4.5/10

Love I.N.C

Pas assez mûr, mon fils. Mais les auteurs ont du talent. Il manque seulement un peu de maîtrise et un peu plus d'identité.

Love I.n.c est français. La nationalité de ses créateurs transpire de toutes les pages de ce premier volume. Impossible de le confondre avec un manga pure souche. Mais ce n'est pas un mal, bien au contraire. Si le style manque encore un peu de maturité (nous y reviendrons), on peut sentir la volonté des deux auteurs dans chaque planche. Et si le dessin est très fortement marqué par la tradition franco-belge, le découpage des pages et le dynamisme de l'ensemble sont empruntés aux bandes dessinées nippones. Les auteurs ont tenté de prendre le meilleur des deux mondes pour créer une identité à ce manfra. Malheureusement, l'ensemble manque de maîtrise, de maturité, et donne parfois l'impression d'un amateurisme certain. Le trait est maîtrisé, très propre, mais les attitudes sont bien souvent raides et les visages figés dans des expressions "différentes". Les proportions ont également tendance à varier un peu, et certains personnages ressemblent plus à des vieux du WWE (World Wrestling Entertainment - la fédération américaine de Catch) qu'à des directeurs d'école.

Love I.N.C
Love I.N.C
Love I.N.C
ne signifie par Love Incorporated comme on pourrait le croire, mais Love Institut National de Commerce. L'INC, c'est la plus prestigieuse (et la plus fictive) des écoles de commerces françaises. Une école qui réunit l'élite de la crème du gratin... et un paysan. Débarqué on ne sait comment dans l'école, il est là pour apprendre de quoi sauver l'exploitation vinicole familiale. Fan de la soupe au chou, il espère pouvoir intégrer IN'CINEMA la très prestigieuse association de cinéma de l'école. Et comme toute association étudiante un tant soit peu hype, c'est avant tout un lieu où il faut être fêtard, beau gosse, superficiel et riche pour pouvoir y entrer. Inutile de préciser que notre rigolo de service n'est pas pris. Il ne sera d'ailleurs pris dans aucune association, si ce n'est PTT'INC, un obscur club de 4 personnes faisant de la musique très (trop) expérimentale. Et pour leur malheur, il semblerait que l'école veuille du mal à cette association. Et dans le cas présent, "du mal" = "voir fermer".

L'affaire commence pourtant bien. En dépit de quelques fautes graphiques, l'idée est assez neuve. La caricature des écoles françaises, très fantasmée, est excellente. L'idée est poussée jusque dans ses derniers retranchements mais on prend un vrai plaisir à découvrir ces soirées et ces WE d'intégration pas comme les autres. Ajoutez à cela des références débiles, comme le titre (Assoces Wars : l'attaque des clowns) ou encore Marcel Bovin, moustachu écologiste de la coordination des gentils sympas contre les méchants capitalistes. Malheureusement, tout cela ne dure qu'un temps. Le premier chapitre pour être précis. Au delà, on vire dans le manga classique. On pense à Tenjou Tenge en lisant ce manfra tant les associations semblent similaires. Si on ne se bat pas à coup de point, on a tout le même droit à des duels et à des nombreux bras de fer entre les différends groupes d'influence. Les clubs, qui paraissaient n'être qu'une caricature virent au délire ésotérique, avec un président de BDE qui roule en limousine et que personne ne connaît et des membres, toujours à l'école, qui semblent avoir dépassé la date de validité de leur dernière carte 12-25 depuis longtemps. L'humour gentiment débile des premières pages laisse la place au comique japonais, à base de SD, de déguisements, de situations improbables et de quiproquos acadabrantesques... Dommage.

Chose amusante, aucun fan service ne pointe le bout de son nez. Les formes féminines sont mises en valeur dans un esprit très potache, sans aucune subtilité. Tout simplement parfait pour la série qui ne s'encombre pas de tous les codes du manga.

En l'état, on ne peut pas dire que ce premier tome soit un chef d'oeuvre. Il s'agit en revanche d'une bonne idée qui pourrait se revéler très plaisante à lire au fur et à mesure que le style des auteurs s'affirme. Une série à suivre d'un oeil distrait, au cas où...
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