4/10

Gyo

Reconnu comme un des maîtres de l'horreur par ses pairs et une partie du public, Junji Ito s'est déjà livré à maintes reprises à des récits fantastiques teintés d'éléments sanguinolents sans pour autant arriver à refiler frissons et peurs. Dans la même veine que Tomié et Spirale, Gyo s'attaque à l'horreur venant de mille lieux sous les mers... ou du moins en apparence. Poisson et cétacé sont à l'honneur pour votre plus grande horreur.

Poisson aux pattes

Gyo
Gyo
Une étrange invasion débute, des poissons munis de pattes d'insectes sèment la panique en ville ! Partout ces mutants sans vergogne tuent et transmettent un virus inconnu. Fruit de recherche militaire dont on a perdu le contrôle, le parasite à l'origine de ce phénomène, ne semble connaître aucune limite dans son évolution. Après les poissons et les baleines, le voici en quête d'un nouvel hôte : l'Homme...

Le scénario ne manque pas de piquant au premier abord pour un manga d'horreur, dégageant presque une certaine originalité. Pourtant, Junji Ito va s'évertuer à détruire tout ce qu'il avait construit en partant très rapidement sur la trame du complot militaire au beau milieu desquels un couple de jeunes gens va se retrouver inextricablement mêlé. Face au phénomène dont ils sont les premiers témoins, ils vont progressivement se retrouver au coeur du projet et être plus ou moins affectés par les conséquences de ce projet. Le classicisme du complot militaire et de l'analyse scientifique viennent pourrir les premiers chapitres qui annonçaient une intrigue autrement plus horrifique. Un beau gâchis orchestré de main de maître.

Deux volumes, cétacé !

Le début du manga montre un couple de personnages inhabituels : peu enclin à s'aimer plus forts que tout, ils sont mêmes au bord de la rupture et les événements ne vont pas arranger la situation. Pourtant, le mangaka ne fait qu'effleurer la situation qu'il aurait été intéressante de développer au profit de la récurrence des scènes entre les deux personnages principaux devient rapidement lassantes (l'odeur du poisson). Comme si le mangaka avait comblé son manque d'inspiration par des scènes faibles en inventivité...

Pas de variation dans le trait de Ito. Le graphisme est clair, travaillé, les expression d'horreur sur les visages des personnages sont expressives même si caricaturales. Un traitement tout particulier a été accordé à la faune marine avec une grande d'espèces. Le remplissage est de bonne facture, manquant parfois de détails mais l'ensemble est tout à fait acceptable. Si le scénario ne prenait pas un coup de plomb dans la nageoire, Gyo aurait peut-être même pu soulever de l'enthousiasme...

Par rapport à Spirale, Gyo marque un léger mieux mais toujours insuffisant pour arriver à quoique ce soit de probant. Le lecteur éprouvera une maigre consolation en tenant en main une édition acceptable sans jaquette mais avec du bon papier. Maigre, trop maigre pour être recommander. Juste suffisant pour être dévoré entre deux bonnes oeuvres...

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