8.5/10

Lady Snowblood

Si Kill Bill était un manga, ce serait Lady Snowblood. Découvrez comment Tarantino s'est inspiré d'un manga culte pour pondre son film...

Lady Snowblood est le manga qui a inspiré Tarantino pour Kill Bill était attendu depuis longtemps cher Kana. Pour inaugurer sa collection Sensei, l'éditeur franco-belge a mis les bouchées doubles avec un titre fort signé des mains miraculeuses de Kazuo Koike (Lone Wolf & Cub, Crying Freeman). Un diptyque intense où la vengeance est le seul mot d'ordre pour une femme qui a voué sa vie à la recherche d'un quatuor démentiel ayant Sali l'honneur de sa mère jusqu'au plus profond. The Bride ressuscite sous les traits d'un personnage impassible et à la volonté de fer. Passionnant.

Uma Thurman des temps anciens

Lady Snowblood (c) Kana
Lady Snowblood (c) Kana
Vers 1870, le Japon institue ce qui sera alors considéré comme un "impôt sur la mort", à savoir la conscription de tous les hommes valides pour créer une armée puissante, symbole des nations fortes. Face à la rébellion généralisée, les autorités japonaises envoient dans les villages des recruteurs habillés de blanc. Cette couleur devient alors symbole de mort et provoque des insurrections paysannes. C'est dans ce contexte que l'époux et le fils de Sayo sont assassinés et la jeune femme emprisonnée. Par vengeance, elle décide de concevoir et donner naissance à un enfant qui deviendra son bras vengeur. Malheureusement, elle décèdera en couches en donnant la vie à... une fille : Yuki. Éduquée par un grand maître du sabre, Yuki suivra sa destinée et deviendra Lady Snowblood, une redoutable tueuse professionnelle dont le charme sera aussi dangereux que le sabre !

A la lecture du manga, on se dit que Tarantino a recyclé le titre en le pressant comme un citron tellement l'esprit de son film en deux parties s'y retrouve. Outre cette comparaison évoquée par le réalisateur lui-même, le manga est un véritable recueil d'histoires courtes dont devrait se parer un grand nombre de scénaristes nippons de la nouvelle génération, ne laissant place à aucun compromis, explorant un univers sombre autour d'un personnage féminin charismatique. la charmante Yuki cache derrière ses traits tous les symptômes d'un être blessé et débordant d'un orgueil vengeur. Derrière son visage impassible, la tueuse cache de nombreux talents et un sens inné pour les techniques au sabre. Jouant des apparences, elle se glisse partout pour attirer et exterminer tout obstacle se dressant sur sa vendetta. Son jeu préféré reste de prendre sa victime à son propre jeu. Ceux-ci sont souvent des puissants qui chutent de très haut. Affrontement diabolique, poussées d'adrénaline subites et narration malmenant le lecteur à travers l'histoire du Japon du début de l'ère Meiji sont autant d'ingrédients impressionnants qui rendent Lady Snowblood unique.

Flocons rouges

Unique et même plus car Yuki représente le plus bel exemple en date de ces grands mangas faisant référence directe aux films de samouraïs d'Akira Kurosawa ou Toshiya Fujita. On sent un contexte douloureux, une quête digne et une issue inéluctable devant se régler par le sabre. La lame purificatrice et un ensemble de stratagèmes élaborés pour parvenir à ses fins, c'est tout ce dont Yuki aura besoin pour mener à bien son but mais ces ennemis. Son insensibilité chronique rend le personnage distant et attrayant, un peu à la manière de Golgo 13. La vengeance faite femme, sorte de Lilith insoupçonnable au premier abord, se trouve incarné par une beauté fatale déterminée, allant même à user de ses charmes pour faire tourner les têtes de ces hommes à punir sévèrement. Les autres personnages ne sont présents que pour mettre en valeur Yuki et seulement Yuki.

Au trait, Kazuo Kamimura. Cela devrait suffire à résumer la qualité du manga. Lady Snowblood possède le trait d'un orfèvre, vieillot en apparence mais extrêmement précis et détaillé. Les scènes d'action sont menées avec maestria et beaucoup de charme. Le mangaka reste assez sobre sur le design du corps féminin pour un résultat mitigé. Par contre, ses personnages possèdent tous une certaine folie, Yuki la première se forçant à améliorer constamment ses talents de tueuse.

Deux gros pavés de cinq cent pages pour un titre formidable. Un titre dans l'esprit des films de samouraï mais version féminine, à la croisée de Lone Wolf & Cub et Golgo 13. Lady Snowblood se propose comme une lecture attrayant sans concession. Un manga d'une autre époque mais encore d'actualité.

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1 commentaires

  • Shingo

    24/01/2008 à 09h34

    Répondre

    Je trouve que Kill Bill c'est de la merde en barre, et symbolise clairement le declin de Tarantino (ouais car Boulevard de la Mort c'est pire).


     


    En revanche ce manga ca a l'air sympa

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