6.5/10

He is my master - la série

En 2005, le célèbre studio Gainax nous sort He is my master, le royaume des jeunes filles dénudées en uniforme, troquant le côté intellectuel ou engagé de la plupart de leurs oeuvres précédentes contre des petites culottes blanches et des poitrines rebondies...

En 2005, Gainax, le célèbre studio à l'origine d'oeuvres inoubliables et hors du commun de l'animation japonaise telles que Evangelion, Appleseed (le vrai), Mahoromatic ou encore Nadia et le secret de l'eau bleue, abandonne ses élans poétiques, son lyrisme mécanique et même sa récente période de débauche d'originalité (Abenobashi et Fuli Culi en 2003, animes déjantés et inclassables qui ont reçu un accueil mitigé) pour tenter de recoller un peu avec le succès commercial.
Voulant faire l'auto-promotion d'un de leurs poulains, Saeki Shouji ayant déjà travaillé comme assistant réalisateur sur Mahoromatic, les producteurs succombent donc à la mode trés en vue des séries de type "ecchi service", le royaume des jeunes filles dénudées en uniforme, troquant le côté intellectuel ou engagé de la plupart de leurs oeuvres précédentes contre des petites culottes blanches, des poitrines rebondies qui ne seraient pas de mise en temps normal chez des collégiennes pré-pubères; en gros la formule classique des shonen "de harem" pour de petits pervers, pardon de jeunes garçons qui oublient trés vite le sens du mot scénario dès l'instant où les premières pièces de lingerie fine commencent à s'envoler...
Mais ne nous laissons pas distraire par des idées reçues. Et si...et si Gainax, ô douce et ravissante surprise, se servait avec finesse de cet aspect outrancièrement ecchi (soft) en utilisant sa longue expérience de studio novateur pour accentuer la loufoquerie en puissance de son entreprise ? Et si He is my Master était un anime qui cachait assez bien son jeu pour nous étonner...?


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Visuel dvd 2 (c) Kaze
Un anime de ce genre nécessite avant tout un pitch aussi simple qu'efficace : deux jeunes soeurs de 15 et 11 ans Izumi et Mitsuki, viennent de fuguer de chez leurs parents et n'ont aucun endroit où aller. Alors que la nuit s'apprête à tomber et qu'elles commencent à s'inquiéter à l'idée de dormir dehors, elles tombent sur une petite annonce affichée au portail d'une gigantesque propriété qui dit rechercher des femmes de ménage en pension complète pour s'occuper des lieux.
Séduites par le côté pratique d'obtenir une source de revenus et un toit où dormir en même temps, elles se décident à entrer dans le parc du domaine... Manque de chance, une des filles tombe à l'eau, et le propriétaire qui les découvre est un adolescent de 15 ans du nom de Yoshitaka qui vit seul dans l'immense villa et il est affreusement pervers...
Les deux jeunes filles doivent à présent faire un choix entre se résigner à s'aplatir devant un patron harceleur et se plier à tous ses désirs, ou alors vivre dans la rue. Mais rien ne va se passer comme prévu...


Le harem du rire, à ne pas confondre avec l'île aux enfants...

He is my Master est une petite série "d'ecchi service" comme on les aime : c'est hilarant, cynique, improbable, parfois tellement idiot que c'en est jouissif, bref pas de prise de tête et beaucoup de rires. Le scénario n'est bien sûr pas le point fort de l'anime, tellement il est ravagé par des gags aussi amusants qu'affligeants, entre les plans machiavéliques de Yoshitaka qui rivalisent de perversité pour tenter de déshabiller les jeunes filles qui ont plus d'un tour dans leur sac pour lui résister et riposter impitoyablement, et les personnages secondaires tous plus "second degré" et pétris de clichés drôlatiques les uns que les autres, sans oublier enfin un intrus trés particulier qui apporte à lui seul son quota de comique exagèrément stupide et de scènes "ecchi".
Pour se hisser au-dessus du lot parmi la clique des animes du genre, ce qui n'est pas facile tellement ils utilisent tous les mêmes grosse ficelles comiques (quiproquos, chutes exagérées et déchirement de vêtements...entre autres), He is my Master décide de se démarquer un peu plus encore grâce à son character design. A l'attaque ! ont dû s'écrier les designers en se grattant la tête pour trouver une solution : et le résultat est outrageusement corsé ! Des dessins trés particuliers au niveau du visage (un aspect trés géométrique et souvent simplement esquissé) jusqu'aux couleurs roses bonbon éthérées, tout est fait pour mettre en avant l'effet mignon ("kawai" meme) et "lolicon" (de lolita complex : préférence pour les trés jeunes filles, style trés apprécié du mâle japonais lambda) sans oublier les inénarrables séances de cosplay qui font toujours recette : uniformes divers, bikinis et lingerie indécente...
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  Visuel dvd 3 (c) Kaze
Pourtant quoi qu'on en dise, même si la morale nous interdit de cautionner cette explosion d'érotisme infantile débridé mais toujours raisonnablement suggestif, n'en déplaise aux associations féministes qui risquent de ne pas apprécier l'esprit pauvre et rabaissant envers le "sexe pas si faible que cela", on ne peut empêcher notre propre bouche de nous trahir en disant (en bavant pour certains), oui c'est trés réussi ! Les dessins sont inventifs, émoustillants et agréables, et le montage est doté d'une vivacité et d'un humour burlesque et euphorisant (les scènes de préparation des plans machiavéliques de Yoshitaka à la fin de chaque épisode sont hilarantes et forment une excellente transition originale et efficace, rappelant un mangaka qui chercherait la suite ou même le grand méchant de l'inspecteur Gadget -celui avec le chat et la main gantée- qui voit tous ses projets échouer avec autant de désespoir).
Bilan  : le ridicule ne fait pas que tuer, il peut aussi faire rire !

Du côté des points moins satisfaisants, en-dehors des dialogues parfois trop justes et des faiblesses partielles du script, on retrouve la bande originale, un peu trop moyenne et dépourvue d'âme, puérile et entêtante mais qui reste suffisante pour soutenir le rythme effréné de l'enchaînement des scènes, dommage car l'atmosphère générale aurait encore pu gagner en explosivité si la musique s'était faite moins discrète.
La fin paraîtra peut-être décevante pour certains, donc ne vous attendez pas à une intrigue digne de ce nom, même si les épisodes suivent tout de même tant bien que mal le fil d'une histoire aux tenants et aboutissants sérieux autour des thèmes entre autres de la fugue, des orphelins et des dangers du monde du show-biz, mais le tout noyé dans un environnement complètement aberrant qui saura vous faire rire aux larmes.


Au bout du compte, beaucoup devraient apprécier la série parce que si ce n'est ni extraordinaire, ni intelligent, ni même intégralement passionnant, c'est à la fois assez pétillant et radicalement efficace pour s'éclater sans se prendre le chou et parfois on ne demande pas plus.
Profitez donc sans complexes des avantages offerts par He is my Master : humour débridé, inventivité débordante et situations délicieusement ridicules et décalées.
A consommer sans modération, mais attention le visionnage de cette série peut représenter à terme un danger pour votre santé mentale...

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Golden Man

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Emma

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2 commentaires

  • Anonyme

    03/11/2007 à 11h49

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    moi je suis un fans de he is my master jai regarder plusieurs video et s'est tres drole  j'espere quel quelsq'uns fva faire quelque chose pour rendre ca deux fois plus populaire salut a la prochaine

  • Anonyme

    20/05/2010 à 15h29

    Répondre

    oui...

    un grand danger ^^

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