5.5/10

Metal Brain 109

Qu'il était le bon temps du précurseur Astro Boy, du fabuleux Akira, du somptueux Gunnm, du philosophique Ghost in the Shell, le manga d'anticipation japonais a connu un âge d'or qui se perpétue encore. Aujourd'hui, c'est au tour de la Corée de faire paraître ces titres et de présenter le meilleur d'elle-même. Parmi les parutions françaises, très peu ont convaincus jusqu'alors et ce ne sera pas Metal Brain 109 qui changera la donne avec son ton caricatural. Et cette demi réussite est due à Kim Jun Bum.

« Penser, espérer et agir... ils n'aspirent qu'à une vraie vie »

Metal Brain 109
Metal Brain 109
Ils étaient une famille, ils étaient unis, ils seront désormais ennemis, plus rien ne sera jamais comme avant pour Cher, Gun et MX-16. Et dire que cette journée avait si bien commencé... Alors que tous trois profitent d'une fête foraine, l'incident survient, le front de libération des cyborgs, le Metal Brain, déclenche une fusillade les opposant aux humains. Le sort est vite réglé mais cher est tuée laissant derrière elle un enfant et un mari. La haine contre les cyborgs augmente mais pour le bien de son fils, MX-16 décide de ressusciter sa femme... sous forme robotique. Rien n'est plus comme avant surtout que les incidents se multiplient, les cyborgs diabolisés, conséquence irrémédiable : la peur grimpe, la confiance n'existe plus, le couple s'effrite et le charismatique Damos en profite pour rassembler tous les robots en vue d'une guerre inévitable...

Metal Brain 109 possède un sérieux problème : un scénario déjà abordé mille et une fois au point qu'après la lecture de quelques pages, on devine forcément l'enchaînement que le manhwaga compte nous imposer. A peu de choses près, nous revoici dans une opposition claire et nette entre humains et robots sans véritablement beaucoup de surprises. Outre le scénario principal qui met peu de temps à se mettre en place avec son thème de tolérance, le fil rouge prend la forme d'une lutte entre amour et haine familiale opposant la cyborg Cher au membre de la police d'élite MX-16, et au beau milieu leur fils Gun qui ne peut prendre parti. C'était sûrement le point le plus intéressant du manga mais il est traité assez sommairement et sans vraiment de conviction de la part de Kim Jun Bum qui ressasse les mêmes phrases à travers ses personnages : une mère obnubilé par son fils, un mari haineux contre sa femme, un fils pleurant sa mère. Les trois personnages principaux lassent et on se tourne alors vers Damos, fier, froid et surtout très réussi, dommage qu'il n'apparaisse pas plus souvent.

De métal et de chair

Metal Brain 109 est donc un mélange bâtard des références citées précédemment qui ne donne pas forcément un résultat convaincant. Moins qu'un mélange, c'est plus un ersatz pour le public en manque d'aventures mais il possède un certain nombre de qualités qui compense le scénario déficient. Le manhwaga expose une dualité dans son trait à la fois précis pour le mecha design en rendant de superbes planches mais aussi un dessin banal, voire raté, pour le chara design. La combinaison comprenant trait fin et SD et trait plein donne une impression désagréable banalisant l'ambiance qui passe du sombre au lumineux sans autre explication qu'une blagounette, plutôt réussies dans l'ensemble. Mais s'il y a de l'humour, c'est toujours pour en revenir au même problème, le scénario trop découpé qui nous présente trop de personnages inutiles, trop de passages pour rire et insuffisamment d'action. Progressivement, le manhwaga redresse la barre et donne à Metal Brain 109 une moyenne tout juste acceptable pour un total de trois volumes. Passons sur la non fin...

Le problème de Kim Jun Bum est qu'à force de présenter les deux camps sur un rythme décousu, le manhwaga ne prend pas parti et on n'arrive pas à s'attacher aux héros. Difficile de rendre passionnant ce qui ne pouvait pas l'être plus vu que l'histoire n'est ni vraiment originale ni vraiment bien narrée. Tout juste moyen pour le message qu'il essaye de transmettre Metal Brain 109 reste un manhwa qui sert à compenser son manque de Gunnm Last Order.

A découvrir

Roi Léo (Le)

Partager cet article
A voir

Real

A propos de l'auteur

0 commentaires

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Chez Krinein Manga et animes, c'est la culture japonaise qui est mise à l'honneur grâce à des critiques de shonen, shojo et autres termes bien connus des vrais fans. Toi même tu sais.

Rubriques