8/10

maria T.1


Une patte graphique forte.
Avec Maria, l'histoire d'une adolescente dans le Japon des années 70, le maître Kazuo Kamimura s'attaque aux tabous de son époque. L'excellence de sa mise en scène, l'élégance de son trait, servent à merveille une écriture percutante, sans concession. Comme avec Lorsque nous vivions ensemble, et à l'image de la nouvelle vague, Kazuo Kamimura bouscule la société nippone et fait souffler un vent nouveau sur le manga. Peut-être le plus sulfureux des titres de Kamimura...

La première chose que l'on remarque quand on ouvre ce premier tome de maria, c'est le trait de l'auteur. Sa patte graphique vraiment particulière, je l'avais déjà beaucoup appréciée dans Lady Snowblood ou encore Le Fleuve Shinano et c'est donc avec plaisir que je la retrouve mise au service d'un thème assez similaire à celui de ce dernier titre. C'est encore une fois les amours qui sont mises à l'honneur et il faut avouer que c'est fait de bien belle manière. Point de vulgarité mais un peu de violence tout de même. Certaines scènes sont vraiment très fortes et j'en prends pour preuve celle où Kirito entaille les cordages du pont de singe qui joint sa maison et le temple qui la jouxte pour que sa mère aveugle ne survive pas à son prochain passage.

Kana ne se moque pas de ses lecteurs quand il parle de titre sulfureux. Le tome que l'on a sous la main regorge de relations en tout genre : hétérosexuelles, homosexuelles, incestueuses... Kamimura ne s'accorde aucun tabou et explore tout ce qu'il y a à explorer. N'est montré que ce qui est nécessaire donc ne vous attendez pas à du hentaï. Même pendant la petite "fête" organisée par les lesbiennes, lorsque leur professeur est attachée, on reste dans des choses visuellement acceptables. Ce sont surtout les idées derrière certaines scènes qui sont difficiles à concevoir. Cependant, ce n'est pas pour autant que la mise en scène est bâclée, loin de là. Kamimura nous propose quelque chose qui est parfaitement au point.

Avec maria, il y aura probablement deux écoles : ceux qui aiment et ceux qui détestent. Je penche plutôt vers la première catégorie. Les images utilisées par l'auteur sont vraiment très travaillées et la façon dont il utilise les chansons du folklore japonais rend le tout très onirique, faisant de son oeuvre une gigantesque métaphore. Ce dont on a l'impression, c'est qu'il sait où il va et tout ce qu'on demande, c'est qu'il nous y amène.

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A propos de l'auteur

Un peu fou mais passionné de manga depuis ma plus tendre enfance, je n'hésite pas à tester tout et n'importe quoi (surtout n'importe quoi en fait...).

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