9/10

Nouvel Angyo Onshi (Le) - le manga

En Corée, suite à la chute de l'empire Jushin et à la mort de l'empereur, le pays est dans le plus grand des désordres et dans ces cas, la loi du plus fort est toujours la meilleure et les malhonnêtes de tout poil tentent de prendre le pouvoir. Le peuple totalement asservi cet ancien empire ne cesse pourtant d'espérer le retour d'un héros au coeur pur qui posséderait des pouvoirs immenses et protégerait le peuple en faisant appel à son talisman lui permettant de disposer d'une armée de morts vivants : un Angyo Onshi. Le problème est que ceux-ci ont tous disparus en même temps que l'empire... néanmoins, une rumeur enfle, racontant qu'un de ces justiciers a survécu et parcourt le pays afin de délivrer le peuple et c'est donc le thème du manga Le Nouvel Angyo Onshi(Shin Angyo Onshi).

Un voyage en Corée

Le Nouvel Angyo Onshi
Le Nouvel Angyo Onshi
Si a priori le scénario semble loin d'être novateur, il faut dire que le binôme coréen à l'origine de ce projet réussit parfaitement à le rendre intéressant et très divertissant en introduisant des caractéristiques suffisamment surprenantes dans une oeuvre qui combine aussi bien éléments historiques que destruction massive typique de l'héroïc fantasy.

Tout d'abord, le point qui fait de ce titre un shônen différent des autres est la présence de son héros imaginé par Youn In-Wan : Mun-Su, l'Angyo Onshi, qui ne ressemble à aucun autre en raison de son sens de la justice très particulier. En effet, Mun-Su est un de ces héros qui dénote déjà par leur look européen par rapport aux autres personnages stylés coréens. Particulier aussi car il utilise plus sa tête que ses capacités. Particulier encore car il est très loin d'appliquer les devoirs attendus d'un héros du peuple. Enfin particulier car il développe une mentalité très "spéciale" à la limite de la cruauté, à faire pâlir les pires criminels sur sa route, très loin des sentiments du justicier au grand coeur décrit dans la légende. Mun-Su n'essaye pas de sauver les faibles mais les contraint à changer leurs visions de leurs situations actuelles en les mettant en face de la mort lorsqu'il invoque les morts, ce qui oblige les soumis à prendre leurs destinées en main et ne pas attendre que le sauveur réalise des miracles.

De plus, comme dit auparavant, Mun-Su est obligé d'utiliser sa malice en usant souvent de stratagèmes, qui font tourner aussi bien son adversaire que le lecteur, car son armée de guerreirs d'outre tombe n'est pas toujours aussi efficace que souhaitée, cela pourrait en faire le héros parfait... mais il a aussi ses points faibles. Si on laisse de côté son caractère imprévisible, misanthrope et « je m'en foutiste », le dernier Angyo Onshi hérite d'un lourd passé qui pèse sur ses épaules et qui se dévoile peu à peu. En plus d'une malédiction réduisant sensiblement ses capacités physiques, le pauvre ne peut compter que sur sa volonté pour exterminer le Mal.

Mun-Su superstar

Sa mentalité, son look, des capacités et ses incapacités surprenantes et son sens de la justice si particulier en font un héros au fort potentiel charismatique mais comme une bonne série ne peut pas s'articuler autour d'un seul personnage, le duo a eu la bonne idée d'intégrer la très peu vêtue mais resplendissante Chun-Yang en tant que protecteur (sandô) de l'Angyo Onshi, que Mun-Su va prendre sous son aile à contre coeur et... l'élément perturbateur et comique, l'écuyer de petite taille.

En outre, il est nécessaire de rajouter que Youn In-Wan s'est efforcé de partager quelques éléments propres à l'histoire coréenne en incluant la véritable légende à la fin de chaque chapitres. A l'origine les Angyo Onshi ont réellement existés mais le scénariste est obligé de déformer la réalité pour l'adapter au ton heroic fantasy. Les légendes ne semblent pas manquer et chaque chapitre est intéressant et divertissant parvenant à faire progresser sensiblement l'histoire.

Tout ceci donne un beau panel de ce que sera la suite des aventures de ce trio sorti de nulle part mais qui risque de se faire un nom très vite.

La première partie du binôme ayant parfaitement réussi son travail, il était nécessaire qu'au niveau du dessin, le trait de Yang Kyung-Il soit superbe. C'est chose faite ! Le dessinateur parvient à fixer l'attention avec des planches très travaillées. Beaucoup de soin et de détails ont été apporté à chaque case, notamment en ce qui concerne les personnages et les fabuleuses scènes de combat à travers lesquelles Mun-Su et Chun-Yang sont somptueusement représentés. Rien à dire, la constance est au rendez-vous et les émotions des personnages sont vraiment représentatives de leurs états d'esprit. Le chara design extrêmement performant et les scènes de combat violentes trouvent un écho auprès des superbes représentations des édifices historiques ou des personnages secondaires. D'ailleurs, les superbes jaquettes des couvertures très stylées sont un très bon exemple de ce qui attend à l'intérieur de chaque volume.

Mention spéciale aux pages bonus auxquelles c'est le scénariste Youn In-Wan qui s'est attaché à dessiner de manière hilarante les difficultés rencontrées par le binôme coréen au Japon. Même si ce n'est pas du grand art, cela ajoute une touche rafraîchissante à l'ensemble.

Le Nouvel Angyo Onshi donne un aspect neuf au shônen et s'annonce déjà comme un très bon moment de lecture. C'est une réussite pour Pika d'éditer cette oeuvre parvenue chez nous sans prévenir mais qui est partie pour durer un moment si le succès se confirme tant celle-ci est un savant mélange de tout ce qui peut plaire au lecteur averti. Bien sûr, toutes les caractéristiques évoquées précédemment et surtout le charismatique héros sont les principaux atouts de cette oeuvre mais on peut aussi essayer d'être désireux de découvrir un autre paysage et une autre culture que celle de l'archipel japonais.

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7 commentaires

  • Amandoche

    08/01/2005 à 10h21

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    a mes yeux, Le nouvel angyo onshi est un chef d'oeuvre, un bijoux... Bref, de tout ce que j'ai lu et vu aucun manga ne lui arrivait à la cheville. Bon, c'et vrai j'ai pas tot lu non plus, mais je pense pouvoir dire que rien qu'au niveau graphique, on assiste à un mélange subtil entre la BD style comics et le manga (sutout pour les scènes comiques) qui faitdu nouvel angyo onshi une exception. Le dessinateur, yang Kyung-Il a atteint la perfection: chaque vignette est une oeuvre d'art qui joue sur des clair obscur et des dégradés qui sont "de toute beauté". Le trait est précis, rapide, et parfois violent comme l'intrigue. Malgré tout, le dessin est toujours empreint d'une certaine élégance et d'une poésie, surtout lorsqu'il est question de l'héroïne Sando, qui est encore plus belle dans les scènes d'action.
    Bon, je parle des dessins, mais un manga n'est pas bien sans une bonne intrigue, et là on peu dire qu'il est plus qu'à la hauteur. Car que ce soit au niveau des dessins ou de l'histoire, le nouvel angyo onshi est un manga sur l'ambiguité: l'ambiguité entre le bien et le mal, entre le sublime (Sando) et le grottesque (l'écuyer), le réel et l'imaginaire... L'auteur s'amuse à utiliser les vieux filons des shonens traditionnels pour mieux s'en détourner et provoquer des coup de théâtre auxquel on ne s'attend jamais (Dailleurs ça peut être déboussolant au début.). Ilest aussi difficile de savoir qui est bon ou mauvais dans l'histoire: vous connaissez beaucoup de héros qui utilisent un ami comme bouclier humain pour se sortir d'affaire? Vous connaissez beaucoup de héros peu andurant, qui se contentent d'utiliser leur tête et qui font faire le sal boulot par une jolie
    fille? Il semblerait qu'au bout de huit tomes on ne soit pas au bout de nos surprises étant donné les nombreux personnages qui viennent se greffer à l'intrigue, et j'ai hâte que d'une seule chose, lire la suite! (en espérant que le tome 9 paraitra bientôt en France.

  • Manfred Jix

    06/07/2006 à 16h21

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    Alors là ceux qui aiment les scénarii de malade avec des personnages ambigüs au possible et des graphismes hallucinants vont être servis! J'en suis au tome 11 et franchement je n'arrive vraiment pas à déterminer si le Héros est véritablement du côté du bien ou si c'est une crevure et que le mangaka et son personnage nous manipulent depuis le début. J'attends la suite avec im^patience parce que franchement le dernier tome nous laisse vraiment sur notre faim!

  • shikamaru

    07/07/2006 à 16h15

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    exceptionnel!tout a été dit mais j'ajoute quand meme ma voix!
    un point noir est le temp de parution des tomes qui est un peu long...sinon tout est bon!un hero charismatique au possible, une heroine (un peu trop devetue peut-etre love )puissante qui a une reelle importance(j'entend par la qu'elle n'est pas cantonnée au role de la godiche qu'il faut sauver),l'ecuyer qui est le personnage humoristique de service...sans oublier le rival du hero qui semble tirer toutes les ficelles...j'ajoute que le trait qui s'approche evidemment du manwha puisque les auteurs sont coreens est magnifique!
    l'edition de pika est excellente avec des commentaires a la fin de chaque chapitre qui appuient l'inspiration de l'auteur souvent basée sur des histoires de la culture coreenne ou japonaise.
    a lire.

  • Manfred Jix

    12/07/2006 à 11h39

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    Les commentaires en fin de chapitre sont particulièrement intéressants mais se font de plus en plus rares dans les dernières éditions, j'espère que leur absence n'est pas définitive car j'aimais vraiment beaucoup ces petites plongées dans la culture coréenne

  • shoGUN_assassin

    08/08/2006 à 06h21

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    je ne suis pas convaincu par le premier tome de ce manwha.
    Car j'ai l'impression que c'est une succession de petites histoires a chaque chapitre nos heros devrons defaire des mechants dans les villages et les villes.
    j'espere me trompé car graphiquement c'est tres beau;car depuis j'ai pas voullu acheté la suite

  • Ruyan

    08/08/2006 à 11h47

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    Au début, ça y paraît. Mais plus nos héros avanceront dans l'histoire au fur et à mesure des tomes, plus le fond prendra le dessus (le fond étant sa relation avec Ajite et la grande époque de Mun-Su durant l'ère Jushin).

    Je trouve la qualité des éditeurs Pika de mieux en mieux. Rien qu'avec Chobits, on pouvait féliciter Pika pour répondre aux attentes des lecteurs et de ceux qui l'achétent.

    Pour revenir à SAO, Mun-Su un personnage haut en couleur par rapport aux manga que j'ai pu lire, représente l'un des archétypes que j'apprécie le plus (on peut aussi noter Van de GunXSword). Un anti-héros presque antipathique et qui marche sur notre corde sensible à nous demander s'il faut l'aimer ou le détester. Et bien qu'on se pose cette question même après quelques tomes, on ne peut s'empêcher de dire 'Whaou, quelle classe!'. Parceque oui, Mun-su, il a la classe!

    Aprés, son Sando, en plus d'être jolie, a elle aussi la classe (chose qui reviendra souvent à vos lévres lorsque vous lirez ce manga). Mais ce personnage, bien qu'elle ai la classe, posséde également tout un univers. Tout autant Mun-Su est le héros, tout autant ils ne peuvent se dissocier tellement elle gagne une place importante au fur et à mesure des tomes.

    Ce qui est cool, c'est que via des mini-histoires (au début) que j'appellerai des one shot, on découvre à chaque fois des légendes coréennes où nos personnages évoluent avec la désinvolture que l'on connaît si bien aux anti-héros.

    Hélas, une notion qui se perd à mon sens au fil des tomes. On sent davantage une quête de rédemption, de pardon qu'un moyen plus subtil d'amener la chose. Ce qui est dommage pour moi quand je sais que c'était justement ce côté anti-héros qui m'avait finalement le plus plû.

    Un manga qui pousse aussi à réflechir. Le bien et le mal. L'illusion et les faux semblants. Que les gens attendent trop les choses au lieu d'aller les chercher. Qui s'aveuglent aussi d'espoir car beaucoup rêvent sans s'en donner réellement les moyens. La peur d'admettre parfois la verité pure et dure telle qu'elle est. On nous parle aussi bien de la faiblesses des hommes que de leur imperfection inévitable qui permet de changer le monde. Bref, ça pousse à réflechir sur des questions hautement philosophiques non moins existentelles vous ne trouvez pas? *ricane*

    Les combats, malgré une légére baisse pendant deux des derniers tomes (contre les Walbins), le 11 revient plus fort que jamais. Époustouflant, le mot est faible. Un des rares manga où les combats ont autant d'impact qu'un combat d'anime.

    Qui plus est, la ribambelle de nouveaux protagonistes au côté d'Ajite dans les derniers tomes laissent présager que SAO ne va pas nous décevoir de si tôt.

    Bref, un manga à découvrir.

  • Anonyme

    12/01/2010 à 19h14

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    Certainement l'un des plus beaux mangas au monde...

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