7/10

Mlle Ôishi

Mieux vaut être seul que mal accompagnée pourrait être le gimmick de Kon Ôishi si elle ne manquait pas tant de caractère et ne montrait pas une sensibilité si affichée face à un homme prêt à abuser de ses largesses. Et son annonce flatteuse : Mlle Ôishi, 28 ans, célibataire, elle espère bien rameuter quelques lecteurs à sa botte pour vous faire profiter d'une expérience sur l'amour et ses tracas avec des relents de Kimi Wa Pet pour un jôsei amusant et qui n'a rien à envier à des titres à plus forte réputation.

Où sont les hommes ?

Mlle Ôishi
Mlle Ôishi
Kon, 28 ans, accepte d'emménager avec Henmi, fraîchement divorcé. Son fiancé lui ayant demandé de cesser de travailler, Kon accepte, avant de se raviser. Et bien lui en prit : le jour même où elle est engagée dans une mercerie, son compagnon est licencié ! L'inactivité de son fiancé lui révèle alors un Henmi inattendu : endetté jusqu'au cou, et plus présent auprès de ses enfants que de sa petite amie...

Les relations amoureuses sont au centre de ce manga en mettant ses travers au premier plan. Tout d'abord par la personnalité de Kon, gentiment passive et incapable de se rebeller contre cet homme qui présente un comportement suspect. Devant l'implacable réalité qui se forme devant ses yeux, la jeune femme cherche une porte de sortie et ne trouve rien derrière chaque fois qu'elle en ouvre une. Comme si elle était condamnée à rester avec Henmi, portrait type de l'homme enfant, égoïste et beau parleur. Elle se demande elle-même ce qu'elle peut trouver à cet homme mais apparaissent dès lors les thèmes de solitude, de remise en question et de psychologie des relations humaines. Avec des exemples et contre-exemples intelligemment mis en scène, Q-ta Minami parvient à créer une histoire qui se démarque des jôsei habituels, sans doute grâce à une héroïne plus mature. A la manière de Kimi Wa Pet, le personnage principal cogite beaucoup, fréquente beaucoup d'hommes sans passer à l'acte, attendant presque qu'un prince charmant ne surgisse pour la sauver. Mais l'illusion passée, la revoilà seule à penser à sa triste réalité et fatalement obligé de changer... Et c'est sans doute la prise en main par soi-même que Mlle Ôishi, 28 ans, célibataire tente de mettre en avant, mettant à bas le cliché homme dominant / femme dominée et donc descriptif d'une société en mouvement.

Elle et lui

Profondément ancré dans le présent - et même plus encore dans l'actualité - le manga soulève des thèmes intéressants et originaux pour le genre avec une poussée dans les relations hommes / femmes avec notamment les rapports d'argent au sein du couple. Ou encore la définition de la possession. Mlle Ôishi, 28 ans, célibataire met l'accent sur la recherche de l'homme pas parfait mais qui saurait satisfaire notre héroïne, sorte de Bridget Jones nippone au final. La condition féminine est aussi au centre des débats avec un personnage qui prendra progressivement conscience qu'elle doit assumer ses actes et ses envies.

Le dessin paraît assez simple avec un trait maladroit, mal assuré sur les bords, offrant des visages grossiers avec une forme peu travaillée. Parfois limite sur certaines cases, le travail est d'une grande sobriété, les fonds sont peu présents, l'essentiel se concentre sur l'expressivité des personnages hauts en couleurs. Ce n'est évidemment pas pour le style graphique que le manga vaut le détour mais comme Sakka nous l'a déjà prouvé, l'intrigue peut dominer incontestablement pour donner un manga appréciable.

Mlle Ôishi, 28 ans, célibataire s'adresse aux jeunes femmes mais parvient à séduire tout lectorat pour peu de faire l'effort de rentrer dans l'histoire qui n'a rien de compliqué pour finalement découvrir l'établissement de relations humaines entre personnages de la jeunesse nippone. Un bon manga dans la lignée de jôsei pas trop neuneu...

A découvrir

Five Colors

Partager cet article
A voir

Warrior

A propos de l'auteur

0 commentaires

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Chez Krinein Manga et animes, c'est la culture japonaise qui est mise à l'honneur grâce à des critiques de shonen, shojo et autres termes bien connus des vrais fans. Toi même tu sais.

Rubriques