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Nana 7.8

Nana 7.8 ? Kézako ? Pour ceux qui ne connaissent pas ce terme très parlant, il s'agit ici d'un fanbook et comme son nom l'indique parfaitement, c'est un livre destiné aux fans. Un numéro spécial ou un hors-série en bref. Même format et même concept qu'un manga classique, souvent un peu plus épais tout de même, quelques pages couleur pour mettre en valeur le tout mais généralement peu d'illustrations inédites. Petit plus aussi, prix abordable (bien que légèrement plus cher qu'un manga classique). Et pour la mangaka, un minimum de travail pour un maximum d'effet. Si au Japon, ce produit est monnaie courante dès qu'une série décroche son petit succès, en France, Nana 7.8 est le premier opus du genre. Alors qu'est-ce qu'on trouve de beau dans un fanbook ? Obligatoirement, on trouvera en tout début, quelques illustrations couleur suivies des fiches détaillées sur les principaux personnages du manga en question. Quelques pages dédiées aux illustrations des fans sont généralement présentes aussi, histoire de leur rendre honneur. Pour remplir le reste du fan book, on s'en remet à la créativité et aux choix de l'auteur, et cela varie sensiblement d'un fanbook à l'autre.

Nana 7.8
Nana 7.8
Présenté ainsi, on se dit facilement qu'on peut acheter les yeux fermés le fameux Nana 7.8. Il est vrai qu'à première vue, on a bien l'impression de détenir un collector entre les mains, c'est ce qui séduit en premier dans le concept des fanbooks. Couverture soignée avec une image exclusive, des informations détaillées, quelques crayonnés ou dessins originaux. Tout pour appâter le fan du manga en question. Et Nana 7.8 ne déroge pas à la règle en nous fournissant le nécessaire et même plus. On a le droit à une rubrique mot-clés, quelques recettes, un guide touristique du monde de Nana tout en couleur, plusieurs pages d'interview de l'auteur, un épisode de la très fameuse pièce de Junko et j'en passe.

Bon attardons nous un peu sur le contenu réel de ce fanbook car "et j'en passe" c'est un peu vague, non ? Après avoir découvert les groupes sanguins, mensurations, taille, poids de chaque personnage de l'univers de Nana, vous trouverez une sorte de dictionnaire, qui récapitule de A à Z tous les termes importants qui cimentent le monde du manga. Des pages couleurs vous présenteront les lieux réels et tokyoïtes dont s'est inspirée l'auteur pour son histoire. Retour au noir et blanc pour l'interview de l'auteur suivie des témoignages de quelques fans de la série. Les dernières pages sont quant à elles un bazar innommable, il y a de tout et pour tous les goûts. Des recettes, techniques de drague, conseils mde aquillage, l'interview de Trapnest, un calendrier chronologique des évènements de l'histoire, un test pour savoir quel genre d'artiste vous êtes, etc, etc... Enfin, le manga Nana ne serait plus ce qu'il est si il n'était pas cloturé par un épisode de la pièce de Junko. Voilà ce que l'on peut trouver en gros dans le fanbook de Nana. Car il est assez difficile de détailler entièrement le livre tellement celui-ci est varié et fourni.

Alors de quoi peut-on se plaindre ? Et bien de la mise en forme de tout cela. Ai Yazawa opte pour une ambiance nonchalante et humoristique, l'idée est bonne mais mal maîtrisée je trouve. Dès la première page, on a d'ailleurs le droit a un sympathique: "Merci d'être tombés dans ce piège! Vous êtes trop cools". Ahem. En général, les mangakas sont humbles et préfèrent les formules de politesse pour remercier avec tout le respect qu'il se doit son lectorat. Mais bon passons. S'il n'y avait que ça. On sent à travers le livre que l'auteur est extrêmement fière de son oeuvre et s'en gargarise sans modération. Même si je ne suis pas contre une petite touche d'humour, ce qui est un peu le principe même du manga, je déplore en revanche lorsqu'on nous offre une tartine de blagues, de mauvais goût en plus. Certains trouveront le concept de Nana 7.8 excellent, moi je le trouve un peu lourd. Ou peut-être suis-je tout simplement passée à côté. Mais bon, je ne pense pas qu'on puisse nier la futilité de certaines pages comme la leçon de maquillage, les tactiques pour plaire aux garçons par Sachiko et bien d'autres, malheureusement. Rubriques inutiles, humour douteux, un peu de mégalomanie disséminée ça et là, voilà les trois bêtes noires du fanbook Nana 7.8.

Comme d'habitude, les remerciements pour la traduction s'adressent directement à la maison d'édition Akata-Delcourt, qui s'est efforcé de trouver le juste milieu entre adaptation et respect de l'oeuvre originale. Les choix de cette maison d'édition sont parfois maladroits, parfois dignes d'éloge. Concernant Nana 7.8, le tout me paraît nettement correct avec un vrai souci de faire un lexique complet pour le lecteur, afin de l'immerger pleinement dans le monde de Nana, lexique comptant tout de même plus de 60 mots-clé. Ce qu'on regrette déjà plus, c'est de voir s'étaler le tout sur près d'une vingtaine de pages. En choisissant une police plus adéquat et avec une présentation un peu moins aérée, quatre pages auraient largement suffit. Si en plus, on ajoute à cela au moins quinze pages de pub, il y a de quoi légèrement tiquer...

Malgré les nombreuses critiques faites, Nana 7.8 orne encore aujourd'hui les rangs de ma bibliothèque. Pourquoi donc ? Et bien on va dire que malgré tout, j'y ai trouvé mon compte en faisant un tri parmi les nombreuses rubriques proposées. J'ai retenu particulièrement dans ma sélection les fiche-persos, le guide touristique en couleur, l'interview centrale de l'auteur, les recettes cuisine (malgré la présentation) et l'épisode spécial de la pièce de Junko. Finalement, c'est peut-être suffisant. Quant au reste du contenu de Nana 7.8, il est plus ou moins à jeter à la poubelle. Nana 7.8 est donc recommandé aux adeptes de la secte du Roi des Démons, ceux-là pardonneront toujours au gourou Ai Yazawa quelques maladresses. Sinon, continuez votre collection Nana comme d'habitude, vous ne manquez pas grand chose.

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