6.5/10

Inazuma Eleven

A l'image d'un certain Pokémon, la série Inazuma Eleven a tellement fait d'émules au Japon qu'elle est devenue une nouvelle franchise à multiples tentacules qui viennent progressivement s'étaler jusqu'en France. Après le très réussi jeu Nintendo DS et avant de recevoir ses potentielles suites et la version Wii, le manga tiré du soft vient s'installer dans la catalogue Kurokawa, au rythme d'environ un volume tous les deux mois. Le quatrième numéro vient tout juste de paraître et confirme grandement nos impressions installées depuis le premier volume…


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Inazuma Eleven
est une sorte de penchant complètement débridé de Captain Tsubasa, mettant en exergue une bande de copains amoureux de football et prêts à tout (en restant dans la légalité la plus pure et la plus innocente) pour arriver au sommet. Les péripéties de Tsubasa Ōzora n'avaient rien de bien crédible, malgré toute une partie beaucoup plus proche du monde du football contemporain (notamment l'évolution des personnages au sein de grandes équipes), mais il fait pourtant office de documentaire minutieux comparé à Inazuma Eleven. Si les acrobaties des frères Tachibana vous ont révulsé, préparez-vous à un choc car, ici, nous appartenons au domaine du quasi-fantastique où les personnages usent de techniques démentielles pour prendre l'avantage sur le terrain. Outre la naïveté ambiante des personnages, qui portent évidemment le football dans leurs cœurs au point qu'il en devient leur fureur de vivre, chacun possède des aptitudes surhumaines leur permettant de déplacer des rochers ou de se démultiplier pour passer une défense trop collante. Cette fantaisie joue beaucoup dans l'humour d'Inazuma Eleven. Chaque technique a un petit grain de folie furieuse, chaque entraînement est incroyable de stupidité (arrêter un taureau à mains nues…), chaque match ressemble à une véritable bataille défigurant l'aire de jeu (conférer le match tant attendu du tome 4 entre Raimon et la Royale Académie). Il ne faut pas plus de quelques pages pour que les protagonistes soient souillés par la poussière et la fatigue, l'occasion de dépasser leurs limites à chaque minute de jeu.


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La folie assumée du titre permet de ne pas s'ennuyer devant un tome d'Inazuma Eleven, mais on n'en gardera pas forcément un souvenir très marquant. Déjà, le thème abordé destine la série à un public plutôt jeune, qui peut croire encore à la beauté du football et à la force de l'amitié et de la volonté. Cette impression de produit pour préadolescents demeure tant que l'on garde un œil critique sur le graphisme, tout en rondeurs et en courbes, avec quelques partis-pris désavantageux sur le physique des personnages. On s'attache rapidement à ces mignonnes petites bouilles remplies de naïveté et de volonté mais il est cependant difficile d'y voir un intérêt autre que le divertissement graphique. Le manga prend également quelques libertés avec le récit originel pour mieux structurer son histoire et l'on perd au passage quelques histoires annexes qui auraient peut-être pu prolonger l'intrigue et l'approfondir un peu. On reste donc dans la superficialité, mais c'est un peu ce que l'on recherche en s'adonnant à Inazuma Eleven : rien de très prise de tête, du fun et de l'humour.

En tout cas, défi réussi : Inazuma Eleven (le manga) est un divertissement agréable à défaut d'être très intellectuel et donne envie de se remettre au jeu vidéo. On imagine avec plaisir ce que peut donner l'animé encore inédit chez nous. En attendant de pouvoir y goûter, on se satisfait des aventures papier de Mark Evans (oui, les noms européens ont été conservés) et de son équipe. Rendez-vous au tome 5 pour voir l'équipe de Zeus en action !

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