Les Ki-oon du mois d'avril 2014

Le mois en deux mots trois mouvements : Un bouquin pas très malin, une petite indécise, de la bonne humeur, des machins futuristes, des morts qui sont vivants, un petit aperçu du Far West, de la manipulation mentale et des jeux de gamins !


A Certain Magical Index 12
 : Après les événements survenus dans le onzième tome, on se disait que nos héros allaient enfin pouvoir se la couler mais il n'en est rien. Un grand rassemblement sportif se préparent et tous doivent participer. Heureusement, tout ceci ne sera pour Toma qu'une mascarade pour pouvoir récupérer un objet mystérieux pouvant semer la zizanie entre les différentes factions qui s'opposent dans l'ombre ; pour faire simple, une sorte de pomme de discorde. Même si on sent qu'Index ne va pas servir à grand chose dans l'arc à venir (une fois n'est pas coutume), les auteurs prennent un malin plaisir à jouer avec Toma et à lui faire faire tout et n'importe quoi. Le plus impressionnant reste la touche graphique qui devient de plus en plus  efficace avec le temps. On sent une vraie progression du dessinateur qui nous propose des cases magnifiques, en particulier lors des scènes d'action. Avec ce douzième volume, Index se donne enfin les moyens de jouer dans la cour des grands avec une histoire plus ambitieuse et qui devrait occuper le devant de la scène pendant un peu plus longtemps que les précédentes. En tant que fan de la première heure, j'en redemande !

 


Alice au Royaume de Trèfles 6
 : C'est l'avant dernier tome et les choses se précisent de plus en plus pour Alice. La jeune fille a enfin pris la décision de quitter le manoir du chapelier et semble avoir assez de sang froid pour réaffirmer ses positions. Son problème ? Elle n'est toujours pas sûre de vouloir aller chez Boris… Eh oui, vous l'aurez remarqué, une fois de plus (et même si elle a certaines certitudes), Alice se retrouve… à hésiter ! La jeune fille restera donc une éternelle indécise, incapable de prendre ses propres décisions et devra attendre qu'on la pousse pour enfin avancer. Heureusement que Boris est là, impatient et un peu poussif parfois dans ce qu'il entreprend avec la jeune fille mais bon, je serais tenté de dire que ça ne lui fait pas de mal ! Pour le reste, on sent que la fin approche, les événements s'accélèrent autour d'Alice et la plupart des interrogations amenées par les auteurs commencent à trouver leurs réponses. On verra ce que donne le final mais il semblerait que l'on ait le droit à quelque chose de maîtrisé, ce qui n'est pas pour me déplaire.

 


Barakamon 8
 : Alors qu'il vient de revenir sur l'île de Nanatsutake, Seishû va se rendre compte que la vie là-bas n'a pas vraiment changé. Les habitants du village sont toujours investis dans la vie de notre maître calligraphe et en particulier les enfants qui ne ratent pas une occasion d'aller l'ennuyer. Là où ce huitième volume de Barakamon diffère des précédents, c'est qu'il n'utilisera pas le jeune homme comme personnage principal. L'auteur va construire son récit en deux parties. La première sera dédiée à un voyage scolaire avec Miwa et d'autres élèves de son écoles qui vont découvrir une vie assez différente de celle de leur village. Dans la deuxième, il parlera des aléas de la vie et des différentes façons qu'ont les gens de s'en accommoder. Alors oui, Barakamon, c'est très souvent de la bonne humeur mais c'est aussi une façon toujours positive d'aborder les problèmes qui peuvent arriver dans la vie. Satsuki Yoshino continue à raconter ses histoires de bien belle manière et nous propose un volume efficace, drôle et que tout lecteur prendra un immense plaisir à lire. Une vraie petite perle ! 

 


Dimension W 2
 : La traque de Loser continue dans ce deuxième volume de Dimension W où, aussi étonnant que cela puisse paraître, on ne va pas en apprendre autant qu'on l'espérait sur les coils illégaux. Après un premier tiers de volume très orienté action, Yûji Iwahara se calme un peu et nous propose une histoire un peu plus posée mais toujours dans l'optique de nous montrer un peu plus les nouvelles dérives que les coils ont pu apporter à la société. L'auteur semble dénoncer cette corruption que l'être humain sur n'importe quelle nouveauté. Alors qu'à la base, les coils sont une source d'énergie nouvelle et révolutionnaire censée aider les hommes à vivre plus confortablement, ces derniers la transforme en outil de localisation et de contrôle des masses, sans compter ceux qui tentent d'exploiter ses failles pour faire de l'argent tout en restant dans l'ombre. Le monde dépeint par Iwahara n'a rien de rose et se veut assez proche de la réalité (des exemples de ce genre de pratiques, il y en a des dizaines, il suffit de regarder l'actualité…) pour donner une sensation d'immersion assez intéressante à son lecteur. Avec son graphisme léché et son intrigue bien ficelée, Dimension W est un titre à surveiller de très près !

 


Evil Eater 1
 : Ah le futur… Des fois ça a du bon, des fois pas. Dans Evil Eater, les dernières découvertes scientifiques permettent de ramener les morts à la vie. Comme tout n'est jamais positif à 100%, le prix à payer s'avère être une autre vie. Cependant, ceux qui reviennent sont victimes d'une anomalie, d'un « bug » qui exacerbent leurs sentiments négatifs. Seule méthode pour harmoniser tout ça ? Qu'une classe d'humains appelée les « Sorcieristes » plongent dans la psyché des victimes et nettoient tout ça ! Alors oui, pitché comme ça, ça a l'air vachement sympa ce nouveau titre disponible chez Ki-oon depuis le mois d'avril. Il faut avouer que c'est même plutôt bien avec une idée de base aussi étonnante qu'efficace. Alors qu'on sait d'ores et déjà que la série est terminée en trois tomes, on peut s'attendre à une série qui ne se perd pas en palabre et qui va directement à l'essentiel. On l'entrevoit d'ailleurs dans ce premier volume avec des personnages qui ne font pas dans l'assistanat et qui montrent une détermination et un sens du devoir épatant lors de leurs missions. Ki-oon a encore fait une jolie pioche avec ce nouveau seinen au trait incisif qui devrait se terminer avant la fin de l'année.

 


Green Blood 4
 : Les deux frères se lancent à la conquête de l'ouest pour retrouver leur paternel, ennemi public numéro 1 par excellence mais la route est longue et avant cela, ils vont devoir aider la famille Macy à garder ses terres. Les riches entrepreneurs des compagnies ferroviaires rodent et aimeraient bien faire de cette ferme un nouveau passage pour leur train… Bien décidées à résister, la mère et sa famille vont avoir besoin de plus d'aide que prévu… Cet avant dernier tome de Green Blood donne un peu le ton du final. Luke a bien grandi et est devenu capable de s'affirmer et même de tuer si le besoin s'en fait sentir. L'ambiance très western instaurée par Masasumi Kakizaki est intacte et je dois avouer qu'après avoir regardé Django Unchained, la lecture de ce titre est un vrai délice. Le monde impitoyable dépeint est un reflet d'un pan de la société américaine de l'époque : à la recherche du profit permanent, cruelle (traitement des indiens), prête à tout pour parvenir à ses fins (machiavélique si vous préférez). Les amateurs de manga feraient une grave erreur en passant à côté de cet excellent seinen qui promet un final détonnant. 

 


King's Game Extreme 2
 : Le premier tome restait dans la lancée de la première saison et ce n'est pas le deuxième qui va le faire mentir. Nobuaki, par sa connaissance du « Jeu du roi » est ciblé par la plupart de ses nouveaux camarades de classe comme étant son organisateur. Il va devoir faire face à une fille particulièrement manipulatrice, Natsuko Honda. Cette dernière va réussir à retourner toute la classe contre le jeune garçon qui va d'ailleurs être laissé pour mort sans que personne ne soit plus choqué que ça. Ce genre de choses était déjà évoqué dans des séries comme Gantz qui relativisait énormément le massacre chez les jeunes mais il semblerait que ce mal être de la société japonaise fasse au lynchage collectif soit plus répandu qu'on aurait pu le penser… Eh oui, tout n'est pas rose dans le monde contemporain et même s'il y a pas mal d'éléments discutables dans cette suite de King's Game, il y a quand même certaines scènes qui pourront pousser le lecteur à réfléchir. Bref, si vous aimez les thrillers psychologiques à suspense mais dont la fin sera probablement comme un pétard mouillé, je pense que vous ne m'avez pas attendu pour vous délecter de ce deuxième tome de King's Game Extreme

 


Lucika Lucika 4
 : Dans le monde des gamines complètement folles, je voudrais la version Ki-oon. Elle s'appelle Lucika et elle est parfois complètement dans la lune. Entre une partie de « Simon » qui tourne au vinaigre, la découverte d'un vendeur de frigo ou un moment à flemmarder devant la télé, la petite fille va vivre des aventures… de petite fille ! Alors oui, ces activités ne paraissent peut-être pas très motivantes (quoique, flemmarder devant la télé…) à l'échelle d'un adulte qui les aura vécues des dizaines de fois mais pour la jeune Lucika, c'est tout nouveau ! Yoshitoshi Abe exprime d'ailleurs cette différence de très belle manière en insistant régulièrement sur la naïveté et le jeune âge de Lucika. Cette dernière voit les choses différemment et ses idées farfelues donnent lieu à des scènes très drôles mais aussi quelques réflexions qui surprendront les plus âgés. L'auteur joue d'ailleurs beaucoup sur cette double lecture possible de l'oeuvre en tentant de satisfaire au maximum deux types de public. En tout cas, la bonne humeur, l'espièglerie et l'imagination débordante de la jeunesse sont retranscrites avec brio par la plume d'Abe qui nous promet de longues heures de détente pour le futur. 

A propos de l'auteur

Un peu fou mais passionné de manga depuis ma plus tendre enfance, je n'hésite pas à tester tout et n'importe quoi (surtout n'importe quoi en fait...).

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