8.5/10

GTO - la série

Pour tous les fans du manga GTO, se retrouver avec 43 épisodes animés sous la main, c'est comment le bonheur pur et simple ! Une adaptation controversée pour un grand classique, et un succès conséquent. Onizuka, tu es le meilleur...

GTO dvd 3/10 (c) Kaze
GTO dvd 3/10 (c) Kaze
Pour tous les fans du manga GTO, se retrouver avec 43 épisodes animés sous la main, c'est comment dirais-je....le bonheur pur et simple ! Je dois me montrer prudent en ce cas précis pour ne pas vous livrer une étude comparée de l'anime et du manga (pour ceux qui ne l'ont pas encore lu, faites-le, c'est un des meilleurs mangas jamais parus, garanti). Toutefois, cette adaptation soulève de nombreuses polémiques sur sa qualité et sa fidélité, certains y voyant des défauts qu'ils confondent souvent en réalité avec des partis pris. Après tout, les détracteurs de cet anime ont raison sur certains points, la série ne tient pas toutes ses promesses... Mais elle reste un succès énorme au Japon, une réussite franche et indéniable, grâce aux efforts conjugués d'un très bon staff technique.


L'anime en lui-même est une adaptation assez controversée du célèbre manga de Toru Fujisawa (auteur entre autres de Young GTO, la préquelle, et de Tokkô). Mais commençons par l'histoire en elle-même : Eikichi Onizuka, 22 ans, célibataire et éternel puceau, ex-voyou de son lycée et motard glandeur professionnel, décide de se lancer à la poursuite d'un rêve, plus, d'une vocation : devenir professeur, pour que ses élèves aient un meilleur souvenir que lui des années scolaires. Son gros problème, c'est qu'il est paresseux, pervers, à moitié analphabète, violent, décoloré avec des boucles d'oreilles, ce qui représente un obstacle quasi-insurmontable pour devenir professeur...
Malgré cela, Onizuka est pétri de qualités humaines et d'une détermination sans égale, ce qui va lui permettre d'obtenir sa chance, mais tout ce qu'il se voit confier c'est une classe à problèmes...


Craies et tableaux noirs
Il est important de s'attarder sur les graphismes de GTO, qui ne suscitent pas l'adhésion de tous. Ils sont c'est vrai, un peu vieillots, mais correspondent fidèlement à la vision et à l'esprit de l'auteur. Jeunes collègiennes superbes et attirantes mais jamais disproportionnées (Fujisawa sait dessiner de très belles femmes, personne ne pourra vous dire le contraire), expressions du visage ultra exagérées et caricaturales (avec en vedette Onizuka et son ennemi juré GTO dvd 2/10 (c) kaze
GTO dvd 2/10 (c) kaze
Uchiyamada, dont les grimaces envahissent chaque épisode) qui donnent un aspect comique ravageur, du réalisme d'un côté et et de la substance de l'autre pour les personnages, au point à certaines occasions (des gros plans d'Onizuka surtout) d'être dérangeantes... Après, libre au spectateur d'apprécier ou pas cette débauche d'expressivité, digne héritière de la "patte Fujisawa" qui fait toute la force scènique de ses personnages, et qui dans tous les cas ne vous laissera pas indifférents. L'animation présente le même visage que les graphismes, un aspect un peu désuet, tremblant et hésitant, qui donne beaucoup de charme à l'anime, qui ne paie pas de mine mais reste de bon aloi, et rend appréciables les scènes d'action et les combats, courts mais efficaces, à la "Onizuka style".
La bande-son très soft et jazzy accompagne à merveille les moments d'émotion, aussi bien tristes que joyeux, agrémentée de petites mélodies comiques au piano et d'airs plus héroïques, hymnes à la Onizuka attitude. Quelques airs plus graves viennent compléter le tout, car les moments dramatiques sont légion. Le tout est plutôt réussi, efficace, entraînant et contribue à rendre la série encore plus agréable à suivre. N'oublions pas les deux grandes réussites musicales de GTO, les deux endings : Shizuku et Last Piece, excellents, inoubliables.


Leçons de vie

La qualité intrinsèque de cet anime tient avant tout dans son protagoniste, Onizuka. GTO dvd 10/10 + coffret 2/2 (c) kaze
GTO dvd 10/10 + coffret 2/2 (c) kaze
Personnage attachant et drôle, impossible à définir, réellement humain et unique, il entraîne derrière lui tout l'univers de GTO et une fois qu'on s'est entiché de lui, l'ensemble coule naturellement et nous envahit. La série exhale les mêmes valeurs morales que l'anime, le même esprit que celui de son créateur original ; de l'amitié, beaucoup d'humour, une description admirable de l'adolescence et des relations à l'école, de bons sentiments et du romantisme.
De plus, GTO se donne les moyens de son discours fédérateur : les gros mots pleuvent, la violence et les allusions sexuelles aussi, bref, une atmosphère totalement libérée, incontrolâble, un vrai régal. Série bien plus complexe qu'une simple "comédie lycéenne", GTO se démarque par le large panel d'émotions qu'elle nous fait ressentir, du rictus au rire, de l'anxiété aux larmes, une vraie réussite sur le plan sensitif, édulcorée et à fleur de peau, superbement déjantéeGTO dvd 8/10 (c) kaze
GTO dvd 8/10 (c) kaze
. Tout cela au service d'une critique acerbe de la société japonaise, en mal de vivre dans les années 90, que ce soit les jeunes ou leurs familles, névrosés, coincés, engoncés dans leurs carcans traditionnels qui gâchent le plus souvent leur vie, et brident toute notion de libre-arbitre. Onizuka va leur redonne espoir, espoir en la vie, le système d'éducation, la vie au sein du cocon familial, les relations amoureuses, l'amitié : un homme au service des hommes, prêt à tout pour donner une chance à ceux qui n'en ont pas, à ceux qui ne la prennent pas, à ceux qui ont oublié qu'ils avaient le choix de prendre leur vie en main. Onizuka, c'est tout cela, et plus encore, allez vérifier par vous-mêmes.


Admis au rattrappage

Les rares défauts à lui reprocher sont quelques lenteurs (rares et souvent utiles sur le plan psychologique) des grimaces un peu particulières (Onizuka surtout, GTO édition collector intégrale (c) kaze
GTO édition collector intégrale (c) kaze
mais il suffit de s'y habituer), une narration parfois un peu hachée entre quelques épisodes et une fin moins forte et marquante que celle du manga (lisez-le que je vous dis !!) mais l'ensemble vaut largement le détour !!!
Outre cette fin galvaudée, raccourcie et décevante car elle n'est jamais aussi bouleversante que celle du manga, l'autre critique la plus raisonnable et compréhensible reste la VF, version doublée détestable, complètement ratée et insupportable, qui a détruit la réputation de l'anime lors de sa diffusion télévisée en France. Cet accident regrettable peut toutefois être réparé par l'édition DVD sortie par Kaze, qui comprend la version sous-titrée, qui rend sa vraie place à GTO, et permet de l'apprécier à sa juste valeur.

Le mot de la fin : oeuvre culte sur l'adolescence, ses joies et ses peines, dure et vraie, sans concession, un "must see" ultime à se procurer en toute hâte.
A découvrir

Cross Game

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3 commentaires

  • Tony Clifton

    12/10/2007 à 18h34

    Répondre

    Quelle animé et manga poillant !!


    Les gros défauts sont: la fin loupée de l'animé et les dessins franchements pourris par moment sur le manga, mais qu'est-ce que j'ai ri avec cette série ... du très très bon, bourré d'absurdités en tout genre, de réactions complètement débiles ... j'en ri encore rien que d'en parler

  • lagash

    14/09/2008 à 19h00

    Répondre

    Je ne lis pas de mangas, et je n'ai pas de passion particulière pour les dessins animés.


    J'étais
    vaguement tombée sur ce dessin animé il y a quelque temps, mais je 'ny
    avais pas fait attention ch. Et puis il y a quelque temps, quelqu'un me
    l'a fait découvrir, en me précisant que la version dessin animé était
    bien pauvre par rapport à la version BD, et blablabla. J'ai donc
    commencé à regarder, pas très convaincue. mais bon ça se apsse dans un
    lycée, et en général, j'iai bien les trucs qui se passent dans les
    lycées, même les pires idioties. Et vu que je m'y connais en idioties,
    je m'attendais à à peu près tous els poncifs qu'on peut nous servir sur
    le sujet.


    Bien entendu, à cause de son thème, je 'mattendais à un
    discours un brin démagogique-discours auquel je souscris d'ailleurs
    dans ses grandes lignes. Ce brave Onizuka est en conflit avec une
    partie de sa hiérarchie. Le sous-directeur, grand défenseur de la
    discipline et de la tradition , veut sa peau, non seulement pour des
    raison pédagogiques, mais aussi et surtout parce que ce brave
    Onizukalui abime sa jolie voiture. D'un côté, on a le dirigisme et la
    mesquinerie, et d'un autre côté la désinvolture et la générosité. Alors
    bien sûr, vu comme ça, ça n'a rien de spécialement nouveau, et GTO peut
    alors passer pour une version animée du Cercle des poètes disparus ou de Esprits rebelles. Ce qu'il n'est pas, heureusement.


    Parce
    qu'Onizuka est courageux, et généreux, mais aussi naif et immature. Il
    est certes capable du meilleur, mais aussi du pire, et certains esprits
    chagrins pourront sans doute déplorer de le voir user davantage de sa
    force que sa (pauvre?) intelligence. Adepte des déguisements absurdes
    et fan de jeux vidéos, il retourne à son avantage un à un les éléves de
    la terrible 3eme4, par des moyens plus ou moins avouables.Il lui arrive
    de tricher, de faire un peu de chantage,bref il ne conduit pas toujours
    beaucoup mieux que les éléves de la troisieme 4, qui au début veulent
    sa peau.  Leur but est simple en effet: faire plier tous les profs qui
    auront l'impudence de se présenter à eux.


    A une époque où on
    nous explique que tout irait beaucoup mieux si chacun savait rester à
    sa place, GTO nous enseigne le contraire: tout se passe beaucoup mieux
    lorsque les profs cessent d'être profs, et lorsqu'ils laissent  les
    jeunes devenir même pour un temps leurs maîtres.


    Car GTO, c'est
    surtout un formidable hommage à la jeunesse. Les adultes n'ont pas la
    part belles, et leurs certitudes les amènent à se faire berner par les
    jeunes beaucoup plus intelligents et imaginatifs qu'eux. La palme
    revenant sans doute aucun aux jeunes filles qui n'hésitent pas à user
    de leurs charmes, pour humilier les adultes qui ont trop souvent
    tendance à oublier que qaund on est au lycée, on n'est plus une enfant.


    Regarder GTO, c'est donc un peu comme avoir Onizuka comme prof:
    ça part dans tous les sens, ça raconte un peu n'importe quoi, c'est
    parfois franchement  débile, mais à la fin on se sent bien, et parfois,
    on se dit que ça dit même des trucs pasidiotes du tout.


     

  • Anonyme

    12/03/2009 à 01h18

    Répondre

     Les mots me manquent...


    Pathétique, navrant, incohérent, invraisemblable de bout en bout, pas un seul épisode pour racheter l'autre... Cousu de fil blanc pour les parties "psychologiques", et tartiné  de margarine (100% pur gras, grossissez de  5Kg par épisode !) pour les partie "humoristiques". 


    Pour les personnages : 2 modèles féminins, au choix : "bombasse-stupide-à-gronichons" OU "mégère-hystérique-méchante-perverse à apprivoiser". (avec vue sur chatte imprenable dans les deux cas)


    Des dialogues riches (en vulgarité : 1 mot sur 5 environ), des doubleurs sous LSD (en permanence en train de hurler),


    Onizuka, le "Mac Gyver" de la psychologie : des gros muscles, une massue et une moto pour résoudre n'importe quel problème scolaire... ("tes parents ont des problèmes de couples ? défonce le mur de ta chambre, et tout s'arrangera !")


    ...Voire le "Mac" tout court (..."une jeune élève  à forte poitrine ? bon sang mais c'est bien sûr, lançons-lui une belle carrière dans les films de Q !!").


    Bref, un chef d'oeuvre, GTO... ("Gros Taré Obsédé")

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