8/10

G Plus

Comparer est un exercice difficile tellement l'absurdité du propos et les contre arguments peuvent fuser mais... mince alors ! Je n'ai jamais lu un manhwa aussi violent que G Plus et il faut franchir la Mer du Japon pour trouver un équivalent en la personne de Berserk. Même MPD-Psycho ferait presque pâle figure face à la folie ambiante décrite dans l'oeuvre conjointe de Mook et Yu Kyung Won. Totalement déjanté et avec une variance graphique intéressante, le manhwa s'offre le luxe de mettre en avant un scénario étrange qui ne prend forme que par bribes d'informations éparses, conservant un mystère tout relatif autour d'un personnage à l'allure cool mais tiraillé par des pensées malsaines... Un manhwa dont il est difficile de ressortir indemne (pour une fois).

« Only one man remain as existence of devil. Human say he is G + ...

« Dibye Feeld », une planète où sels les démons règnent... Deux d'entre eux s'affrontent pour atteindre le mal extrême, niveau absolu dans le règne des démons ; pour arriver à son objectif, Lécuème descend sur Terre et Laship, fils de l'empereur des démons, le poursuit sans relâche jusque sur la planète bleue afin de le combattre... Mais une fois arrivés, les règles du jeu changent. Les corps sont plus fragiles, les humains plus curieux... Il faut parfois faire preuve de discrétion.
Et puis parmi toutes ces créatures, certaines sont dignes d'intérêt. Incompréhension et découverte, comment des êtres nés pour le carnage vont-ils évoluer au contact des humains ? Si certains démons vont tenter de se faire à la vie humaine, ce seront d'autres humains, assoiffés par la puissance de ces créatures, qui tenteront le chemin inverse...

Déjanté. C'est le premier mot venant à l'esprit lorsque le lecteur s'immerge dans G Plus. Baignant dans une atmosphère ténébreuse et chaotique, ce monde post apocalyptique dégage du glauque, de la survivance humaine par défaut, de la provocation verbale assez cru dans un gros foutoir indescriptible. Assez unique en son genre, G Plus offre un scénario qui ne se découvre qu'en décortiquant les informations et en observant les non dits. Pour un manhwa, peu d'équivalents tiennent la comparaison, hormis le très bon Priest. Il est d'autant plus remarquable de le préciser que G Plus présente une idée de départ assez commune pour virer dans un univers totalement barré où les réflexions philosophiques prennent une dimension aussi importante que les scènes de violence.

Et la violence, il y en a ! Un bon paquet même ! G Plus est une usine à désosser. La violence des scènes d'action le situe dans une catégorie réservée aux coeurs les plus solides. Sans atteindre le niveau improbablement réaliste d'Eden, le manhwa s'évertue à ne pas justifier cette violence et à garder secret le but pour laquelle elle est omniprésente. Les personnages « spéciaux » dans leur tête et la narration tout à fait particulière donne une originalité marquante à l'oeuvre. En se plaçant du côté de héros peu conventionnels, les manhwagas donnent une impression déroutante à l'ensemble qui prend les allures d'une grande frasque/fresque dont on attend de savoir la véritable orientation...

Rhésus positif

Les touches d'humour tournent autour de l'humour absurde nippon, parfois à tel point que le gros n'importe quoi n'est pas très loin. Les personnages sont incroyables de démesure comique par leurs bêtises sans commune pareille et leurs têtes peu sympathiques. L'agresseur Laship se retrouve la plupart du temps en agressé, le mal absolu combattu par le mal de tous les jours sur un ton léger et aux accents violents. Le héros reflète toute la violence du monde dans lequel il est plongé en se montrant ignoble et inhumain en tout point. Si ce type de personnage ne demeure pas une exception dans le monde du manhwa, Laship est à classer parmi les pires.

L'édition est de très bonne qualité, une habitude prise depuis le départ chez Kami même si quelques bulles sont mangées et que l'édition est parfois un peu sombre mais rien de grave. G Plus se lit agréablement, sans problème et comme le dessin est la valeur étalon de l'ensemble, le lecteur en prend plein les yeux. A première vue, le trait peut paraître maladroit mais Mook est capable de se surpasser pour rendre de superbes planches dignes d'intérêt et à regarder sous tous les angles. La grande innovation consiste à explorer plusieurs formes de dessin : détaillé ou pas, crayonné ou approfondi, plein ou léger... chaque page est différente, varié, surprenante en fonction de l'action. Un travail original, au-delà de toute norme graphique. Intéressant et à perpétuer.

G Plus s'impose comme une excellente découverte qui, en dépit, d'un certain manque de profondeur, peut devenir une lecture additive par sa maestria graphique et son personnage principal possédant tous les atouts du héros noir. Ténèbres sur Terre... il ne reste plus qu'à savoir comment les auteurs comptent se dépatouiller lors de la suite d'un scénario qui reste bloqué, pour le moment. A noter, qu'un scénario complémentaire intitulé Beck (rien à voir avec le manga) prend forme en fin de volume. Deux tomes... vivement le troisième...

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Vague à l'Ame

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Nekojiru Udon

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1 commentaires

  • lorus

    02/05/2006 à 19h39

    Répondre

    Arrrgh ce doit l'une des premières fois où je ne suis absolument pas d'accord avec juro...
    La couverture est plutôt attirante, le "feuilletage" augurait du bon...des dessins me faisant penser a priori à ceux de ki-itchii...Et puis à la lecture, très très grosse déception. Heureusement qu'il y a un résumé à la fin comprendre ce qu'il se passe (avec Blame au moins, si l'on met du temps à percuter, on enfin je reste fasciné par l'ambiance) d'autant que l'image est en fait particulièrement sombre (on ne voit rien pour tout dire) et finalement assez fouillis...

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