Les Kazé du mois de novembre 2014

Le mois en deux mots trois mouvements : bugs, profs non-conventionnels, sport, drame, exploration, magie, romance, cafards, nourriture et mensonge !


Biorg Trinity 3 : Fujii se réveille sans réellement avoir conscience de ce qui lui est arrivé. Mais la situation n'a pas échappé à Kiwako : sa fusion avec Hosaka finira par provoquer l'annihilation de l'une des deux personnalités. C'est alors qu'une solution, pour le moins radicale, lui apparaît lors du retour de Matsukage. Cette dernière a trouvé le moyen de revenir… mais à quel prix ! Soutenue par un allié puissant, elle a repris forme humaine, devenant quasi immortelle. La tendance est renversée, de chasseurs, les biorg hunters pourraient bien devenir les proies…Le délire d'Oh! Great et d'Otaro Maijo continue dans un troisième tome pas beaucoup plus compréhensible que les deux précédents. En ce qui concerne l'histoire, ce titre est définitivement une catastrophe. Le scénariste part dans tous les sens et introduit le groupe ennemi avec Ouranos et ses 21 étoiles. On découvre d'ailleurs la première d'entre elles, Spica, dans un combat ahurissant. Si tous les autres membres de la clique sont aussi forts, les héros n'ont absolument aucune chance. Avec le rythme de sortie très irrégulier du titre, Kazé aurait pu rajouter un résumé de la situation des tomes précédents et même un petit schéma des groupes de personnages (ça aiderait bien…) histoire d'éviter la confusion des lecteurs. Avec un scénario très bancal et malgré un graphisme au top, Biorg Trinity n'est pas vraiment une série que je peux vous conseiller pour le moment. 

Gokusen 1 & 2 : Adaptée en série animée de treize épisodes en 2004, c'est un vrai bonheur de voir le titre de Kozueko Morimoto enfin débarquer chez nous, surtout quand on sait que la série date de 1999 au Japon ! Elle nous conte les aventures de Kumiko Yamaguchi, alias Yankumi, une jeune prof' qui vient d'arriver dans un lycée de voyous. Ce que ces derniers ne savent pas encore, c'est qu'elle est l'héritière de l'un des plus gros clans mafieux de la ville. Autant commencer par ce qui risque de rebuter le plus les nouveaux lecteurs potentiels : le graphisme. C'est vieillot et carrément pas dans les standards de notre époque donc pour ceux qui recherchent le trait ultra fin avant tout, c'est raté. La force de l'auteure, c'est que son dessin s'adapte parfaitement aux situations qu'elle cherche à décrire en participant au grotesque de chaque scène. Eh oui, si Gokusen a bien quelque chose qui plaide en sa faveur, c'est son humour. Il faut d'ailleurs saluer le travail de traduction d'Elodie Lepelletier qui réussit à bien restituer les petites piques lancées par les élèves mais aussi la façon de parler très particulière de Yankumi. Etant issue d'un milieu yakuza, elle utilise des expressions très particulières pour désigner certains éléments liés à la justice qui n'ont pas dû être très faciles à retranscrire (on sait combien traduire l'humour d'une langue vers une autre langue est difficile et ça ne marche pas sans un très gros travail d'adaptation). Au final, Kazé Manga fait plaisir à un beau noyau de fans qui attendaient le titre depuis quelques temps et qui voient leur vœu exaucé. Dans le même temps, l'éditeur tente de recruter de nouveaux lecteurs en proposant un grand format à petit prix (les volumes ont la même taille que la nouvelle édition d'Hokuto no Ken) puisque les tomes ne coutent que 7.79 euros. Allez… On y croit !

Haikyû 5 : Les éliminatoires du tournoi inter-lycées commencent pour le lycée Karasuno qui va se retrouver face à des adversaires particulièrement coriaces. Coup de chance pour Asahi, ce dernier va pouvoir se venger de ceux qui lui ont fait perdre goût au volleyball quelques mois auparavant, Date Kôgyô et le terrible contreur Aone. Sur le même modèle que Kuroko's Basket, Haikyû continue son petit bonhomme de chemin en proposant des matchs assez rapides et particulièrement dynamiques. Dans ce cinquième volume, on a ainsi le droit à un match et demi et même quelques séquences de transition, preuve que l'auteur ne cherche pas (encore) à étirer son titre mais plutôt à aller à l'essentiel. Le graphisme est toujours aussi sympa et certaines doubles pages sont somptueuses. L'auteur va au bout de sa représentation animale de l'équipe puisqu'il pousse sa métaphore « des corbeaux » au maximum. Vous pourrez donc admirer des sauts épiques et des attaques de plus en plus élaborées. C'est ça aussi Haikyû, un bon shônen sportif avec de belles actions, de la stratégie et des personnages vraiment attachants ! 


Kids on the Slope 8 : Le final de la série de Yuki Kodama promet d'être difficile. L'auteure nous propose un huitième volume qui vous fera comprendre l'expression « ascenseur émotionnel » tellement elle joue avec nos nerfs. Elle réussit même à nous faire croire à l'impossible (je n'en dirais pas plus !). Il y a dans sa narration une mélancolie non dissimulée et je dois avouer que ça ne m'étonnerait pas qu'il y a une grosse part de vécu dans ce qu'elle raconte (ou alors, elle possède juste un talent fou, ce qui reste envisageable). Alors que la période du lycée touchera bientôt à sa fin pour les trois protagonistes, on découvre que leurs relations ont de plus en plus de mal à évoluer. Il y a quelque chose qui les bloque et il faudra probablement un événement marquant pour qu'ils puissent enfin aller de l'avant. De là à dire que le drame n'est pas loin, il n'y a qu'un pas… 

Kuroko's Basket 17 : Alors qu'ils viennent à peine de battre Tôô et le monstre Aomine, Seirin se trouve face à l'équipe de Yôsen qui contient Murasakibara, pivot de la génération miracle. Le joueur s'érige en mur infranchissable pour des joueurs qui peinent à marquer une fois à l'intérieur de la zone du panier adverse. Alors qu'on pensait qu'aucun autre joueur ne pourrait poser autant de problèmes à Seirin qu'Aomine, l'auteur nous sort un bloqueur assez monstrueux. Ce dernier réussit à réduire à néant l'atout principal de l'équipe, son attaque, avec une facilité déconcertante. Il faut avouer que ce côté très « abusé » de Kuroko's Basket devient un peu redondant. Le schéma narratif ne change pas : un ennemi bloque toute l'équipe, le duo Kuroko/Kagami tente une nouvelle combinaison, Seirin fait une remontée exceptionnelle. Il semblerait que l'on soit parti pour la même chose dans ce match et le réalisme du début de la série paraît définitivement abandonné. Il serait bien de revenir à des confrontations un peu plus équilibrées, qui se joueraient un peu plus sur le fil. La série gagnerait en intérêt et le lecteur sentirait un peu moins le poids du schéma répétitif imposé par le genre du shônen sportif.  

Les Mystérieuses cités d'or 3 : Le voyage d'Esteban se poursuit en compagnie de Zia et d'autres compagnons. Ils continuent à se heurter à des ennemis toujours plus nombreux et déterminés à trouver l'or avant eux. L'avidité est un thème assez récurrent du titre et c'est encore plus vrai dans ce volume puisque la cupidité sera évoquée directement plusieurs fois. Le récit avance très vite (pour rappel, la série sera en cinq tomes) et nos héros vont même découvrir la première cité d'or puisqu'ils enchaînent découverte après découverte. Les talents de chacun sont utilisés à la perfection puisque Tao sert d'interprète, Esteban résout les énigmes, Zia sert de potiche et les autres font office de gros bras. J'exagère peut-être un peu mais c'est quand même dommage que le seul rôle féminin soit aussi insignifiant… L'auteur a le bon goût de ne pas couper sur un cliffhanger, une bonne chose quand on sait que les tomes prennent quand même leur temps pour sortir. Franchement, ce n'est pas un mal quand on voit le résultat final qui se tient parfaitement.


Monster Hunter Flash 7 : Kerès et Kultaïz affrontent le Nargacuga et le jeune chasseur fait preuve d'une habileté et d'un talent impressionnants. Il devient alors une sorte de figure de leader pour la chasseuse expérimentée et va l'entraîner pour tirer le meilleur de ses capacités. Petit volume de transition pour la série puisque l'auteur fait passer deux ans en l'espace d'une case. Ce changement est très soudain et semble particulièrement inutile et mal amené (rien ne prépare le lecteur, les personnages n'ont pas l'air d'avoir particulièrement changé après…) à tel point que l'on se demande l'intérêt de la manœuvre. On ne sent pas de coupure nette, élément caractéristique de ce type de tour scénaristique, ce qui lui enlève une bonne partie de son intérêt. La nouvelle quête ressemble à une rediffusion de celle du Kirin, avec des dangers similaires et un monstre du même type. Espérons que l'auteur ne soit pas tombé dans une routine et qu'on aura le droit à quelque chose de plus original pour la suite.   

Moonlight Act 12 : C'est toujours avec impatience que je me lance dans la lecture d'un volume de Moonlight Act et ce dernier aura su combler mes espérances. On y découvre le méchant ultime de cet arc : Tyltyl, personnage de L'Oiseau bleu ayant été frappé par le coup de lune le plus puissant jamais enregistré. Comment en est-il arrivé à vouloir tout détruire ? Vous le découvrirez en lisant son histoire dans ce douzième opus de la série de Kazuhiro Fujita ! Ce mangaka atypique nous prouve une fois de plus qu'il est génial en se permettant de ne pas utiliser ses personnages principaux pendant un tome complet. Eh oui, alors qu'on nous indique que l'histoire de Tyltyl a un lien avec Gekko, il faudra attendre un peu pour découvrir lequel. L'ennemi ultime n'a pas l'air particulièrement diabolique surtout quand on voit que son but premier est de faire en sorte que personne ne souffre dans le monde des contes. Sa rencontre avec la jeune O-Kiku, promise à un destin tragique, a changé sa vie et a complètement chamboulé sa façon de voir les choses. Malgré son pouvoir et malgré ses connaissances du monde des lecteurs mais aussi du concept d'auteur, il ne pourra rien faire pour lui venir en aide. La folie est donc née de l'impuissance dans le cas de Tyltyl et on se demande comment Gekko réagira en l'apprenant !

Nisekoi 7 : La romance prend une nouvelle dimension dans le faux couple Raku/Chitoge lorsque la mère de celle que l'on surnomme le Gorille débarque en pleine période de Noël. On découvre alors une relation brisée pour laquelle Raku va faire énormément d'efforts. Komi Naoshi maîtrise son sujet, on le savait depuis un moment. La comédie romantique n'ayant plus vraiment de secrets pour lui, le mangaka n'hésite pas à varier les situations mais surtout il parvient à proposer des personnages toujours attachants. L'histoire tire-larmes de Chitoge qui a toujours voulu être choyée par sa mère est bien mise en avant via un équilibre flashback/temps présent particulièrement bien géré. Nisekoi est une lecture particulièrement plaisante qui ravira ainsi les fans du genre mais aussi les autres qui s'y seraient essayé. 


Terra Formars 7 : Les cafards se cachent dans ce septième volume de Terra Formars puisque les principaux combats se déroulent entre hommes. La faction chinoise a retourné sa veste et va faire pas mal de dégâts dans des rangs déjà décimés… Comme d'habitude, le danger ne vient pas forcément de là où on l'attend. Incapables de s'entendre, les hommes continuent à se déchirer, même en situation de danger extrême. Personne ne sait pourquoi les cafards se cachent depuis quelques jours (ils préparent probablement une contre-attaque plus que violente) et les humains n'ont pas vraiment l'air de vouloir coopérer. De plus, avec les secours qui ne viennent pas, réduire leurs rangs n'est pas forcément l'idée du siècle… La série prend ainsi un petit côté Walking Dead qui n'est pas désagréable du tout. On notera le trait toujours aussi beau de Ken-ichi Tachibana qui illustre superbement les affrontements et la traduction impeccable de Sylvain Chollet. 

Torino 19 : Shimabukuro entraîne ses personnages dans une partie de cartes bien particulière à l'intérieur du Casino Gourmet. Ils vont devoir faire preuve de ruse et d'adresse pour ne pas se faire avoir par Livebearer, un homme qui construit son talent culinaire en absorbant les souvenirs gustatifs des plus grands chefs… Le combat présenté par l'auteur est plutôt original puisqu'il ne se gagne pas forcément par la force. La présence de Coco lui permet d'ailleurs de bien gérer les forces en présence et de ne pas sombrer dans la surenchère de puissance (il y a eu beaucoup de combat dans l'arc précédent donc c'est une petite respiration). La mise en scène fonctionne, le dessin est toujours aussi dynamique et on se rend compte que l'imagination de l'auteur est assez folle puisqu'elle donne naissance à des aliments mais aussi à des méthodes de cuisson toujours aussi farfelues !

World Embryo 11 : Riku et tous les manieurs de Jinki se dirigent vers l'embryo afin de mener la bataille finale contre Amane. Sur place, les choses semblent un peu plus compliquées puisque le jeu proposé par la jeune fille s'avère plus complexe que prévu… Rien n'est jamais simple dans les séries de Daisuke Moriyama et ce onzième volume de World Embryo ne fait que le confirmer. L'auteur a basé sa série sur le mensonge et il faut croire que les personnages de sa série l'ont pris au mot ! Ils enchaînent mensonge sur mensonge, ce qui a pour effet de hacher ce qui devait être le combat final. Je ne suis pas sûr que ça soit très judicieux dans la mesure où il faut sans cesse repartir en arrière et essayer de se souvenir qui fait quoi et comment ils sont arrivés là. La narration n'est pas aussi fluide que dans les premiers tomes et même si les mystères commencent à se résoudre, il reste certaines questions fondamentales sans aucun élément de résolution. Alors qu'il ne reste que deux tomes (qu'on espère que Kazé sortira rapidement), on se demande bien comment tout ça va bien pouvoir se terminer…

A propos de l'auteur

Un peu fou mais passionné de manga depuis ma plus tendre enfance, je n'hésite pas à tester tout et n'importe quoi (surtout n'importe quoi en fait...).

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