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Niraikanai - Paradis Premier

Trop, tel est le seul mot me venant en tête à l'évocation de Niraikanai - Paradis Premier, un manga de Megumu Okada (Saint Seiya G), tant tout y est surreprésenté, que ce soit l'histoire, les personnages, les textes ou les dessins. L'oeuvre devient rapidement incompréhensible et confuse, mêlant tout et n'importe quoi dans une sorte de brouillon graphique surchargé. Et lorsqu'on s'intéresse de plus près au contenu de l'histoire, encore faut-il réussir à le comprendre pour pouvoir en donner un avis.

Niraikanai
Niraikanai
La trame est impossible à résumer pour un cerveau normalement constitué, mélangeant allégrement ésotérisme, fantastique et monde réel. On y rencontre une créature venue de l'espace, des démons, un spécialiste des technologies aérospatiales, « un chercheur » ou un guerrier qui se bat avec des sons. Evidemment, tout ce petit monde se rencontre un peu partout : dans la station Mir, dans une gare japonaise, au Machu Picchu, j'en passe et des plus farfelus. Bref, ça bouge, ça parle et ça se bat et à moins d'avoir le nez collé plusieurs heures de suite dans le manga vous n'y comprendrez pas un strict mot.

Il faut savoir que cet ouvrage est avant tout basé sur l'importance du son et de la langue. Le français et le japonais étant fondamentalement différents, la bonne compréhension du manga est dès lors particulièrement difficile. De plus, pour ne pas gâcher l'oeuvre originale, Delcourt a choisi de conserver une partie des idéogrammes ou de la traduction phonétique de certains passages. L'intention est louable mais rompt totalement le rythme de lecture, nous embrouillant totalement. De plus, les nombreux textes en aparté sont particulièrement pompeux et nous égarent plus qu'ils nous éclairent.

L'histoire elle-même se prend beaucoup trop au sérieux. Entre un mec qui se bat en parlant, une démon qui se ballade les seins à l'air ou une gamine qui se bat comme un maître karatéka, il y a de quoi prendre tout cela avec humour, ce que l'auteur ne fait jamais. De plus, le dessin est bien trop confus, utilisant un fond noir qui ne fait que renforcer cet effet. Le décor étant bien trop sombre et surchargé, on ne peut que se poser des questions sur ce que l'auteur cherchait à représenter. Les personnages, très typés shôjo avec leurs énormes yeux, ne sont pas réussis et apparaissent souvent difformes. Même le dessin ne redresse pas les errements du scénario...

Entre une histoire incompréhensible et un dessin qui l'est tout autant, Niraikanai s'adresse à un public très particulier qui aura le temps, la patience et l'envie de se plonger totalement dans cette oeuvre. Passez votre chemin si vous recherchez une oeuvre simple et facile d'accès. Si vous tentez le coup, bon courage !

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