6.5/10

Musique de Marie (La)

Sur un monde étrange, fait d'îles de petites tailles, vit Kaï. Cet orphelin d'une quinzaine d'années possède un don particulier : il entend le monde qui l'entoure, que ce soient les animaux, les arbres ou même les minéraux. Sa meilleure amie s'appelle Phiphy. Elle est issue d'une grande famille de l'île et aime secrètement Kaï. Malheureusement pour elle, toute l'attention de celui-ci est retenue par cette géante qui vole dans le ciel et par la musique qu'il joue. Cette géante c'est Marie : pour les habitants des îles, elle est une déesse. Mais pour Kaï, elle est plus que ça.

Baba cool

La Musique de Marie
La Musique de Marie
Une histoire d'amour conventionnelle de plus ? On pourrait le croire, d'autant plus que les préoccupations amoureuses semblent être les seuls problèmes que rencontrent les habitants de ce monde. Il faut dire que ces îles sont une sorte de paradis sur terre : il y fait beau, les paysages sont magnifiques, tout le monde s'entend bien... Mieux, bien qu'il n'y ait ni électricité ni science, les habitants possèdent tout de même un confort moderne qui leur est apporté par des automates. Ces machines mues par une force mystérieuse (mais disponible en quantité illimitée) aident les humains dans leur vie de tous les jours. Pas de pollution donc, ni aucun des problèmes liés au développement technologique moderne. On se croirait dans un rêve d'écologiste idéaliste.

Cette impression est renforcée par le dessin. Celui-ci est tout en rondeur, et fait très années 70. On pense à des bandes dessinées comme Olivier Rameau, les couleurs en moins. Pour un lecteur de bande dessinée franco-belge, le dessin et le design font un peu vieillots, mais pour quelqu'un qui ne connaît que le manga, il est différent, osé et surprenant.

Pas si cool que ca

Arrivé à la première moitié du tome 1, on se dit que le mot mièvre risque d'être le principal adjectif pour décrire ce manga. Mais il n'en est rien car le héros commence à chercher des réponses, à gratter sous la peinture pour découvrir l'histoire du monde, les pourquoi de la religion et surtout qui est Marie.
Et c'est vers la fin du premier tome que l'intérêt du lecteur s'éveille vraiment : on découvre que tout n'est pas si rose, ni du coté du monde, ni de celui du héros. Tout gagne en profondeur, on découvre que Marie n'est pas si bienveillante que cela, etc... Tout cela pour finir de manière surprenante, totalement inattendue.

Mais La Musique de Marie pêche par un manque de rythme certain. De plus, l'aspect roman à l'eau de rose ne disparaît jamais et fait perdre de la profondeur à l'intrigue et au monde. On ne s'ennuie jamais dans ce manga, mais on tourne rarement la page en étant impatient de savoir ce qui nous attend. Restent des bonnes idées, un monde hippie et une édition Sakka impeccable, comme toujours.

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    2 commentaires

    • Bzhnono

      02/10/2005 à 11h15

      Répondre

      Je suis justement en train de le lire, j'accroche un peu.
      Pour l'instant ce qui m'a étonné c'est le cadrage et le remplissage des décors. Dans quasiement tous les autres mangas qu'il m'a été donné de lire, les décors étaient assez vide, le remplissage était quasi inexistant. Mais là il est plutôt fouillé, détaillé, etc.

      Mon avis plus profond un peu plus tard.

    • Bzhnono

      02/10/2005 à 22h36

      Répondre

      Ca y est. J'y ai passé un bon bout de temps cette après-midi mais j'ai fini [i]La musique de Marie.
      Ce qui m'a le plus étonné c'est la différence de rythme et de sujet entre le premier et le deuxième volume. La première partie parle d'un amour entre deux adolescents dans un monde futuriste (qui par son univers m'a un peu rappellé Nausicäa de la vallée du vent[/i] bien que les deux mangas ne soient pas vraiment comparable), ça parle de joie, de paix de progrès, de technique et d'automate. la deuxième partie prend la première à contre pied en installant une ambiance assez étrange, qui se pose des question existencielle notament sur les dérives de la sciences et de la technique. Sur ce point j'accorde beaucoup de mérite à ce manga qui, je trouve, arrive à bien expliquer et argumenter une théorie philosophique assez alambiqué (à mon avis) : la science et la technique ont pervertis l'homme et ont précipité sa chute dans le chaos et la violence.
      Bref, mise à part un dernier chapitre que j'ai trouvé émouvant et troublant mais pas forcément nécessaire, le propos développé tout au long des deux parties est bien fait.
      Le seul gros repproche que j'ai à formuler se situe au niveau du dessin que je trouve un peu trop statique, l'auteur ne s'étant pas servi des codes du manga en ce qui concerne l'impression de mobilité des personnages.
      Je regrette également que les seconds rôles du manga n'aient pas été plus développés.

      Je pense que cette oeuvre mérite un 7/10.

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