5/10

Le Manifeste du parti communiste


Un peu trop de jaune...
Bill, Frank et Simon sont trois ouvriers d'une usine dans une petite ville de Russie. Les conditions de travail sont de plus en plus dures : le temps en usine augmente de jour en jour et le maître des lieux impose des quotas draconiens. Plus personne dans l'usine n'arrive à tenir le rythme et bientôt, les premières fatigues commencent à se faire sentir. C'est sans compter l'intervention de Normann, roublard qui se cache parmi les riches, mais qui commence à regrouper les travailleurs en syndicats. Son but est simple : renverser les riches capitalistes, pour créer une ville avec un système où les richesses seraient réparties équitablement entre les habitants de la vie. Petit à petit, et grâce au support de Bruno, les travailleurs réussissent à s'émanciper pour créer la ville d'Utopia, sorte de modèle du socialisme exacerbé à son maximum, pour devenir une véritable vitrine du communisme. Malheureusement, les intentions de Bruno ne sont pas aussi pures que ce qu'il laisse entendre. C'est dans la douleur que ces derniers vont essayer de défendre leurs idéaux...

Ce nouveau titre de la collection classique de Soleil (Guerre et Paix) nous amène sur les traces d'un thème plutôt intéressant : la base des idées communistes. Même si l'idée de départ n'est pas mauvaise, je ne suis pas sûr que l'on obtienne le résultat escompté. Je m'explique. La volonté didactique derrière la collection est bien respectée, via la narration encadrée par Marx et Engels en personne, qui reviennent de temps en temps pour expliquer ce qui se passe et critiquer les actions des personnages. Mais malgré ça, on ne retrouve pas vraiment d'idée profonde, c'est à dire que cette façon qu'a le communisme de créer des syndicats et de partager les richesses, tout le monde en a entendu parler. On aurait aimé un peu plus de détails (un tout petit peu plus), histoire de ne pas rester sur des préjugés communs à tous. Je dis préjugés, je pourrais même aller jusqu'à idées reçues puisque c'est bien ce qu'il y a dans ces 192 pages que constituent le volume. On retrouve le défenseur de la veuve et de l'orphelin (et même du vieillard tiens !) qui se pose en victime des riches capitalistes. Les miséreux contre les riches, les gentils contre les méchants... cela reste beaucoup trop manichéen et ciblé. Il n'y a pas de valeur ajoutée et on reste dans le superficiel (un peu comme dans toutes les autres oeuvres de cette collection classique d'ailleurs...), chose qui peine à convaincre le lecteur.

Le dessin n'est pas fameux non plus et, même si je dois avouer que j'aime beaucoup la façon dont Marx et Engels sont représentés, le chara-design général et les décors ne sont pas très recherchés et font très très sommaires... On a presque l'impression que le dessin a tout juste été "vite expédié", sans travail de recherche véritable auparavant... Le trait fait d'ailleurs très occidental pour un manga, ce qui renforce l'impression que l'on a un travail qui tire un peu vers le bâclé. Le titre est sauvé par une seule chose : il se lit vite et on ne s'ennuie pas trop pendant la lecture. Même s'il y a peu d'événements, ceux-ci s'enchaînent rapidement et logiquement, et le lecteur n'a pas de mal à suivre l'action, malgré les sauts réguliers dans le temps. Cependant, ce petit point positif ne sauve pas Le Manifeste du parti communiste qui restera, comme les autres sorties de cette collection classique, très anecdotique.

A découvrir

One Piece Strong World

Partager cet article
A voir

Waltz T.1

A propos de l'auteur

Un peu fou mais passionné de manga depuis ma plus tendre enfance, je n'hésite pas à tester tout et n'importe quoi (surtout n'importe quoi en fait...).

0 commentaires

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Chez Krinein Manga et animes, c'est la culture japonaise qui est mise à l'honneur grâce à des critiques de shonen, shojo et autres termes bien connus des vrais fans. Toi même tu sais.

Rubriques