5.5/10

Marmalade Boy

"Je me suis jamais autant ennuyé en lisant un manga". Cette citation un peu censurée sur les bords n'est pas de moi mais d'un membre de la gente masculine, comme l'indique ici le participe passé (oui, cette critique a aussi pour but de vous faire réviser votre français tiens !). Comme quoi, la compréhension entre les deux sexes, ça ne passera décidément pas par les mangas. Car allez demander l'avis à une jeune fille sur le fameux titre et elle vous répondra à l'inverse : "Marmalade Boy, c'est le meilleur shôjo de tous les temps!". Comme quoi...

Marmalade Boy
Marmalade Boy
Wataru Yoshizumi aime bien les titres à consonance anglo-saxonne, et tant pis si ça n'a (presque) aucun rapport avec le sujet, du moment que ça sonne bien. Avant d'être l'histoire d'un garçon confiture (ça se mange ça ? c'est comestible ?), Marmalade Boy, c'est d'abord l'aventure (enfin, façon de parler !) d'une adolescente pleurnicheuse. Qui va taper méchamment du pied, lorsqu'un beau jour, elle apprend de but en blanc que ses chers parents vont divorcer. Gros traumatisme pour notre jolie Miki ! Mais comme si ça ne suffisait pas, les parents en rajoutent une couche en voulant procéder à une sorte d'échangisme avec un autre couple, des copains de leur dernier séjour à Hawaï, apparemment. Les couples brisés en formeront donc deux nouveaux. Bizarre, n'est-ce pas ? Et comme il ne faut jamais contrarier une héroïne shôjo de moins de seize ans, Miki va très très mal le supporter. Heureusement, une solution à l'amiable va être envisagée lors d'un dîner où tout ce gratin va se rencontrer officiellement. D'un côté la famille de Miki, les Koishikawa et de l'autre, les méchants envahisseurs, les Matsuura. Petite compensation : la famille adverse a un fils, du même âge bien sûr que Miki. C'est peut-être grâce à lui que Miki va réussir à accepter de déménager, afin que les deux familles vivent ensemble, les nouveaux couples avec les anciens. Une idée aussi bizarre que malsaine qui ne dérangera plus tant que ça notre jeune héroïne puisqu'elle ne tardera pas à tomber sous le charme du mystérieux Yuu, le fameux "marmalade boy". Nous voilà partis pour des tribulations amoureuses sucrées, collantes et caloriques qui dureront pas moins de huit volumes. Miam !

Au Japon, on dit que les friandises et mets sucrés, c'est réservé aux filles, et uniquement aux filles. Et de toute façon, rien qu'à la lecture du titre, n'importe quel garçon avisé devinerait qu'il ne fait pas partie du public ciblé. En effet, Marmalade Boy c'est du shôjo bien gras et dégoulinant d'eau de rose, une recette comme on les aime, nous les filles (enfin, presque toutes hein !). On peut se demander quelle est la raison du succès de ce manga, sachant que Marmalade Boy exploite les filons habituels du genre shôjo : personnages stéréotypés, triangle amoureux, longueurs interminables, scénario creux, drames futiles... et j'en passe. Pourtant, ce sont justement ces ingrédients douteux qui font glapir les filles et fuir le malheureux public masculin. Un mystère de plus qui n'est pas prêt d'être résolu...

Durant les huit longs volumes de Marmalade Boy, Wataru Yoshizumi a eu le temps d'améliorer quelque peu son style, et heureusement car les premiers volumes nous dévoile un coup de crayon défraîchi qui a mal vieilli avec les années. La mangaka possède en effet un style graphique très simple et frais mais sans aucune profondeur, ce qui fait qu'on a l'impression parfois que tous ses personnages se ressemblent, cela se confirmera d'ailleurs dans ses oeuvres suivantes. Elle n'innove pas et se contente de ce qu'elle fait déjà, on ne remarquera donc aucune évolution marquante dans son dessin ni une recherche d'originalité, pourquoi le ferait-elle d'ailleurs puisque son travail se vend parfaitement bien ainsi ? Glénat, l'éditeur français effectue ici un travail très correct pour ce shôjo qui venait à l'époque embellir son catalogue un peu maigre dans le genre. La traduction est efficace et l'adaptation sans défaut, les pages sont toujours aussi blanches, seul petit bémol pour les puristes : le sens de lecture est français, ce qui dénature un peu l'authenticité du travail de la mangaka.

Vous l'aurez compris, Marmalade Boy est un shôjo édulcoré, mielleux, guimauve et répond parfaitement aux exigences du public féminin ciblé. On peut même le mentionner comme un classique du genre shôjo classé dans la très prolifique catégorie gnan-gnan. Mais le risque avec ce genre de mangas, c'est à force d'en consommer, on risque bien d'en être dégoûté...

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2 commentaires

  • Anonyme

    22/10/2008 à 23h37

    Répondre

    Eh bien moi je pense que cest un merveilleux manga je l'adore c'est un de meilleur(selon moi!!!)

  • Anonyme

    26/05/2009 à 11h08

    Répondre

    J'ai adoré aussi.

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