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Nasu, un été andalou

Ce n'est pas tous les jours que le mot "andalou" figure dans un titre de manga ou d'anime. C'est le cas pour Nasu, un été andalou et pour Un été andalou et autres aubergines. Quand au bout de la première minute de film on nous montre des aubergines, le doute n'est plus permit : il y a un rapport entre ce manga et cet anime. Rapport qui saute d'autant plus aux yeux lorsqu'on sait que Nasu signifie aubergine en japonais. Et pour cause : le court métrage (50 minutes) est tiré d'une des nouvelles du manga.

Attention, ce flim est un flim sur le cyclisme. Merci de votre compréhension

Nasu
Nasu
Pepe Benengeli est un coureur cycliste de seconde zone, faire-valoir de la star de son équipe. Cet été, il participe à la Vuelta, le Tour d'Espagne, qui passe par les rues de sa ville natale en Andalousie. Un hasard malheureux fait que le mariage de son frère et de son ex-petite amie se déroule le même jour. Pépé, qui avait quitté sa ville suite à sa rupture, est bien décidé à réussir quelque chose de spécial aujourd'hui...

Oui, ce résumé est celui de Dybex. Pour ma défense, sachez que j'aurais eu tendance à en dire plus et vu la longueur et le peu de profondeur scénaristique de cette animé, il est préférable de laisser un maximum de surprise pour ne rien gâcher.

Techniquement irréprochable...

La première chose remarquable, c'est le sujet. Les japonais sont capables de tout, ils ont fait des mangas sur le go, sur le pain, sur la cuisine, sur les salarymen, sur les tentacules, sur l'education... Mais sur le cyclisme, pas vraiment. Et en anime on n'y pense même pas : animer un peloton complet est un challenge en soit. Et pourtant le défi est relevé, avec brio, par le studio MadHouse. Le studio est prestigieux, le sujet périlleux et du point de vue de la réalisation, c'est un sans faute. Je ne suis pas un grand fan de cyclisme, mais visuellement cet anime est incroyablement proche de ce que j'ai pu voir. Les passages en vue d'hélicoptère sont tous simplement sublimes. On s'y croirait vraiment. A aucun moment on ne fait de remarque sur la qualité de l'animation. Rien n'est éblouissant à première vue, mais il n'y a rien, pas même un petit détail qui pèche. Absolument rien à redire de ce coté.

Mais un manque de profondeur certain

En revanche, sur tout le reste, il n'y a pas de gros défauts mais plusieurs petits qui font perdre cet anime en crédibilité. La musique par exemple. On est en Andalousie, donc la bande son est principalement constituée de flamenco. Mais, ce n'est pas vraiment du flamenco pur jus. Il a été retouché et mis au gout du jour. Les fans de flamenco trouveront sans doute que c'est un massacre. Les autres y verront surtout de la pop avec des accents de flamenco. Et les chants en japonais n'arrangent rien. On aurait bien aimé avoir du vrai flamenco, sans orchestre philarmonique, et avec des paroles en espagnol. Nasu y aurait beaucoup gagné en crédibilité. Autre exemple : les clichés. Entre ceux sur le cyclisme et ceux sur l'Espagne, ceux qui prennent un peu de recul vis-à-vis du film vont être déçus. On aurait bien aimé éviter le traditionnel mariage avec paëlla et guitare, on se serait aussi bien passé de cette histoire de sponsors qui ne pense qu'en terme d'argent.

Mais ce qui est vraiment décevant, c'est la superficialité de l'intrigue. On a un coureur. Va t'il gagner ? Va t'il se réconcilier avec sa famille ? Rien de moins mais rien de plus. Il a ses problèmes certes, mais ce n'est qu'une tranche de vie. Enfin une tranche de vie un peu romancée. On a du mal à croire que le marriage se fasse au moment même ou une course doit passer dans la ville, surtout quand dans la course, il y a le frère du marié. On a aussi du mal à croire que la famille des mariés laisse tout en plan pour aller voir le finish. On comprend mal pourquoi un cycliste de seconde zone est tout d'un coup à armes égales avec les grands champions. Il y a beaucoup de trop de coïncidences, et cela ressemble beaucoup trop à une success story pour qu'on y croit.

Et pourtant, la sauce prend. On veut qu'il gagne. On veut qu'il donne tort à ces gros requins. On veut qu'il se réconcilie avec son frère. En dépit de tous les petits défauts, on rentre dans l'histoire. Hélas, on en ressort rapidement : le film ne dure que 50 minutes et c'est vraiment trop court. On a l'impression de regarder un épisode spécial d'un anime quelconque. Mais Dybex a pensé à vous. Ce film est vendu dans un packaging assez incroyable : en plus de deux DVD (le film ne dure que 50 minutes, faîtes le calcul pour comprendre quelle quantité de bonus il y a), vous trouverez dans le coffret le CD de la bande originale et un livret de 40 pages. Le tout est logé dans un digipack (ne prend pas beaucoup de place) inséré dans un fourreau. Une édition superbe, mais qui se paye : pas moins de 40€. A vous de voir si les bonus compenseront à la fois le prix et la durée du film.

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