5.5/10

Jinbé

Grand auteur de sagas sportives à succès (Touch, Rough, Katsu), Mitsuru Adachi se permet de réaliser quelques oeuvres dites mineures entre ces grandes séries. Jinbé, un one-shot, fait partie de celles-ci. En effet, même si le nom d'Adachi est synonyme de qualité, on ne peut s'empêcher de penser après la lecture de Jinbé que le talent de l'auteur prend réellement forme sur plusieurs volumes.

Jinbé
Jinbé
Fans du mangaka, attendez-vous à trouver ce qui fait son charme. Son humour décalé et son coup de crayon n'ont pas changé et le dessin se permet même d'être particulièrement soigné. Les personnages ont encore une fois les mêmes têtes, le trait est clair et le fond de la case est épuré. Les premières pages des chapitres qui avaient été coloriées sont particulièrement belles et Tonkam n'a gardé la couleur que sur les cinq premières pages. L'éditeur a toutefois sorti le grand jeu avec un papier de qualité, une impression impeccable et une couverture vernie qui font de ce manga un modèle de luxe.

Toutefois, Jinbé coince au niveau du second point fort habituel de l'auteur : l'histoire. Miku, une lycéenne qui s'apprête à aller à l'université vit chez Jinpei, le second mari de sa défunte mère, alors que son vrai père voudrait la récupérer chez lui. Rien d'anormal jusqu'ici sauf qu'on ne voit pas où Adachi veut en venir. La relation père / fille est traitée d'une façon ambiguë où traîne sans cesse l'ombre d'un amour qui serait plus que filial. Ce traitement est décontenançant et nous empêche de rentrer pleinement dans le récit.

Les personnages manquent également de caractère et restent superficiels. Alors que le mangaka aime d'habitude prendre son temps pour installer tout le monde, il est cette fois tenu de faire avancer les choses plus vite, pour une qualité moindre. Il introduit du football, un centre océanographique ou une histoire d'amour entre sa fille et un camarade mais chaque élément s'arrête à cette étape réduite. On sent l'auteur bridé dans sa créativité, comme le démontre la fin bâclée en décalage avec le reste.

Jinbé est loin d'être la meilleure oeuvre de Mitsuru Adachi, bien plus inspiré dans les sagas que dans les one-shots. Les fans devraient tout de même y trouver leur compte et compléter leur collection par cet ouvrage particulièrement bien édité. L'histoire n'est malheureusement pas au niveau et se lira certes agréablement mais sans grand attrait.

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