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Loup de Hinata (Le)

Après Peace Maker, Kami semble exploiter avec intelligence la fibre du manga de samouraï, registre florissant dans tous les genres du support papier. Et si l'éditeur continue ainsi, il risque de se retrouver avec de jolies séries à succès car Le Loup de Hinata montre des atouts intéressants pour une série du genre. Misaki Saitoh réussit son coup en nous embarquant dans une nouvelle lutte armée en exploitant les faits historiques.

Regard de loup

Le Loup de Hinata
Le Loup de Hinata
1863, plus rien ne va à Kyoto : les fiefs de Chôshû et de Doshû attaquent depuis des années la population, prétextant une punition divine... puisque selon eux, le shogunat serait infidèle à l'Empereur ! Tous ceux qui tentent de les arrêter meurent les uns après les autres. Mais le Shinsengumi, force policière spéciale composée de samouraïs et de paysans et loyale envers l'Empereur, décide alors d'aider le fief d'Aizu à arrêter ces massacres. Jusqu'au moment où ils découvrent que leur propre chef ne se bat pas réellement pour que le shogun, ni pour sauvegarder l'indépendance du pays face aux invasions étrangères... Commence alors une lutte infernale pour nos héros.

Une histoire se plaçant dans la période mettant le Japon face à l'arrivée des occidentaux, ce n'est pas bien nouveau mais ça fait toujours son petit effet ! Cette nouvelle oeuvre ne déroge pas à la règle en présentant des samouraïs prêts à défendre l'honneur national (Samuraï Rising), dans une époque en plein changement (Au Temps de Botchan, Samuraï Champloo) et faisant partie du Shinsengumi (Peace Maker justement). Les similitudes avec le dernier manga cité ne manque pas, notamment au niveau de l'état d'esprit. Les amateurs de l'un trouveront leur compte dans le second, et réciproquement. Dans Le Loup de Hinata, c'est une intrigue d'un complot à long terme qui se trame et au travers duquel une bande de héros tentera de débusquer les ficelles tirées par quelques traîtres. Le contexte aide à dégager une tension palpable dès les premières pages, même si une pointe d'humour s'immisce de temps à autre. Le calme avant la tempête...

Mort au traître

Le portrait du personnage principal est ambigu, d'une faible constitution mais avec le respect dû au chef de guerre, un physique mal défini entre la beauté féminine et la dureté masculine. Une sorte de bishônen avant l'heure. Malgré sa relative jeunesse, Toshizô Hijikata apparaît comme un être intelligent, prêt à défendre l'honneur de son clan sans avoir froid aux yeux. Dans Le Loup de Hinata, ce n'est pas tant le sabre mais les paroles qui font mouche et les dialogues apportent beaucoup à l'intrigue grâce à une bonne narration. Comme dans Peace Maker, le rôle des Mibu se retrouve au centre de toutes les attentions. Et comme Misaki Saitoh mène son intrigue avec pas mal de réussite, la suite n'en demeure que plus intéressante.

Le dessin de la mangaka est plus abouti que celui de Peace Maker avec néanmoins pas mal de similitudes en ce qui concerne les représentations historiques. Le trait est fin et l'ensemble graphique prenant pour admirer à sa juste valeur des personnages possèdent ce côté à mi-chemin entre tradition de la tenue et des traits et modernité des comportements. Du coup, Le Loup de Hinata se révèle comme une addiction sympathique, loin des must en la matière que représentent Lone Wolf & Cub pour l'époque traité.

Kami nous offre une parution intéressante qui se classe directement comme un manga sympathique à lire qui - même si tout n'est pas parfait - laisse suffisamment de bons moments pour connaître une suite qui devrait rapidement s'enflammer.

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