7/10

Millennium Actress

Le premier amour est marquant à vie. D'ailleurs, cette passion peut se décupler en fonction du degré de romantisme de la personne concernée. Les excès de joie dus à la remémoration de ses souvenirs peuvent devenir nombreux, tout autant que ses moments de déception. A partir de là, une seule rencontre de quelques heures, aussi marquante soit-elle, est-elle propice à démarrer un amour de toute une vie ? Et cette vie vouée à la recherche d'un amour entr'aperçu est-elle une vie gâchée ? Ce sont en tout cas les principaux thèmes abordés par Millennium Actress en surfant sur une vague narrative qui mêle fiction et réalité tout à fait charmante.

« Au-delà de la raison, il y a l'amour »

Chiyoko Fujiwara est une ancienne actrice qui a tourné dans les plus grandes productions japonaises jusqu'à être considérée comme l'étoile dominante du cinéma de l'archipel entre les années 1930 et 1970. Cependant, elle s'est retirée pour de motifs restants à déterminer alors qu'elle était au sommet de son art. Elle vit depuis trente longues années en ermite... Le documentaire que voudrait réaliser Genya Tachibana et son caméraman permettrait de faire étalage de cette vie passionnante d'actrice qui a joué quelques uns des plus beaux rôles de son époque mais surtout de lever le voile du mystère de son départ anticipé à une douce retraite. Un pendentif retrouvé par Tachibana va provoquer une émotion forte chez la vieille femme, celui-ci étant à l'origine de son premier et unique amour... Fleur bleue, elle se rappelle alors sa vie consacrée au cinéma, sa deuxième passion, derrière la poursuite de cet homme dont elle se remémore à peine le visage.

Millenium Actress aurait pu être un mélo de plus parmi tant d'autres car si le scénario n'est pas franchement novateur, il a le mérite d'être efficace. Pourtant ce qui retient l'attention est le passage sans transition notable entre réel et fiction au cours du déroulement de l'histoire. Chiyoko commence sa carrière sous le régime propagandiste japonais donc ses premiers rôles sont fortement empruntés d'un nationalisme marqué... mais peu à peu ses rôles vont se diversifier en remontant toutes les époques et les genres des films caractéristiques du cinéma japonais (d'époque, science fiction, fantastique). D'une scène à l'autre, les coupures sont surprenantes et mettent en place des moments qui collent parfaitement à la quête poursuivie par l'héroïne. De plus, Millennium Actress se distingue une fois encore d'un traditionnel mélo par l'introduction d'un humour particulièrement caustique dans lequel le couple de reporters prend une grande place.

Hommage au cinéma japonais

Satoshi Kon, le réalisateur de Perfect Blue reprend les mêmes éléments qui ont fait le succès de son précédent film et c'est avec encore plus de rigueur que son application s'exprime. Le modèle d'animation de son oeuvre antérieure était déjà un petit morceau de son talent de mise en scène même si quelques défauts apparaissaient... ici, ils sont gommés. Dans Millennium Actress, l'action suit un schéma constant entre jeu d'acteur souvent dans des comédies romantiques ayant pour but de montrer l'évolution de la relation de Chiyoko avec son homme mystère.

Parallèlement, on suit les moments de vie dédiés à l'accumulation de renseignements sur le chemin emprunté par cet homme. Le sens du détail est encore plus poussé avec une recherche travaillée en ce qui concerne les différents époques traversées par les rôles de Chiyoko, passant de fresque médiévale à film de guerre voué à la propagande sans oublier le cinéma d'anticipation. La scène de dénouement est sans doute la plus intense du film surtout qu'elle est servie par une superbe OST... à cet instant car sinon les différentes musiques sont bien discrètes.

MA reste pourtant un poil moins prenant que Pefect Blue, certainement à cause de son sujet moins intensif au niveau de l'action. Moins de suspense mais une réalisation impeccable une nouvelle fois permettent à Satoshi Kon de s'illustrer dans un nouveau genre qui réjouira toutes les âmes en peine.

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2 commentaires

  • juro

    15/04/2005 à 14h04

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    Sortie DVD il y a quelques jours, le film le moins connu de Satoshi Kon reste à découvrir.

  • Anonyme

    17/01/2012 à 12h34

    Répondre

    7/10 ?
    Moins bien noté que Perfect Blue ? Parcequ'il y n'y a pas d'action ?
    Tu as quel âge Juro ? Retourne lire Dragon Ball Z si tu n'es pas capable d'apprécier ce chef d'oeuvre du CINEMA.

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