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G.C.U (Good Choice Umetaro)

La France connaît depuis toujours les anime érotiques et pornographiques. Ils ont été parmi les premiers représentants de la culture nippone à arriver en France, pour le plus grand bonheur des vidéo club ouverts tard le soir, et au grand désespoir des amoureux du Japon, dont tous les effort pour faire sortir ce pays du cadre des clichés dans lequel on l'enferme étaient réduis à néant à chaque fois qu'une nouvelle vidéo sortait. Pourtant, malgré la démocratisation du manga, ce genre de titres était très sagement resté chez des éditeurs peu connus et spécialisés dans le porno, et non pas dans le manga. Mais depuis peu, quelques éditeurs grand public ont fait le pas, et sont passés du simple fan service suggestif (à l'image du très mauvais Peridot) aux mangas véritablement érotiques.
G.C.U
G.C.U
Et comme toujours avec ce type de production, il y a le manga sérieux qui se veut érotique, et celui qui se veut être une grosse blague en dessous de la ceinture. Good Choice Umetarô (GCU pour les intimes) fait partie de cette catégorie.

Chaque tome est divisé en une dizaine d'histoires tournant toutes autour du thème du sexe. Certaines se veulent relativement sérieuses, en s'intéressant à la découverte de la chose par les adolescents, et aux problèmes que rencontrent certains couples. Mais dans la majorité des cas, c'est bien l'humour qui prédomine. Un humour salace, basé sur des bons sentiments, des seins à l'air et des situations un peu extrêmes. Mais pour notre plus grand bonheur, ce manga verse régulièrement dans l'absurde de haut niveau, comme savent si bien le faire ces productions érotico-comiques (le premier tome de Stairway To Heaven et Eiken en sont de bons exemples).

La série ne s'annonçait pas vraiment bien. Le premier tome est très médiocre. Les huit premières histoires sont d'un banal affligeant, misant toutes sur une chute attendue. Elles sont plus ou moins érotiques, mais elles ne font ni rire ni sourire. Elles racontent toutes des histoires de coeurs "pour adultes", en profitant du qualificatif pour placer ici et là des scènes de sexe. Rien de bien intéressant, mais les deux dernières annoncent le tome suivant, et apportent un changement. Le type d'histoire est toujours le même, mais l'auteur joue avec les conventions du pornos en changeant ici son style graphique, et en introduisant là des scènes tout ce qu'il y a de plus absurde. Les corps ultra musclés et les poitrines démentes font leur apparition, et on découvre une compétition où toutes les épreuves se font nues (le "e" n'est pas ici pour rien : le but de ces histoires est bien de montrer des filles nues et non des garçons nus, le public visé est avant tout masculin). Deux histoires qui préfigurent ce que sera le deuxième tome.

Le volume suivant est certes bien meilleur, mais il n'est pas génial, loin de là. Les premières histoires donnent beaucoup plus dans le porno que celles du tome précédent, en en montrant plus. Ces histoires alternent avec d'autres beaucoup plus "romantiques", toutes proportions gardées. Ce qui fait vraiment la différence dans cet opus ci, c'est une seule histoire, qui introduit la position de l'hélicoptère. Un grand moment de bravoure, et de franche rigolade. Dommage qu'il ne dure qu'une vingtaine de pages.

Graphiquement, ce manga est bien plus proche du style d'un Love Hina que de celui de vrais dessinateurs pornographiques comme Kohta Hirano (Hellsing). Le trait est très classique mais maîtrisé. Les titres érotiques sont rarement mal dessinés, mais ils manquent souvent de décors et de character design. G.C.U ne fait pas exception à la règle. Les personnages se limitent bien souvent aux clichés, et sont de toutes façons bien trop rapidement "en besogne" et trop vite sortis du manga pour que l'on s'intéresse à eux.

L'édition de Doki-Doki, la branche manga de Bamboo, est très correcte, il n'y a absolument rien à déplorer. La jaquette plastifiée est différente de la couverture, sur laquelle on trouve des strips de présentations de l'auteur au format japonais. Une très bonne idée, qui laisse bien plus d'espace que les traditionnels petit textes que l'on trouve sur les rabats des jaquettes.

GCU n'est assurément pas le manga du siècle, mais certaines histoires sont suffisamment drôles pour que l'amateur de mangas érotiques s'y intéresse. Attention cependant, pour une fois le petit sticker "-15" n'est pas présent pour rien. A ne pas mettre entre toutes les mains.

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Saru Lock

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