La France dans le Japon - Des personnages historiques forts (3)

On continue notre petit tour d'horizon des symboles français repris dans le manga avec des personnages historiques toujours très appréciés par nos amis nippons : Jeanne d'Arc et Napoléon.

Chapitre 2 : Des personnages historiques forts - Napoléon et Jeanne.

Napoléon (ナポレオン), Tetsuya HASEGAWA, Kami. 


Il fait belliqueux, non ?

 

Très friands de personnages historiques, les Japonais ont beaucoup apprécié les histoires d'un de nos dirigeants les plus célèbres puisque la série a duré 15 volumes (de 5 chapitres chacun). Pour se rendre compte de l'impact, il faut savoir que les manga paraissent en général à hauteur d'un chapitre d'une quarantaine de pages par mois pour les seinen (les œuvres pour les jeunes adultes comme Napoléon) et que si la série est en perte de vitesse auprès des lecteurs, elle s'arrête. 

Si on fait le calcul, on se rend compte que la série est restée pré-publiée dans son magasine pendant plus de 6 ans, une longévité plutôt remarquable !

Napoléon est un manga très classique dans sa structure, c'est à dire qu'il va raconter l'histoire de la figure historique éponyme, de sa jeunesse jusqu'à sa mort, tout en passant par les grandes campagnes et les victoires de l'empereur. Même si les événements sont respectés, ce n'est pas le cas des personnages puisque le mangaka prend la peine de créer des personnages quand il en a besoin. 

Il crée ainsi de nouveaux alliés pour le général corse mais aussi de nouveaux ennemis. Les dessins sont assez particuliers (j'entends par là qu'ils sont très caricaturaux) et peuvent se montrer très violents (surtout lors des combats) comme on peut le voir dans la petite image en haut à droite. J'ai eu énormément de mal à me procurer des volumes de cette série puisque l'éditeur n'existe plus. Le tome que j'ai pu récupérer m'a permis de me faire une idée sur le graphisme et le style donné à l'oeuvre par son auteur. 

Jeanne (ジャンヌ), Yoshikazu YASUHIKO, Tonkam. 


Tout le monde connaît la fin...

Jeanne est une de ces fresques historiques dont sont les Japonais sont très friands. On ne sait pas vraiment pourquoi, mais ils adorent l'Histoire (c'est aussi vrai pour leur Histoire puisqu'on ne compte plus le nombre de manga qui parlent de samuraïs ou d'une ère en particulier).

Cependant, plutôt que de retracer directement l'histoire de la pucelle la plus célèbre de France, Yoshikazu YASUHIKO choisit de passer par un parallèle avec Emile de Baudricourt (qui est en fait une jeune fille, Emilie, que son père adoptif, le Duc de Vaucouleurs, veut faire hériter). Alors que son père est appelé à prendre les armes pour aller aider Charles, Emile réussit à le convaincre d'y aller à sa place (la jeunesse prime toujours). 

Sur son chemin, notre héros entend aussi une voix qui lui dit quoi faire et où aller. Il sera donc le vecteur qui nous permettra de remonter les traces de notre pucelle historique. C'est d'ailleurs un peu le problème avec Jeanne, c'est le parti-pris pour représenter Jeanne d'Arc. Elle est représentée essentiellement à travers le personnage d'Emile qui lui sert de double et qui fait qu'on ne voit pas beaucoup le personnage original.

D'un autre côté, le manga réussit à parler habilement de sujets qui touchaient la Jeanne d'origine comme la difficulté d'être une femme sur un champ de bataille. On voit la façon dont celles-ci étaient traitées (elles devaient souvent se cacher pour ne pas être repérées, etc.). La petite particularité de Jeanne, c'est que le manga est entièrement coloré à l'aquarelle, ce qui renforce un petit peu son côté occidental. 

Ce manga est très ciblé, c'est-à-dire que Jeanne d'Arc est son thème principal. Ceci n'empêche pas d'autres auteurs de reprendre le personnage uniquement pour l'intégrer à une histoire plus complexe et parfois plus fantastique comme c'est le cas dans Afterschool Charisma et Drifters, deux séries qui seront traitées plus tard dans ce dossier.

Mini-conclusion. 

Qui aurait cru un jour que Napoléon ferait l'objet d'un manga (à part PEF dans le film Les Profs évidemment !) ? Oui, c'est un personnage historique dont on ne peut pas minimiser l'importance (en tout cas pour tous les Français) mais on ne peut pas dire qu'il était particulièrement engageant où même sympathique. Pour Jeanne d'Arc, on voit un peu plus l'intérêt porté au personnage, avec tout le background mystique qui l'entoure, c'est quelque chose dont les Japonais sont assez friands.

On voit ainsi que les mangaka peuvent faire une oeuvre avec tout et n'importe quoi et ils vont nous le prouver une fois de plus en reprenant des symboles de notre pays pour les mettre en scène dans des situations que l'on aurait difficilement pu imaginer. Ne manquez pas la prochaine partie de notre dossier pour savoir de quoi il s'agit !

A propos de l'auteur

Un peu fou mais passionné de manga depuis ma plus tendre enfance, je n'hésite pas à tester tout et n'importe quoi (surtout n'importe quoi en fait...).

2 commentaires

  • cubik

    11/09/2013 à 09h26

    Répondre

    les japonais friands d'histoire, je ne suis pas sur. Faut pas trop leur parler de leur occupation en chine et pour eux, l'holocauste, ça leur parle pas trop. Comme tu dis en conclusion, c'est plus les personnages qui les intéressent, je pense

  • nazonfly

    11/09/2013 à 10h21

    Répondre

    Ya pas Raffarin, je suis déçu !

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