8/10

Highlander - Soif de Vengeance

Un long métrage clairement orienté action qui met en scène avec panache la rivalité entre deux immortels. L'univers créé par Gregory Widen se marie à merveille au savoir-faire nippon en matière de spectacle animé.

Highlander. Je me souviens, quand j'ai découvert ça au ciné j'ai pris une baffe comme rarement j'en avais pris et je me suis sapé exclusivement en trench coat - jeans - baskets pendant six mois pour faire comme Connor Mac Leod (à ne pas confondre avec Christophe Lambert). Puis l'eau a coulé sous les ponts, mon trench a brulé tandis que j'essayais d'éteindre un pote qui tentait de s'immoler après être sorti de la projection d'Highlander II, Russell Mulcahy a décidé que finalement il préférait faire de mauvais flims et aujourd'hui le nom d'Highlander évoque chez moi, au mieux un pur malt d'Ecosse, au pire une vision fugace du plus mauvais acteur du monde, j'ai nommé Adrian Paul (déjà ce nom...)

Aussi quand j'ai inséré dans mon lecteur DVDèche la galette de Highlander – Soif de Vengeance (mazette!), je ne te cacherais pas, ami lecteur, que je partais emballé, mais pas forcément dans la bonne direction.

Colin, petit nouveau dans la famille des Mac Leod
Colin, petit nouveau dans la famille des Mac Leod
Comme tous les bons Mac Leod de père en fils et de filles en aiguilles, Colin est immortel. Et ça tombe plutôt bien parce qu'il a soif de vengeance (d'où le titre), et que le gars dont il veut se venger est lui aussi immortel. En effet, en l'an 125 après JC le méchant et mégalo romain Marcus Octavius a traitreusement massacré tout le clan de Colin, sans oublier de faire en plus crucifier la chère et tendre de ce dernier, en bon infâme qu'il est. Depuis lors, années après années, combat après combat, Colin affronte d'autres immortels afin d'accroître sa puissance et de terrasser Marcus. Bien des siècles plus tard (en 2187 pour être plus précis), dans la ville détruite de New York dévastée par un virus, il retrouve enfin son ennemi qui veut faire de l'ancienne grosse pomme la nouvelle Rome. Mais ce qui était à la base une quête motivée par la haine va finir par devenir un combat pour la survie de l'humanité.

On pourrait penser de prime abord que l'animation japonaise était un drôle de choix de la part de Panzer et Davis, les producteurs, pour une nouvelle mouture de leur increvable licence, mais force est de constater que c'est plutôt bien senti au vu des ambitions du film.

Bon, autant le dire tout de suite, nous sommes en terrain connu. L'intrigue avance en ligne droite vers une issue prévisible (car espérée) et la part belle est faite aux valeurs chrétiennes d'entraide, de sacrifice et de rédemption. Et c'est justement ce qui fait que ce Highlander - Soif de Vengeance fonctionne assez impeccablement. Ne cherchant pas à nous accabler plus que de raison avec un lourd pathos lié aux états d'âme du héros l'animé joue à fond la carte de l'actioner stylisé en suivant un tempo sans temps morts. La réalisation de Kawajiri Yoshiaki est nerveuse à souhait, traversée parfois par des flambées de violence visuellement inspirées, et permet au long métrage de rester fluide de bout en bout en s'appuyant sur un canevas narratif simple et efficace. Reprenant la formule qui consiste à intégrer régulièrement quelques flashbacks importants en parallèle de l'histoire principale pendant la première moitié du film, les 2 principaux protagonistes gagnent peu à peu en épaisseur, non pas psychologique (ils restent des stéréotypes et sont assumés en temps que Et ça fait 2000 ans que ça dure...
Et ça fait 2000 ans que ça dure...
tels), mais cinématographique. Du coup la différence de puissance entre les 2 (malgré les siècles Colin n'est clairement pas au niveau de puissance de Marcus) devient la pierre angulaire du récit: si Colin veut triompher il ne pourra pas compter que sur lui-même. Manichéen peut-être, mais emballé sans faux semblants, de sorte à ce que tout le film tende vers l'action brute le plus simplement du monde, et ça fonctionne.

Côté réa, Highlander - Soif de Vengeance propose du bon avec une belle team de talents. Kawajiri san donc (Ninja Scroll, Vampire Hunter D – Bloodlust, le segment Program d'Animatrix, que cet Highlander rappelle parfois), David Abramowitz (V, Cagney et Lacey, Mac Gyver - ne riez pas! Puis les séries Highlander et L'immortelle, qu'il a d'ailleurs créée), et enfin Abe Hisashi au chara-design (Vampire Hunter DBloodlust, Chobits, Gunslinger Girl, Devil May Cry). Le film alterne et mélange animations 2D et 3D de qualité de façon très soignée et l'ensemble est à regarder de préférence en V.O (ici en langue anglaise) pour bien se gondoler à l'écoute de l'inimitable accent scottish d'une bonne partie du cast.

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Tomonen

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