Les Ki-oon des mois de novembre/décembre 2014

Le mois en deux mots trois mouvements : animaux / RPG / voyage dans le temps / humour / conte

 

Animal Kingdom 7 :  Le combat contre Giller continue et semble perdu d'avance. Le groupe de Taroza va donc devoir battre en retraite et abandonner l'oasis où vivait Riemu et les gorilles. Personne n'est de taille face aux chimères et ce, malgré les nouvelles capacités montrées par le jeune héros. De retour au village des animaux, Riemu révèle de nombreuses informations sur les recherches du mystérieux Kuô Takamine et les origines de Taroza et des humains pouvant communiquer avec les animaux ainsi que la raison de leur présence à cette époque. Eh oui, on peut maintenant parler temporalité puisque l'on commence à comprendre les différentes étapes qui ont mené au monde dépeint dans Animal Kingdom. On se trouve donc en présence d'un tome riche en révélations et qui marque un véritable changement dans la série. Taroza et ses compagnons possèdent maintenant de quoi vivre sans se manger entre animaux. L'idée d'un langage universel est en cours d'élaboration mais la peur et le danger pourraient cantonner nos héros dans une routine peu ambitieuse… Un détail un peu plus anecdotique mais   auquel je tiens, c'est la petite référence à la précédente série de l'auteur. Pour ceux qui ne s'en souviennent pas, le héros de Zatch Bell, s'appelle Kiyomaro Takamine. Le type d'écriture utilisé mais aussi la façon de parler de Kuô (ou du moins, ce qu'il en reste dans ses notes) font fortement penser au jeune homme qui avait aidé Zatch à devenir le roi des démons. On notera aussi un personnage comme Pouligone (Umagon en japonais, Ponygon dans la vf de Zatch Bell, de son vrai nom Schneider) se retrouve dans les deux séries… De là à déduire qu'il y a un lien entre les deux… Je vous laisse juger !  

Dragon Quest - Emblem of Roto 6 : Les héros de l'équipe d'Arus sont aux prises avec le Léviathan, créature aquatique mythique. Auparavant, il régnait sur les mers mais depuis qu'il a été infecté par un virus des rois du mal, il sème le chaos en dévorant ses sujets et en répandant la mort sur son passage. Pendant ce temps, Kira, de retour à son village natal, va être témoin d'un événements singulier. Si tôt arrivé, il retrouve son apparence d'enfant et va rencontrer ses parents, l'occasion de vivre l'enfance dont il a été privé… Kamui Fujiwara a trouvé une idée pour le moins originale afin que ses phases d'entraînement ne soient pas trop standard. Plutôt que de faire intervenir des personnages sortis de nulle part, il va plutôt faire appel à des souvenirs du passé de ses protagonistes. Kira va donc progresser et apprendre les techniques de son père, le précédent roi des lames grâce à un petit tour de magie. Evidemment, il ne faudra pas abuser de ce procédé mais force est de constater que ça marche plutôt bien et qu'en plus, c'est bien amené. Le combat en début de tome m'a paru plu anecdotique. Arus n'est pas particulièrement mis en valeur (ça fait un moment d'ailleurs qu'il est un peu en retrait) et il n'y a pas vraiment cette impression de danger que l'on avait eu dans les précédents et la partie semble gagnée d'avance (et ce, même quand on voit Poron - oui oui, le bouffon - briller pendant dans son moment de gloire). Roto possède plus de points positifs que de points négatifs, son graphisme charmeur et ses idées intemporelles en font un shônen dont il est difficile de se passer. 

Erased 3 :  Dans le dernier chapitre du tome 2, le suspense était insoutenable puisqu'on était sur le point de savoir si les actions de Satoru avaient changé le passé ou non. Malheureusement, le jeune garçon va découvrir que malgré son pouvoir, il reste un enfant en 1988 et changer les choses n'est pas si facile que prévu… De retour en 2006, il va devoir fuir car quelqu'un essaye de le piéger en le faisant accuser d'un crime qu'il n'a pas commis. Qui seront ses amis ? Qui seront ses ennemis ? Difficile à savoir… Dans ce troisième volume de la dernière série en date de Kei Sanbe, le sentiment qui prime, c'est l'impuissance. Au début dans le passé avec l'incapacité d'empêcher l'enlèvement de Kayo mais aussi dans le présent avec des difficultés évidentes pour éviter la police. Les amis du passé deviennent des ennemis du présent et le pauvre Satoru va devoir choisir les gens en qui il place sa confiance s'il veut élucider le meurtre de sa mère. La tension ne retombe jamais, à savoir que le lecteur est tenu en haleine de la première à la toute dernière page (ce dernier chapitre…). Le personnage principal a le droit à un joli développement et ses talents d'observation sont mis à rude épreuve. Comprendre, analyser mais aussi agir, Satoru va absolument tout faire mais de là à dire que ça suffira… Difficile de ne pas être élogieux quand on parle d'un titre aussi bon qu'Erased, Kei Sanbe maîtrise son récit à la perfection et instille une ambiance ultra soignée et digne des meilleurs thrillers américains.


Kid I Luck 2 : Kinjiro va apprendre la vie à la dure. Que ce soit en humour ou dans n'importe quel autre domaine, il est très difficile de faire en sorte que tout marche directement. Aussi bonnes que soient ses intentions, il n'arrivera à rien s'il ne croit pas un peu plus en lui-même. L'un des deux humoristes du duo comique Hamamiya, rencontré au coin d'un petit boui-boui, lui dira même qu'il ne peut pas espérer faire rires les gens s'il ne se fait pas rire lui-même… La route qui mène à Kuriko est encore longue… Ce deuxième tome n'est que la confirmation qu'Osada Yûkô possède un talent certain dans tous les genres. Même si la comédie est le thème principal de l'oeuvre, on se trouve bien en plein milieu d'une histoire dramatique. L'auteur parvient à jongler avec les différents types de scènes et nous propose un mélange efficace et savamment dosé. En fait, le rythme est tel qu'on ne souhaite s'arrêter à aucun moment lors de notre lecture. C'est même une de ces séries qu'il aurait peut-être été bon de sortir directement en intégral. Ce volume est celui de l'évolution pour Kinjiro qui se rend compte de ce qu'il doit faire pour faire rire. Eh oui, après tout ce temps, il se met enfin à utiliser un peu son cerveau ! En tout cas, ce déclic se produit en fin de volume amorce la conclusion à paraître au mois de février. Petit spoiler : elle devrait être aussi brillante que les deux premiers tomes !

Pandemonium 1 : Nouveau venu dans la collection Latitudes (le grand format de chez Ki-oon), Pandemonium est un titre de Sho Shibamoto tout en couleur et dessiné en sens occidental. Il suit les aventures d'un chat humanoïde nommé Zipher. Ce dernier s'est rendu dans un village où vivent des sorciers afin de leur demander une faveur… Première chose que l'on remarque une fois l'ouvrage en main : l'univers graphique est sublime. Sorti au mois de novembre 2014, ce petit bijou graphique possède un jeu de couleurs automnal particulièrement travaillé. Le tout reste donc dans un ton marron/orangé qui laisse planer une certaine mélancolie sur toutes les pages de ce premier volume. Au niveau de l'histoire, l'auteur prend le temps de dérouler puisqu'il met la moitié du premier volume à nous révéler les véritables intentions du héros et ce qu'on peut dire pour l'instant, c'est qu'il insiste ! Evidemment, ce n'est pas très bien vu par les habitants du villages qui ont vraiment du mal à se faire à la présence d'un étranger parmi eux mais ce dernier n'en démord pas. On verrait presque une histoire à mi-chemin entre le conte et la bande-dessinée dans l'oeuvre de Sho Shibamoto. Il nous propose un premier volume assez tranquille avec une introduction sympathique et dont le rythme est bien maîtrisé. Plus qu'à attendre le tome 2 pour une critique en bonne et due forme.

A propos de l'auteur

Un peu fou mais passionné de manga depuis ma plus tendre enfance, je n'hésite pas à tester tout et n'importe quoi (surtout n'importe quoi en fait...).

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