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Kurosagi, livraison de cadavres

La petite tête un brin déjantée de Eiji Otsuka est à l'origine de scénario sanguinolent quelque soit le dessinateur qui l'accompagne. Sanguinolent à souhait au point de vous dégoter des manger des fruits rouges durant deux semaines. Oui, mais voilà, à force d'accumuler les bons débuts et des suites beaucoup moins glorieuses, le scénariste commence à traîner des casseroles derrière lui, laissant des oeuvres décevantes ou se dispersant trop. Le petit glauque prend une nouvelle fois forme avec Kurosagi, livraison de cadavres et cette fois-ci, ô surprise tout est... mauvais, ou presque. Eiji Otsuka a crée un Mortal Manga. Finsih him !

Le cadavre non exquis

Kurosagi
Kurosagi
Sasaki, Karatsu, Numata, Yata et Makino sont tous étudiants en 4e année dans une université bouddhiste. Ils font également partie d'une amicale un peu spéciale qui aide la police locale à ramasser des cadavres en forêt... À cette occasion, Karatsu, le dernier venu, découvre avec étonnement les compétences particulières de ses compagnons : Numata est médium et repère les cadavres grâce à son pendule, Yata communique avec les extraterrestres par l'intermédiaire de sa marionnette, Makino n'a pas son pareil pour embaumer un corps et le rendre présentable et Sasaki adore photographier les morts avant de les exposer sur Internet... Pas en reste, Karatsu avouera à ses camarades qu'il possède lui aussi un don : il peut communiquer avec les esprits défunts. L'occasion d'associer tous ces talents complémentaires pour satisfaire les dernières volontés de certains esprits et récolter, en fonction des circonstances, de singulières récompenses...

Entre deux tomes de MPD-Psycho, Eiji Otsuka a trouvé le temps de griffonner sur un bout de papier les histoires courtes composant Kurosagi. Histoires courtes sans autres intérêt que de présenter les pires horreurs aux yeux de chacun sans complaisance ni aucun attrait. C'est bien simple, le manga ne soulève pas les foules et pour cause ! Les scénarios ne font qu'effeuiller le pire des syndromes déviants (suicide, meurtre...) sans approfondir le moins du monde, rendant une pâle copie des oeuvres précédentes de la bibliographie d'Otsuka. Les personnages atteignent un degré de ridicule inimaginable avec Yata et sa marionnette connectée aux extra-terrestres, les autres peu glorieux ne pouvant se révéler que « meilleurs »... Le reste vogue dans l'a peu près raté, en restant surprenant devant la mise en scène gore des enquêtes mais profondément inintéressant et lassant sur le long terme. Les défauts des scénarios d'Otsuka sont irréversibles et se répètent de manga en manga...

La chasse aux cadavres

Avec un peu d'humour pour relever le tout, Kurosagi perd encore plus de sa dimension terrifiante et froide comme pouvait le laisser supposer celle du détective schizophrène ou fantastique avec Léviathan. Ici, le manga se cherche entre blagounettes de mauvais goût et gags risibles. Comme convenu, l'ensemble fait des morts... à la lecture. Le manga déçoit sans cesse, sans créer un rapport avec son groupe de personnages, se content de rester sur ses acquis de bases. Bref, il ne se passe rien ou presque. Désappointant, voire désopilant au second degré.

Et côté dessin, on atteint le pompon. Hosui Yamazaki profite de la notoriété du scénariste pour imposer un style graphique simple et épuré. Ou simpliste et trop épuré. Manquant cruellement de détails, créant des personnages principaux sans charisme mais très typés et fashion à tendance gothique (forcément), les chasseurs de cadavres ne présentent aucun intérêt visuel particulier. Le remplissage demeure sommaire, le découpage reste adapté au genre mais Kurosagi n'imprime pas la moindre émotion sur ce point.

La collection Senpai de Pika ne cesse de s'enfoncer toujours plus bas dans l'avilissement au point qu'il devient de plus en plus difficile de s'y intéresser. Kurosagi est l'exemple type de ce genre d'oeuvre réalisée sur la trame d'un MPD-Psycho mais qui n'en est que le fantôme papier. D'ailleurs question papier, la jaquette en papier recyclable mérite le Razzie Award de sa catégorie...

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2 commentaires

  • Anonyme

    16/07/2007 à 18h52

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    Dans l'ensemble, je suis bien d'accord !


    N'étant pas une familière de l'oeuvre d'Otsuka, c'est sans à priori que je me suis lancée dans la lecture de ce manga qu'on m'avait pourtant chaudement recommandé. Contrairement à toi, je trouvais même la jaquette attrayante. Mais... C'est consternant !


    Après un début qui aurait vaguement pu laisser croire que... et puis non. Le premier chapitre est médiocre et les autres sont pires ! Les personnages, déjà caricaturaux à la base, ne semblent pas être voués à s'épaissir au fil des tomes. Le scénario est invraissemblable, et les intrigues, toujours plus grotesques, où même l'effet horrifique et sanguinolant est désamorcé par le fait qu'on démasque le méchant en moyenne dès la première case où il apparait ! (Et pas besoin d'être Sherlock Holmes, loin de là...)


    Quand à cette avalanche de corps nus... Du fan service ? A base de cadavres désarticulés ? Quelqu'un trouve ça sexy, ici ?


    Je suis très, très perplexe...

  • Loli

    04/03/2012 à 12h34

    Répondre

    Je suis aussi d'accord sur ce sujet

    On ne m'avait pas recommandé ce manga, je l'ai trouvé par hasard. J'ai acheté les deux premiers tomes pour voir ce que ça pouvait bien donner. Ma première impression a tout d'abord été mauvaise suite à la qualité médiocre des dessins et le début de l'histoire n'était pas clair. Personnellement, j'aime assez ce manga, mais il est loin d'être un manga qui je conseillerai tellement il y a d'histoires peu intéressantes. Je suis d'accord avec Mokona pour la fin de son message, il n'y a aucune raison de mettre tout ces cadavres nus qui ne font que dégouter peu à peu les gens de l'histoire.

    Pour conclure, je dirai que ce manga peu plaire à un public très limité à cause des illustrations mediocres et de l'histoire laissant à désirer...

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