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Miyamoto Musashi

Shotaro Ishinomori est un mangaka plein de ressources car il sait rebondir sur un sujet maintes fois traité pour nous offrir un seinen somptueux sur la vie de Miyamoto Musashi.

Miyamoto Musashi (à ne pas confondre avec Mushishi) demeure le samouraï phare de l'histoire japonaise par son mode de pensée et son talent au sabre. Sa vie entière consacrée à la recherche de la perfection s'est déjà vu transposé sous tous les formats. Akira Kurosawa s'y est attaqué à travers sa filmographie. Pour ce qui concerne le manga, des auteurs de toute sorte et de toute époque s'y sont attaqués, comme Stan Sakai (Usagi Yojimbo) ou Takehiko Inoue (Vagabond), même Tezuka y fait référence ! La vie de Miyamoto Musashi est un bon sujet à exploiter car les rebondissements y sont nombreux orchestrés à la manière d'un véritable roman avec une intensité chronique dans les combats intervenant sans cesse face à des adversaires marquants aussi bien par leur style que par leur personnalité propre à l'état d'esprit de leur école. Mais cette fois-ci, c'est au tour de Shotaro Ishinomori de s'attaquer à relater la vie de Musashi sous la forme d'un one-shot sorti sous le label Sensei de Kana. Et pour ne rien vous cacher, c'est une petite merveille.

La voie du sabre

Miyamoto Musashi
Miyamoto Musashi
Takezô du village Miyamoto, adolescent frondeur, est déjà très bon au sabre.
Lui et sa sœur Ogin souffrent beaucoup lorsque leur père, un redoutable guerrier assez violent, renvoie sa femme dans son village natal et leur impose une nouvelle mère.
Tout bascule au moment où le père décède accidentellement et que la belle mère disparaît laissant les deux adolescents livrés à eux-mêmes. Takezô doit défendre sa sœur contre des hommes trop entreprenants et les tue. Il n'a d'autre choix que de quitter son village !
Quelques années plus tard, il réapparaît sous le nom de Miyamoto Musashi. Tout comme son père, il est devenu un guerrier, mais un rônin, un samouraï sans maître, qui s'applique chaque jour à progresser dans la "Voie du Sabre". Plus qu'un art martial, il s'agit d'une philosophie, une sagesse, le cheminement de toute une vie et qui ne doit pas s'éteindre avec lui…

Aucun nippon ne s'en cache, la vie de Miyamoto Musashi se révèle être un véritable parcours du combattant. Et si les visions différent, celle d'Ishinomori se révèle être la plus fidèle à celle de l'originale parue jusqu'à aujourd'hui. Là où Sakai proposait juste un divertissement et Inoue revisitait l'histoire de manière personnelle, l'oeuvre éponyme démontre les grandes étapes de la quête de savoir du rônin. A la manière d'Osamu Tezuka, l'auteur crée des ellipses temporelles importantes pour se concentrer sur un dénouement rapide, rythmé et frénétique. Mais ce n'est pas la seule ressemblance avec le travail de Tezuka avec un graphisme rond, expressif, multipliant les petites cases montrant des personnages travaillés en détail. Ishinomori est un auteur prolifique, auteur de séries comme Cyborg 009 ou Kamen Rider, est son sens de la mise en scène fait alors merveille pour développer cette histoire sous les aspects les plus formidables qu'elle possède, mettant en relation la vie de Musashi avec une recherche de la perfection quand Inoue cherchait la force brutale. Toutes les étapes de cette épopée fantastique prennent un sens à travers cinq livres, reflets des écritures du rônin dans lesquels il philosophe sur son but ultime : ne faire plus qu'avec son sabre pour être en harmonie. Excepté quelques longueurs sur certains passages, le seinen se montre excellent.

Duels à Edo

Une histoire d'amour au long cours, de multiples duels, des leçons tactiques et les réflexions perpétuelles de Musashi composent ce one-shot. le temps de s'ennuyer, Ishinomori nous délecte de son art à tout point de vue. Les personnages prennent allure et un univers complet et formidable s'installe alors mettant en place un nombre incroybale de situations dramatiques desquels le protagoniste ressort grandi, tirant une leçon de chaque événement, apprenant à canaliser sa rage et ses différents défauts pour devenir une sorte de sabreur accompli. L'essentiel du manga se concentre sur la personnalité complexe de cet homme insoupçonnable de persévérance au premier abord mais qui se révélera un être passionnant à suivre tout au long de ses pérégrinations à travers le Japon.

Si le trait possède une certaine ressemblance avec celui de Tezuka, c'est qu'il se montre symptomatique d'une époque où le manga commençait uniquement à faire ses premiers pas. Planches somptueuses révélant une chronique de l'époque des samouraïs à la manière de Dororo, dialogues rares mais souvent percutants significatifs des meilleurs cinématographiques nippones de ce genre, etc... Miyamoto Musashi présente un travail collant aux canons du genre "samouraï".

Un titre du catalogue de Kana indispensable à tout amateur de bon manga et qui offre un éclairage réel sur la vie d'un des personnages les plus importants de la civilisation nippone. Shotaro Ishinomori apporte sa pierre à l'édifice des nombreux ouvrages portant sur l'homme pour un condensé impeccable.

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Freak's Squeele

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1 commentaires

  • Anonyme

    20/10/2008 à 13h44

    Répondre

    je me souviens l'avoir feuileté, mais le style graphique, effectivement "rond" ne m'a pas vraiment plu. Vagabond reste l'un de mes 3 mangas préférés, difficile donc de le détrôner


    Calà dit, comme c'est un one-shot, il vaut probablement le coup ^^

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