7.5/10

Moonlight Mile

La conquête de l'espace entreprise depuis déjà presque un demi-siècle reste mystérieuse, une sorte de bravade contre les lois de la nature existantes sur Terre. Un espace de liberté, un espace vierge, un espace fait... d'espaces. Dernier rêve des casse-cous modernes, ce voyage réservé à peu d'élus représente la quête de Moonlight Mile de Yasuo Otagaki. Un voyage d'hommes au beau milieu de nulle part autre que le vide, une certaine poésie dans laquelle les poussières d'étoiles laissent bien souvent la place aux conflits musclés. Car oui, c'est une histoire d'hommes. Totalement différent de Planètes.

Fly me to the Moon

Moonlight Mile
Moonlight Mile
Dans un futur proche, de nombreuses organisations internationales se disputent le contrôle d'une nouvelle source de minerai découverte sur la Lune... pendant de temps, du côté de l'Everest, deux alpinistes, Goro le japonais et Lostman l'américain, posent leurs pieds au sommet après une ascension sans oxygène dantesque du géant blanc de la planète Terre. Mais cet exploit n'a que peu de saveur. Les deux casse-cous visent plus haut, tout là haut, pour ce qui reste la dernière grande aventure humaine : l'espace et la Lune. Et pour suivre Lostman et Goro dans l'espace, le chemin sera fait de défis, d'entraînement psychologique et de compétition. Un voyage pour dépasser les limites, le tout dans la coolitude la plus totale.

Goro et Lostman n'ont peur de rien. Parce que eux, c'est des mecs, des vrais. Et ils font valoir leurs sacrées paires de roustons chaque fois qu'ils en ont besoin. Au propre comme au figuré. Les deux casse-cous ne passent jamais pour des casse-bonbons et parviennent à donner un véritable charme aux courts chapitres qui alternent entre vie de tous les jours, entraînement intensif ou mission top secrète pour le compte de leur pays. Un certain machisme et une grandiloquence notoire se dégagent du couple de héros principal par leurs aventures et leur perfection dans la quasi-totalité des domaines. Pourtant, le mangaka relativise ses propos n'hésitant pas à ridiculiser Goro, le japonais rigolo au zizi tournoyant, adepte des beuveries sans fin digne du premier bon vivant venu. Un ton libre, voire libertin, caractérise Moonlight Mile. Intéressant mais pas toujours bien traité.

No limit

Le manga mène habilement science-fiction et politique-fiction, le tout enrobé de langage technique et de scènes de sexe pas toujours utiles mais destinés à montrer des personnages vivant au jour le jour connaissant le tarif éphémère d'une vie. Si le premier volume n'est pas loin de tomber dans le racoleur pur et dur, la suite s'avère beaucoup plus intéressante argumentant sur divers sujets touchant à la condition de l'homme dans l'exploration spatiale. Pléthore de personnages apparaissent au fur et à mesure que l'histoire en fil rouge se met en place. Dès lors, des histoires basées sur les rapports humains font leur apparition.

Petite déception du côté graphique avec des personnages possédant tous des carrures de déménageurs et affichant une confiance en eux arrogante à travers un sourire narquois permanent. Pour autant, chaque individu possède sa spécificité, son caractère personnel et dégage du charisme. Le trait est élaboré, multipliant les détails, rendant l'espace sans limites et les machines plus belles que jamais. La maturité du récit colle au trait et imprègne pleinement la trame au découpage classique. Pas de folie graphique mais une maîtrise certaine.

En dépit de ses défauts, Moonlight Mile est fait de l'étoffe des héros et parvient à rendre divertissante les aventures de héros pas vraiment comme les autres. Mais autant mettre un bémol en spécifiant ce titre aux plus matures devant la portée de certaines scènes et un scénario se complexifiant progressivement. Car sans toucher les étoiles, Moonlight Mile laisse rêver, la tête dans la Lune.

A découvrir

H3 School

Partager cet article
A voir

Eiken

A propos de l'auteur

0 commentaires

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Chez Krinein Manga et animes, c'est la culture japonaise qui est mise à l'honneur grâce à des critiques de shonen, shojo et autres termes bien connus des vrais fans. Toi même tu sais.

Rubriques