7/10

Golden Man

Une bande dessiné sans prétentions démesurées, capable de séduire un lectorat exigeant, mais qui ne laisse pas un souvenir impérissable.

Peut être ne connaissez vous pas Golden Boy. Cet anime japonais, qui a bien participé à la vague japoniaiserie, narre les aventures d'un jeune garçon supérieurement intelligent, qui vole d'aventure en aventure au secours de belles et opulentes jeunes femmes. Tel un Jarod pervers, il se glisse dans toutes les peaux (et aimerait bien se glisser dans hum.) pour approcher de plus près ses fantasmes.

Et bien Golden Man n'a aucun rapport avec Golden Boy.

Golden Man (c) Xiao Pan
Golden Man (c) Xiao Pan
En vérité, on aurait bien plus tendance à rapprocher ce manhûa (manga chinois) d'une bande dessinée franco-belge bien connue : Largo Winch. Dans les deux cas, le héros est jeune, beau et intelligent. Dans les deux cas, il est le fils d'un magnat de toutes les industries (les proportions deviennent complètement démentes dans le manhûa puisque le père en question détient 3% des richesses mondiales). Ils doivent tous les deux faire face à un conseil corrompu et carriériste et à des adversaires sans foi ni loi. Ils partagent tous les deux un gout immodéré des plaisirs simples et la justice. Ils ont tous les deux vécus dans un milieu modeste avant d'être propulsés sur le devant de la scène.

Mais les similitudes s'arrêtent là. Golden Man ne joue pas sur l'effet badass en nous présentant un premier de la classe rebelle qui va jouer les redresseurs de tort partout dans le monde et qui fuit ses responsabilités comme la peste. Le manga joue sur un registre beaucoup plus fin, en nous présentant un personnage capable de concilier ses goûts simples et ses nouvelles fonctions. Il n'est pas ici question de trekking dans la jungle asiatique, ni d'amour passionné dans les geôles d'un dictateur. Le héros n'est pas une sorte de Superman capable à lui seul de régler tous les problèmes. Il a les moyens de les faire régler, et il les fait régler. Par d'autres. L'héritier s'efface devant les protagonistes qu'il manipule. Il est un metteur en scène qui laisse le champ libre a ses acteurs. Il donne les moyens aux autres de faire. Un choix pertinent qui permettra de varier les aventures et de conférer au manga une certaine crédibilité.

Golden Man (c) Xiao Pan
Golden Man (c) Xiao Pan
L'approche de la résolution des problèmes est elle aussi très différente. Alors que Largo-bogoss fonce dans le tas et dézingue les méchants, ici tout se règle presque pacifiquement. Plutôt que de faire des trous gros comme le poing dans ses adversaires, le héros préfère de loin jouer sur leurs sentiments et leur points faibles. Le ton de l'ensemble verse bien plus largement dans le shôjo que dans le shônen, ce qui n'est pas pour nous déplaire. Les dessins viennent confirmer cette impression. Décors souvent totalement vide, personnages dessinés en pleine page, silhouettes élancées, visages androgynes, tout y est.

Scénarisitiquement, même si beaucoup de points sont prévisibles, on ne s'attend pas du tout à la tournure que prend l'histoire dans ce premier volume. En exagérant, on pourrait presque dire que l'on est autant secoué d'un possibilité scénaristique à une autre que dans Infernal Affairs. Plutôt sympathique. Mais l'ensemble reste tout de même dans le shôjo, ce qui l'empêche de devenir plus sombre, plus profond, plus en accord avec la noirceur dans laquelle évolue le milieu.

Golden Man n'est certainement pas la révélation de l'année. Ce n'est qu'un shôjo un peu au-dessus de la moyenne que l'on lit avec plaisir, mais que l'on oublie aussi vite.
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