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King Of Fighters - Zillion

UNE EPIQUE SUCCESS STORY

King of Fighters, c'est une série de jeux de combat sortant chaque année, développée initialement par SNK. Les plus riches d'entre nous ont pu y jouer sur Neo Geo, alors que les autres se contentaient des salles d'arcade et de leurs Dreamcast et Playstation. Malheureusement, SNK, pourtant créateur des meilleurs jeux d'arcade existants (les mythiques Metal Slug), fait faillite en 1999. Le filon qu'était la série King of Fighters est repris par de peu scrupuleux éditeurs. Attirés par l'appât du gain, ils gardent tout ce qui aujourd'hui encore fait le succès de la série. Néanmoins, et c'est une grossière erreur, ils virent le character designer du jeu : le Chinois Andy Seto. Ce dernier décide alors, avec sa très talentueuse et réputée équipe, de créer un manga en parallèle avec le jeu vidéo, dont l'aspect artistique atteint année après année des records de nullité. Le succès du manga est conséquent, si bien que nous verrons sortir, quelques années plus tard, ce King of Fighters : Zillion dans nos contrées.

UN SCENARIO ACCESSOIRE...

King of Fighters : Zillion
King of Fighters : Zillion
L'histoire tourne autour du kidnapping du héros, Kyo Kusanagi, par une diabolique organisation appelée NEST. Les raisons de ce kidnapping restent inconnues. Dans un premier temps, le puissant jeune homme réussit à s'échapper de son lieu de détention, aidé de son alter-ego, le mystérieux Iori Yagami. Mais la NEST ne s'arrêtera pas aussi facilement dans l'éxecution de ses plans diaboliques. En se basant sur une mystérieuse légende ancestrale, le but de l'organisation est la conquête du monde pure et simple.
Voici le début de l'intrigue, largement résumée, de King of Fighters. Sachez que seuls six volumes sur seize sont sortis dans notre beau pays. Tous les mystères du manga ne sont donc pas encore révélés. Les personnages principaux sont bien évidement ceux du jeu vidéo. Il faut saluer la mise en forme d'Andy Seto, qui respecte parfaitement les personnages d'origine, tout en n'inondant pas le lecteur de caractères clés. Ce n'était pas un pari gagné d'avance, sachant que King of Fighters est un jeu aux personnages nombreux, vivants et extrêmement divers. Pour l'instant, à peine la moitié des personnages attendus sont rentrés en scène, et il y a fort à parier que les fans seront comblés jusqu'au bout.

...AU PROFIT D'UNE AMBIANCE SANS PAREILLE...

Le réel tour de force de ce King of Fighters : Zillion reste pourtant la justesse avec laquelle la géniale ambiance du jeu vidéo est restituée (ne soyons pas dupes : ceux qui ne connaissent pas la série auront beaucoup plus de mal à apprécier ce manga). Un effort du lecteur est nécessaire pour qu'il apprécie le manga à sa juste valeur. Tout prendre à la rigolade, même les situations les plus sérieuses, voila comment l'on peut retirer un maximum de ce manga. L'oeuvre d'Andy Seto ne se lit pas comme on lirait un manga sérieux de la trempe d'Akira ou Monster. Ce qu'il faut ici, c'est tout prendre au second degré, car les situations sont souvent kitsch, à la limite du ridicule, parfois. A vrai dire, je ne sais pas si Andy Seto a créé son oeuvre dans cette optique, mais c'est ainsi que je le vois. L'exemple le plus flagrant reste le génial narrateur de l'histoire, tellement inutile qu'il prend une presque dimension parodique. Dans une scène où un personnage est sur le seuil de la mort, le narrateur intervient pour commenter : "Yagami sent ses forces le quitter. En effet, le dernier coup de son adversaire l'a mortellement blessé, et il se rend compte que les portes de la mort s'ouvrent à lui". Dans un domaine similaire, les dialogues (à cause de la traduction ???) sont un chef-d'oeuvre du genre. En bref, je pense que si l'on devait comparer cette oeuvre à quelque chose de plus connu dans nos contrées, je dirais que ce manga se rapproche énormément des films de Bruce Lee, dans le sens où seul l'aspect artistique (les combats, les dessins) est à prendre au sérieux.

...ET D'UN ASPECT ARTISTIQUE REVOLUTIONNAIRE (OU PRESQUE)

Dès lors vous devinez bien qu'au niveau esthétique, le manga se doit d'être irréprochable. C'est effectivement le cas, à quelques points près. Déjà le support papier est extrêmement agréable à la vue comme au toucher. Le papier est plastifié, le format au-dessus du format manga habituel, et l'oeuvre en elle-même est tout en couleur. Bien que la plupart du temps dessinés à l'encre puis colorisés par ordinateur, on a souvent droit à de nombreux dessins peints, rendant le manga impressionnant visuellement. Le style d'Andy Seto est extrêmement bien mis en valeur, et quiconque portant un intérêt à la peinture ne peut qu'être éblouit devant une telle maîtrise. En ce sens, le manga peut être assimilé à un art book, tellement l'accent est mis sur les dessins. Pourtant, certaines planches semblent moins bien soignées que d'autres, et cela est assez frustrant. Malgré cette inégalité au niveau du dessin, l'attention portée à l'esthétique est très largement au dessus de la moyenne, et si vous lisez des mangas pour leur beauté, King of Fighters : Zillion doit d'ores et déjà faire partie de votre collection. Leurs amateurs apprécieront les planches décoratives en fin de volume, et notamment les petites fiches des personnages, absolument délirantes (hobby : visiter les usines, plat préféré : les surgelés).

L'accueil que vous porterez à l'oeuvre d'Andy Seto dépend largement de votre façon de lire les mangas. Si pour vous les dessins ne sont qu'un support obligatoire, mais secondaires à l'action, l'histoire ou autre, passez votre chemin. Mais si vous considérez l'aspect artistique avant l'aspect pratique, alors croyez moi : King of Fighters : Zillion est un manga à ne rater sous aucun prétexte.

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1 commentaires

  • Anonyme

    25/06/2004 à 00h00

    Répondre

    Assez d'accord avec toi quant à la beauté du comics (pour moi c'est plus proche du comics dans le découpage que d'un manga) , je suis néanmoins sceptique quant à l'intéret de la chose . En effet , en mettant sur papier l'univers des KOF , Andy Seto transpose tout un monde mythique (en tout cas pour les fans de jeux et surtout de baston) qu'il complète par un scénario simple(iste) , mais qui n'est prétexte qu'à un enchainement de bagarres (ce que recherche les fans en somme) , et c'est qui pourrait etre le principal défaut du comics . Parce que dans un jeu de baston , ça ne sert vraiment à rien de réfléchir un scénario , alors qu'on vient uniquement pour la bagarre , alors pourquoi en avoir fait une série de livres ? Meme si le background de la plupart des jeux de baston (ceux de Capcom et SNK en particulier , Sammy on n'en parle pas) s'avère intéressant , on est quand meme loin d'un réel travail scénaristique pour des jeux , ce qui est l'apanage des RPG et autres jeux d'action et d'aventures . Alors appliquer une recette vieille comme le monde (transposer un jeu video en livre) sur un jeu de tape , ça sent limite l'obsession mercantile...Surtout quand on sait que SNK/Playmore (la compagnie qui a repris feu SNK et qui nous a bien daubé les derniers KOF , exception du 2002) connait bien des problèmes financiers , on se demande bien comment leur est venu l'idée d'un comics sur la saga...Mais loin d'etre un produit estampillé "KOF pour aider Playmore à renflouer les caisses" , on sent que cette bédé est le fruit d'un artiste sincère . On est loin du foutage de gueule à la Street Fighter et à la Tekken (beurk ! les animes)

    P.S : Le chara design récent (KOF 2000/2001) je le trouve mieux que celui de Seto , moins lisse , plus caractérisé , plus manga quoi (les 2002 et 2003 nettement moins bon meme si je reste fan de la Team Falcoon)

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