5.5/10

Lamu (Urusei Yatsura)

Quand les éditeurs n'ont plus rien à proposer, voilà qu'ils nous ressortent des anciennes séries de mangaka célèbres. L'idée est intéressante mais encore faut-il que le manga le soit aussi parce qu'il peut très vite vieillir, ainsi que le style de son auteur. Voilà donc Glénat qui nous publie Lamu, une des premières oeuvres de Rumiko Takahashi, aujourd'hui mondialement réputée grâce au succès de Maison Ikkoku (Juliette je t'aime), Ranma ½ et aujourd'hui Inu Yasha. La mangaka est passée maître dans le shônen lycéen humoristique et l'on s'aperçoit que son talent ne s'est pas fait en un jour.

Lamu
Lamu
En 1978, ses premières planches de Lamu (Urusei Yatsura en japonais) parurent dans le journal Shônen Sunday et l'on peut se demander aujourd'hui pourquoi cela a marché tant le résultat est médiocre. Lamu raconte l'histoire d'Ataru Moroboshi, un jeune lycéen qui a la particularité d'attirer les malheurs. Ainsi, un ogre extraterrestre débarque chez lui, exigeant de l'étudiant qu'il attrape Lamu, sa fille. Si ce contrat n'est pas rempli, les grands hommes à cornes conquerront la Terre. Il va évidemment réussir et la jolie ogresse voudra finalement se marier avec lui. S'ensuivent alors nombre de petites histoires inintéressantes et tout autant délirantes. Toutefois, ce constat vaut principalement pour le premier volume puisque les saynètes sont d'une bien meilleure qualité au fur et à mesure que la série progresse et alors que les premières pages ne prêtaient absolument pas à sourire, ce n'est plus le cas de la suite.

Si la série a eu du succès en premier lieu, cela n'est dû qu'à un seul facteur : Lamu et son fameux bikini tigré. Quand une fille se ballade à moitié à poil et se jette sur tout ce qui bouge durant tout le volume, cela attire forcément un certain public. Pourtant les dessins sont assez laids et grossiers, loin d'Inu Yasha ou des derniers volumes de Ranma. Il n'empêche que cela reste une sorte de Love Hina avant l'heure et que les filles dénudées représentent toujours un marché porteur. Et encore une fois, le trait s'améliore à mesure que l'histoire passe, tout comme le comportement de chacun et c'est tout le manga que se trouve tiré vers le haut.

Assez bizarrement, Lamu aurait pu être autrement séduisant. Quand on le compare à Ranma, on constate que tous les éléments et personnages y sont plus ou moins similaires. On retrouve un vieux rabougri insupportable, une fille au caractère bien trempé et même un homme qui se change en animal. L'humour reste dans la même veine, très décalé et répétitif. Mais cette fois-ci cela ne prend que rarement, Ranma étant pourtant mon manga comique préféré. Lamu est ainsi une sorte d'essai primitif de ce que Rumiko Takahashi cherchait à accomplir et seuls les collectionneurs de ses oeuvres y trouveront leur compte. Le très petit format bunko choisi par Glénat n'aidera pas non plus à accrocher.

Si vous ne connaissez pas le travail de Rumiko Takahashi, je vous conseille de commencer par lire Ranma ½. Il y a de fortes chances pour que rigoliez (et c'est encore peu dire). Lamu, qui a connu son heure de gloire en France sous sa forme animée lors de son passage au Club Dorothée, est d'un nouveau inégal. Mieux vaut ne pas regarder le premier volume, franchement mauvais, pour s'intéresser aux suivants qui sont d'une qualité tout à fait correcte.

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9 commentaires

  • Gasgarum

    03/06/2005 à 10h42

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    Tout à fait d'accord. Il faut avoir lu Ranma 1/2 avant de lire Urusei.
    C'est des dessins vieillissants et c'est un sosie de ranma 1/2.
    L'histoire est vraiment débile et inintérressante.
    Le format est trop petit et rend la lecture difficile.
    Et tout l'interré du manga n'est du qu'a Luma en bikini.
    Ceci dit, l'humour est très présant et on prend comme même un certain plaisir à lire ce manga. En fait on est mort de rire du début à la fin. Ce manga sauve donc sa fasse par des délires constants et finalement, on ne regrette pas de l'avoir acheté.

  • chris_chris

    09/08/2005 à 18h12

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    Je trouve regrétable de limiter [i]Urusei Yatsura/Lamu à un simple "ancêtre de Love Hina". Je ne nierai pas l'élément "coquin" de cette série, ce serait mentir. Mais ne pas voir ce qui tourne autour, ce qui fait la consistance même de ce manga serait faire preuve de mauvaise foi.

    Cette première "grande" série de Takahashi doit son succès à la revisitation de nombreux éléments des folklores japonais et du reste du monde. Chaque chapitre contient au minimum un clin d'oeuil à un conte, une légende, etc. le tout avec un grand sens de l'humour !

    On pourra peut-être penser qu'il n'est pas évident pour un occidental de rire de ces histoires dont il n'a jamais entendu parler... Je répondrai que tout lecteur de manga a d'ores et déjà rencontré au cours de ses lectures la plupart des légendes/monstres/traits culturels qui sont présentés dans Urusei Yatsura[/i]. Et pour les autres, l'édition de Glénat comporte suffisamment d'annotations bien amenées, qui permettent de comprendre le gag sans que l'explication ne viennent tout gacher.

    Bref, je prends le contrepied des critiques précédentes, pour moi c'est 10/10 !

  • Charon

    13/08/2005 à 16h22

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    Cest surprenant dapprendre que le manga comporte plus de défauts que de qualités alors que la première uvre de R. Takahashi mérite son succès à plus dun titre.
    Même si les planches ne sont pas au goût du jour, Urusei Yatsura/Lamu demeure une uvre originale car elle a su développer limaginaire à travers plusieurs clichés des contes et légendes, héritage de la culture japonaise. Certes, lhéroïne est présentée comme un fantasme de lhomme mais, limaginaire ne veut-il pas que les créatures de lespace soient différentes de ce que nous rencontrons ? Alors pourquoi pas une créature de rêve en bikini et dotée daptitudes spéciales !
    Quant aux autres personnages de la série, Ataru, Shinobu, Mendô et les autres, ils sont tout aussi attachants que drôles. Ils évoluent dans un croisé amoureux qui les met dans des situations impossibles et hilarantes.
    Lauteur est parvenue, par ce cocktail, à créer un univers unique en son genre que lon ne retrouve plus vraiment dans la plupart des autres mangas. Dans le manga, lhumour, élément fondamental de la série, y est très présent et cette richesse palliera aux défauts de jeunesse de l'auteur.
    Enfin, Urusei Yatsura reste une référence dans le manga car nous y retrouvons lesprit de lauteur et lintérêt à développer limagination.
    Note : 10/10

  • coccijedi

    27/09/2005 à 22h55

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    Bon, sincerement, je pense que l'auteur de la critique est passé complétement à côté de ce qui fait le réel intérêt de Urusei Yatsura.

    Se focaliser sur l'aspect "jolie fille en bikini" est une erreur,car en réalité ce qui a fait le succès de ce manga à l'époque, au Japon, c'est l'inspiration de l'auteur, puisée dans les légendes shinto.

    En effet l'existence même du peuple de Lamu fait réference aux démons ou ogres (oni), personnages très répandus dans le bestiaire traditionnel japonnais.
    Par la suite chaque histoire est prétexte à l'évocation humoristique et modernisée de toute sorte de personnages et créatures fantastiques nipponnes. De nombreux gags visent également à tourner en dérision ces croyances populaires (exorcismes etc...).

    Il est vrai qu'il peut être difficile pour le lecteur occidental d'appréhender toute cette mystique typiquement japonnaises. Mais honnêtement, comme l'a dis un autre internaute, beaucoup d'amateurs de manga ont souvent rencontré ces personnages au cours de leurs lectures et sont souvent à même de saisir le sens de la plupart de ces gags. D'autant plus que Glénat a quand même ajouté quelque (rares) notes explicatives au fil des pages.

    Pour finir, il me semble quand même difficile de comparer Urusei Yatsura aux oeuvres posterieures de Takahashi Rumiko sans un minimum de recul .
    Et affirmer que ce manga est comparable à Love Hina est plutôt surprenant , s'il fallait chercher une série de Takahashi proche de celle d'Akamatsu ce serait plutôt "Maison Ikkoku",non?

  • sondern

    06/10/2005 à 22h08

    Répondre

    Rho

    Mais c'est quoi cette critique !? S'il n'a pas pas apprécié le manga d'accord mais qu'il emploie des arguments de bonne foi : franchement le graphisme pour une débutante dans la fin des années 70 est largement plus que correcte (regardrez un peu Osamu Tezuka ).

    De plus, c'est clair que vous découvrez l'oeuvre a posteriori bien après avoir lu les autres oeuvres de la mangaka et donc vous connaissez les ficeles mais placez vous à la place d'un novbice et vous rigolerez devant les gags (parfaitrement bien rythmé) et une galerie de personnages rivalisant avec Ranma 1/2 largement.

    9/10

  • Djak

    06/10/2005 à 22h19

    Répondre

    Mais c'est quoi cette critique
    Bah c'est celle de Weird>>>c'est marqué en bas de page

    franchement le graphisme pour une débutante dans la fin des années 70 est largement plus que correcte (regardrez un peu Osamu Tezuka )

    Donc vu qu'elle est débutante à cette époque on ne doit pas la critiquer la dessus. Le graphisme de Tezuka est en outre bien plus attrayant (question de gout)

    De plus, c'est clair que vous découvrez l'oeuvre a posteriori bien après avoir lu les autres oeuvres de la mangaka et donc vous connaissez les ficeles mais placez vous à la place d'un novbice et vous rigolerez devant les gags (parfaitrement bien rythmé) et une galerie de personnages rivalisant avec Ranma 1/2 largement.


    Je vois pas pourquoi on devrais se situer dans ce contexte vu qu'il n'est pas. En outre une majorité de lecteur serait plus dans le cas de weird non?
    Après, peut être que rajouter que le manga est inventif pour tout ceux qui ne connaisse pas le style de Rumiko serait à rajouter

  • AIR

    08/03/2006 à 15h19

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    Pour toucher du doigt l'univers que décrit chris_chris, je ne saurais trop vous conseiller Urusei Yatsura 2: (Beautiful Dreamer) (1984) de Mamoru Oshii . Ce film, véritable conte onirique, vous fera oublier tous vos prejugés sur la petite extra-terrestre en bikini .

  • Anonyme

    04/06/2007 à 21h04

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    l'auteur de cet article donne biensur un avis personnel qui est loin d'etre celui que partagent de tous les fans qui ont fait le succes d' Urusei Yatsura.

    Deja reduire le succes de lamu a son bikini c'est un raccourci flagrant et peu serieux sur le sujet.

    Mais biensur pour cela il faut aimer l'univers unique, dejanté et l'humour totalement absurde de Lamu, que je n'ai pu retrouver nulle part.

    Pour moi, les trucs cucu la praline a la ranma 1/2 n'arrive pas a la cheville Urusei Yatsura, mais comme on dit, chacun ses gouts. ;o)

  • Anonyme

    18/03/2010 à 20h04

    Répondre

    Habituellement, j'aime énormement les mangas de rumiko takahashi. Pourtant, je n'ai pas accroché à Lamu. Je crois que j'ai trouvé le manga pas assez travaillé sur les personnages et les histoires sont trop répétitives.


    Dommage.

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