (petit village) ou par son luxe (le château de Versailles), le paysage français fait réver les Japonais et ils nous le font comprendre en le reprenant à leur sauce pour nous montrer des choses que l'on connaît (Paris par exemple) sous un angle différent. Si vous êtes motivés pour redécouvrir des rues ou encore des monuments que vous ne pouvez plus voir en peinture, n'hésitez pas à fouiner du côté des manga !

Pour le moment, on ne parle que de décor mais qu'en-est-il des personnalités célèbres ? C'est ce que vous découvrirez dans la prochaine partie de ce dossier !

A propos de l'auteur

Un peu fou mais passionné de manga depuis ma plus tendre enfance, je n'hésite pas à tester tout et n'importe quoi (surtout n'importe quoi en fait...).

3 commentaires

  • cubik

    05/09/2013 à 15h43

    Répondre

    ah mais c'est Lady Oscar en fait

  • nazonfly

    05/09/2013 à 21h59

    Répondre

    C'est aussi ce que je me suis dit. Mais Ours est sans doute trop jeune pour Lady Oscar

  • OuRs256

    05/09/2013 à 22h17

    Répondre

    Je suis pas si jeune bon diou, j'ai juste pris le titre original !!!!Verusailles no Bara !! C'est pas de ma faute si les Français ont vandalisé le titre à l'exportation =D. Encore une fois, je parle du manga ici et en France, l'édition que je me suis procurée avait le titre original donc... pourquoi se priver ?

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Chez Krinein Manga et animes, c'est la culture japonaise qui est mise à l'honneur grâce à des critiques de shonen, shojo et autres termes bien connus des vrais fans. Toi même tu sais.

Rubriques