9/10

Gunslinger Girl - la série

Dans un futur très proche, en Italie, le ministère de l'intérieur autorise la mise en place d'une section anti-terroriste faisant usage des biotechnologies les plus avancées. Il s'agit plus exactement de se servir comme machines de guerres de gamines dont la mort aurait été inévitable si on ne leur avait greffé des organes et des muscles artificiels leur conférant une force surhumaine. Elles subissent un lavage de cerveau et sont ensuite ‘adoptées' par un membre de l'organisation, qu'elles sont conditionnées à protéger au péril de leur vie.

Henrietta, Triela, Elsa, Angela passent donc le plus clair de leur temps à tirer sur des cibles et à suivre les entraînements militaires les plus durs, pendant que d'autres filles de leur age jouent à la poupée ou à la marchande. Elles ne sont pas pour autant des marionnettes dénuées de sentiments, mais n'ont aucun lien avec le monde extérieur, du fait qu'elles sont considérées comme des armes top secrètes, et n'ont aucune satisfaction autre que de se voir féliciter par leurs tuteurs pour un assassinat ou une mission réussie.

Les deux premiers épisodes de Gunslinger Girl sont tout simplement impressionnants. Déjà, nous avons affaire à un sujet original, plutôt déstabilisant, mais très intéressant à traiter, qui tiendra largement ses promesses au fil des 13 épisodes constituant la série.
De plus, repoussant de très loin les standards actuels d'animation télé, Gunslinger Girl est d'une beauté remarquable. Il n'y a qu'à visionner les premières scènes d'action pour s'en convaincre : les mouvements s'enchaînent avec une fluidité incomparable, ce qui est d'autant plus remarquable que les personnages sont extrêmement détaillés, et les étapes d'animation très nombreuses. Les premières scènes d'action sont extrêmement dynamiques et laissent le spectateur complètement retourné.

Gunslinger Girl n'est pas réellement révolutionnaire par son design (il reste assez dans le classique à ce niveau). Mais là où les studios Madhouse innovent largement, c'est par la palette de couleurs et les teintes employées. Le dessin a une texture proche du pastel, conférant aux décors un certain flou artistique du meilleur goût, et à la série une ambiance onirique assez fascinante. Ce procédé avait déjà été employé pour le très beau Last Exile ; il atteint ici des sommets. Il n'y a qu'à visionner les génériques de début et de fin pour s'en convaincre. Ces derniers nous invitent notamment à assimiler les ‘gunslinger girls' à des anges, dont l'innocence contredit la fonction principale, c'est-à-dire tuer.

Si la deuxième partie connaît un ralentissement assez peu profitable au rythme de la série, les derniers épisodes relèvent très nettement le niveau. Peu à peu, l'on se concentre sur les personnages, ce qui permet de mettre en évidence l'immense potentiel dramatique de Gunslinger Girl. Le lien qui unit les jeunes filles tueuses à leurs responsables est ici mis en relief de manière très poignante. En effet, bien qu'étant des tueurs sans pitié, ces dernières ont avant tout une moyenne d'age de douze ans, et ne sont clairement pas élevées dans un environnement propice à leur bon développement mental. Elles ont envers leurs tuteurs une admiration sans borne, d'une force qu'elles ne peuvent assumer du fait de leur très jeune age. Il s'agit alors pour leurs responsables de gérer cette relation avec tact : savoir contenter le besoin d'amour nécessaire à un enfant pour son épanouissement tout en ne les ‘humanisant' pas au point qu'elles en oublient le but même de leur existence : tuer. On pressent bien sûr un dilemme naissant, dilemme dont l'issue sera des plus tragique.

Vous l'aurez compris, Gunslinger Girl est une oeuvre absolument magistrale, proche de la perfection malgré quelques maladresses de second ordre (depuis quand boit-on du vin avec des glaçons ??), qui ne sont que fort peu préjudiciables à la série. Rarement une série, animée ou non, n'aura su tirer autant de profit de son scénario de base et s'en servir pour créer une ambiance d'une force lyrique incomparable.

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Ebichu

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6 commentaires

  • Choucroot

    24/11/2004 à 01h22

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    Jamais entendu parler, mais ca done envie !
    Ce que j' ai lu me rappel un peu Noir... surement la présence de "tueuses"...

  • billybob

    29/12/2004 à 13h00

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    je suis dans l'ensemble d'accord avec toi, mais pour information, ce n'est pas du vin mais du bourbon qui est bu avec les glaçons...

  • Choobidoo

    06/05/2005 à 12h48

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    achtung! Un petit peu de spoiler, mais pas grand-chose (L'avantage des séries sans scénario, c'est qu'il n'y a rien à spoiler).

    Personnellement, je ne suis pas trop d'accord (pas du tout?) avec cette critique.

    Je te suis assez sur l'aspect technique, très réussi, encore que le chara design choisi est très casse-gueule et par moments, malheureusement, ne passe pas du tout. Quelques moments aussi un peu casse-gueule lorsque la série (rarement, dieu merci!) fait intervenir des plans longs sur les décors, et que les décors n'assurent pas. L'épisode consacré à Florence par exemple est très parlant. Les plans d'ensemble de la ville sont très beaux, mais les plans plus rapprochés et la partie dans le musée prêtent vraiment à sourire, les sculptures du décor ne nous aident guère à partager l'enthousiasme de la gamine et du comptable...

    Donc, UI visuellement c'est assez beau, dans l'ensemble.

    Par contre c'est tout. O_o

    Le scenario est indigent : le coup des jeunes filles/ado/fillettes cyborg et/ou tueuses, c'est devenu un cliché tellement ça a été fait et refait (d'ailleurs Koshi Rikudo épinglait le-dit cliché avec des scènes vraiment savoureuses dans l'episode d'"Excel Saga" consacré à "Cosette". Jeune, adorable, orpheline, sa mère est morte et Cosette se retrouve à la rue, élevée par des tueurs mafieux, elle devient une ado/gamine tueuse mais elle a le coeur gros et tout et tout. Je continue ou vous riez déjà?).
    Bref pour en revenir au scénario, en gros, son attrait principal, pour les garçons je suppose, c'est que c'est un "Lolicon" de luxe, avec une vague histoire, mais surtout des préados fringuées classes, juppées court et qui entretiennent une relation souvent ambiguë (ou alors complètement caricaturale) avec leur mentor.
    On a le mentor à la limite de la pédophilie, le méchant qui ne dit rien et cogne, le paternel qui vous enseigne la vie pendant d'émouvantes parties de pêche (J'ai honte d'énumerer de tels clichés, ca fait série américaine), le grand-frère pas clair du tout, etc...
    Saupoudrez le tout de quelques passages gras et appuyés sur l'intimité des gamines et la limite du bon gout est en ce qui me concerne franchie (Triela est-elle obligée de répéter 50 fois dans son épisode "analyse du perso/ eau de rose" qu'elle a des règles très douloureuses? Henrietta devait-elle à tout prix lui répondre qu'elle a de la chance puisqu'elle n'a plus d'uterus? et encore, je passerais sur l'histoire à laquelle ce commentaire fait référence...)

    Et l'action dans tout ça? bien pas grand-chose en fait. Comme il n'y a pas de scénario, c'est assez pratique, celà permet de caser une fois de temps en temps quelques scènes d'actions, en effet très réussies, assez violentes, mais qui n'ont strictement aucun sens.
    Pour tout dire quand vous connaissez le nom du mec/des mecs que les gamines sont supposées tuer, c'est déjà que vous êtes tombé sur une épisode de luxe. Sinon vous aurez des mafieux anonymes, sans personnalité, sans histoire propre, dont le seul rôle est de se faire descendre dans une scène très soignée ou on verra toute la recherche effectuée pour les armes des persos.

    Cette absence totale de scénario en dehors du shoujo dégoulinant dans lequel baignent les épisodes se sent aussi dans l'environnement, les décors. La recherche sur l'italie se limite à 10 cartes postales, le scénario est si faible qu'il se passe de tout repère géographique sérieux (ah si, à un moment, ils nomment une station du métro romain! \o/) et ça se sent bien. Les décors sont très passe-partout, un peu cliché, mais l'environnment est surtout complètement baclé et factice, du coup, les persos qui ont tous des noms italiens, et les mots italiens de base comme titre d'épisode, ca gonfle vite, très vite, parce que ca sent le truc facile, superficiel.
    Et non, il ne suffit pas d'appeler une fille "Henrietta" pour faire une bonne série d'action sur les organisations de repression du terrorisme ou la mafia! v_v

    Bref, si vous avez envie d'une série courte et lolicon ou vous pourrez voir à loisir des gamines enjupe courte manier d'enormes flingues et rougir à la pelle en évitant le regard de leur mentor, courez, volez, Gunslinger girl, c'est fait pour ça!

    Par contre si c'est le coté polar romain violent/introspection/intrigue qui vous branche, fuyez. vraiment.

  • Djak

    06/05/2005 à 13h01

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    hello merci pour se premier message très explicatif.
    Preuve en est donc que chacun chez gouts.
    En tout cas bienvenu, des avis comme cela on aimerait en avoir plus souvent.

  • Jade

    11/05/2005 à 12h59

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    Salut à toi, Shoobidoo, je me suis dit que j'allais vite fait répondre à ton commentaire.
    Déjà, il faut garder à l'esprit que Gunslinger Girl reste une série Japonaise, donc il faut avoir de l'espoir pour esperer tomber sur un 'polar romain violent/introspection/intrigue' Si tu connais un minimum l'animation japonaise, tu dois plus ou moins savoir à quoi t'attendre.
    Maintenant, en ce qui concerne les scènes d'action, c'est bien simple, je suis pas d'accord avec toi. Elles sont vraiment décoiffantes et possédent un truc qui les rend attirantes. Et youp la, disons que c'est une question d'avis personnels.
    Question décors et ambiance italienne à 2 balles, j'approuve ton point de vue, disons que ca fait partie des 'erreurs mineures' dont je parle vers la fin de ma critique.
    Tu vas me dire 'ouai erreur mineure, c'est quand meme pas un simple détail etc...' Pas faux, mais bon, j'estime que la fin est largement assez bonne pour rendre ces défauts limite insignifiants. Je ne peux que me baser sur ma culture personnelle pour juger cette fin, que je trouve très intelligente et loin d'etre à l'eau de rose. Maintenant c'est sur que la série traine un peu sur le milieu.

    C'est plus ou moins tout, on peut toujours appuyer tel ou tel détail, mais le principal aura été dit

  • Anonyme

    07/11/2007 à 05h41

    Répondre

    Gunslinger Girl, meme si j'approuve quelques unes des remarques de choobidoo =), a tout de meme un potentiel dramatique assez intense que vient renforcer un dessin trés soigné et une chouette animation.


    Le but de la serie n'est pas d'approfondir l'aspect polar/enquete etc. mais de se concentrer sur la psychologie des jeunes filles (bien que parfois assez limitée...) et leures relations entre elles ou avec leur mentor. Le contraste créé avec la violence omnipresente et leur role de tueuse ajoute une ambiance assez speciale, digne des classiques excellent comme Noir ou Madlax.


    Enfin je ne pense pas tellement que madhouse tire trop sur la ficelle Lolicon. Ce n'est absolument pas le genre de serie qui joue sur le fan-service et qui attire les otakus, tout comme les series citées plus haut. Certes c'est un peu degoulinant dans quelques scenes mais globalement on y prete que peu d'attention.


     Tout cela contribu a faire de Gunslinger Girl une trés bonne anime, et je conseille vivement de s'attarder aussi sur le manga ou le scenar est un peu plus travaillé et l'esthetique toujours aussi sympa. Bon visionnage et bonne lecture

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