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Miss 130

L'un des premiers hentai publié en Europe

Chiyoji est l'un des premiers mangakas édités en Europe, et ce, dès les années 80. A ce titre, il mérite que l'on s'y intéresse, mais au-delà de l'aspect historique, il est vrai qu'il a beaucoup de faiblesses.


Une censure par le vide

 

L'héroïne, Reiko, est toujours la même mais placée dans des contextes différents dans chacune des quinze historiettes qui composent ce présent ouvrage. Son aspect physique est cependant conservé ainsi que le fantasme de la femme mûre, marié à un homme ayant tendance à la délaisser et contrainte de trouver son plaisir ailleurs. L'aspect physique majeur est d'ailleurs précisé dès le titre, on se doute tous que le 130 ne correspond pas à son QI.

Ce qu'il y  de plus intéressant est sans doute l'évolution de la censure dont on peut faire la lecture à travers l'album. En effet, dans les premières historiettes, on ne voit aucun sexe, aucune pénétration, les organes génitaux étant simplement laissés en blanc. Comme si un coup de gomme malencontreux avait été donné. Et puis le trait s'affine, les pénis prennent consistance, et grossissent d'ailleurs au fur et à mesure tandis que les vulves dégoulinantes s'ouvrent de plus en plus. On voit même des poils…
Un dessin de plus en plus frénétique

 

Le dessin est donc ce qu'il y a de plus important dans son évolution et il faut reconnaitre qu'il se suffit à lui-même, Chiyoji ayant un véritable talent pour dessiner les corps en rut. Dans des positions improbables, les corps exultent, suants, dégoulinants, insatiables. Dans un dessin frénétique saturé d'onomatopées, avec des étoiles qui dansent au-dessus des personnages, Reiko est la parfaite illustration de la femme enfermée dans son quotidien qui lorsqu'elle grimpe aux rideaux fait vibrer les fondations. Au-delà du rythme donné par le dessin lui-même, l'auteur n'hésite pas à mettre en avant la chair. L'héroïne porte ses « défauts » sans complexe, comme un pli disgracieux des cuisses pour en faire une arme de séduction à même de plaire au lecteur. N'empruntant pas aux codes formatés de la bande dessinée traditionnelle, cette girl next door de quarante ans s'inscrit d'autant plus dans une réalité fantasmatique.

Miss 130 vaut surtout pour son caractère historique mais aussi pour son rythme touffu, ce joyeux maelström de sexe débridé. On ne s'arrêtera pas aux histoires, qui bien que parfois intéressantes comme la mère de famille qui couche avec le directeur de la crèche pour que sa fille y ait une place, ne sont que prétextes. Mais les scènes de sexe sont réussies et comme Le prince du manga du même auteur, donnent une approche intéressante du genre. 

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