7/10

Magara

Avec C, Doki-Doki tenait sûrement l'un des meilleurs titres de son catalogue avec Le Cortège des Cent Démons. Tout naturellement, l'éditeur nous propose une deuxième de Yûko Osada pour un public plus adulte, Magara. L'univers cyberpunk régnant dans le manga s'intègre totalement comme un hommage à Akira avec un trait rappelant d'autres travaux. Le résultat est honorable et mérite d'être lu.

Jailhouse rock

Magara
Magara
Dans un univers en décrépitude où des travailleurs forcés sont traités comme des esclaves par des forces de l'ordre despotiques au service d'un pouvoir tyrannique, un groupe de jeunes décide de se rebeller contre le destin qui lui est imposé. Bandes rivales, courses en moto, complot gouvernemental... pour découvrir des secrets bien gardés.

Imaginez les pires racailles et leurs descendances regroupés dans une seule et même unique ville-prison avec ses propres lois, sa propre milice et ses violences perpétuelles, vous aurez alors une idée plus précise de Magara. Kôsei est une tête brûlée s'illustrant par ses cabrioles à deux roues, défiant les gangs voisins par jeu jusqu'au jour où tout va déborder et ressasser un visage qui le hante de puis son enfance. Dès lors, le manga devient haletant pour suivre une aventure bien rythmée, aux transitions parfois un peu trop rapides mais joyeusement emmené par un groupe d'adolescents n'ayant peur de rien ni de personne. Amusant sur le principe, Magara développe un dénouement inattendu par la suite, mettant face à face une guérilla urbaine démesurée et explosive. Un peu comme dans C, le mangaka fait preuve d'un dénouement express pour conclure en queue de poisson une intrigue qui était parvenue à charmer.

Prison d'hommes

Que des hommes. Aucune femme. Et de l'action à gogo. En dehors de la convention habituelle introduisant le personnage féminin aux formes généreuses et au charisme quelconque, Magara reste pur et dur, faisant gicler le sang et voler les dents sans coup férir. Mais au-delà de l'aspect action de base, l'aventure et le destin de la cité elle-même est intéressant. La prison serait-elle le dernier lieu de vie de l'espèce humaine ? Qu'est-il arrivé à ce monde ? Le lecteur connaîtra (presque) toutes les réponses à ces questions au rythme sans faille.

L'auteur change de registre et abandonne son dessin shônen tout en gardant ses caractéristiques de découpage multipliant les cases et avec un grand nombre détail. C'est le trait lui-même qui change, moins épais et beaucoup plus hésitant, ça ressemblerait presque à du Taiyou Matsumoto (Number 5) ou du Nie Jun (My Street) en moins « brut ». Le dessin est quand même réalisé pour plaire au plus grand nombre et montre un potentiel déjà entrevu dans l'oeuvre précédente pour des manga d'action et aventure plutôt plaisants à lire.

A noter que la fin prématurée de l'oeuvre est compensé par plusieurs histoires courtes de quelques pages. Magara peut prétendre à une très bonne place dans le catalogue Doki-Doki qui offre un one-shot d'action convenable avec les ficelles déjà présentes dans C soit un dénouement ultra rapide et bien rythmé. Les amateurs y trouveront leur compte.

A découvrir

Kurozakuro

Partager cet article

A propos de l'auteur

0 commentaires

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Chez Krinein Manga et animes, c'est la culture japonaise qui est mise à l'honneur grâce à des critiques de shonen, shojo et autres termes bien connus des vrais fans. Toi même tu sais.

Rubriques