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Jeux d'Enfant

Jeux d'Enfant est une biographie, celle d'une femme ordinaire, mais surtout imaginaire. Q-ta Minami nous raconte dans ce manga intimiste l'histoire de Jun, petite fille qui devient grande. On suit Jun depuis ses jeux de petit enfant avec son voisin, jusqu'à la création de son premier manga "sérieux" (dans le sens où il a de fortes chances d'être éditer), en passant par ses années au collège, l'arrêt de ses études, son boulot dans un bar et ses débuts en tant qu'assistante mangaka.

Jeux d'Enfant
Jeux d'Enfant
Avec ce manga, l'auteur ne cherche pas à marquer le genre, ou à laisser son nom dans l'histoire. Le but est bien plus modeste, mais il est atteint : ce manga est une oeuvre "authentique", avec des situations qui sonnent justes et des personnages qui paraissent vrais. Pas de grandes effusions de sentiments, ni de déclarations enflammées. Juste une fille qui se cherche un peu, ne sachant pas trop ce qu'elle veut, mais sachant ce qu'elle ne veut pas. Il y a très peu a dire sur l'histoire, car elle est terriblement banale. Mais c'est en cela qu'elle est intéressante. On est loin des super héros, des bagarres et des super pouvoirs, on est loin des grands yeux brillants, des robes à volants et des uniformes d'écolières. Et c'est tant mieux. On retrouve dans ce one-shot le même type de démarche que dans les nombreux romans graphiques qui arrivent de tous les horizons sur les rayonnages des libraires : un peu d'instrospection, du réalisme et un personnage central qui, pour une fois, n'est pas atypique.


Ce type de démarche est soutenu par le dessin, qui fait bien plus penser aux travaux de Marjane Satrapi qu'à Yu Gi Oh. Jeux d'Enfants ne reprend aucun des codes traditionnels du manga, à part une absence (quasi totale) de décors. Pas de découpage dynamique, pas de fond plein de petites fleurs, pas de mouvements soutenus par une multitude de traits, pas d'onomatopées envahissantes. Juste un dessin si épuré qu'il ressemble à une esquisse encrée. Les proportions varient d'une case à l'autre, les personnages sont souvent déformés, et si on les différencie, ce n'est bien souvent que grâce à leur cheveux : courts, longs, bruns ou blonds. Sans eux, faire la distinction entre les protagonistes de l'histoire deviendrait bien difficile. Curieusement, cette absence perpétuelle de détails et le trait peu précis confèrent au manga un certain charme, un peu comme si le côté un "cheap" donnait plus de crédibilité à l'ensemble. En tout cas, il va très bien avec le ton proche du journal intime de ce manga.


Jeux d'Enfant trouve parfaitement sa place dans la collection de Sakka. C'est un manga original, un peu plus profond que la moyenne, mais devenant par là même moins divertissant. Dommage, mais si cela avait été le cas, il aurait sans doute accédé au rang de chef-d'oeuvre. Comme d'habitude, l'édition de Sakka est irréprochable. C'est un manga que l'on lit avec plaisir, mais que l'on ne retiendra pas. Et c'est plus que suffisant.

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