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Sur la nuit

Ebine Yamaji fait parti de ces auteurs encore inconnus il y a peu en France et qui sont arrivés en même temps que des nouveaux éditeurs, de nouvelles collections et donc de nouvelles politiques éditoriales. Le Yuri (genre traitant des relations amoureuses entre filles) est un représentant de ces nouvelles tendances qui arrivent sur le marché, avec du bon (Blue) et du moins bon comme c'est le cas ici.

Sur la nuit est un receuil de nouvelles dont l'histoire principale a été écrite en 1991 par une auteure en pleine dépression. Et comme elle le dit elle même : "La relecture, aujourd'hui, me montre combien j'ai pu être mièvre et superficielle".

Sur la Nuit
Sur la Nuit
Mièvre est le mot parfait pour décrire ce one-shot. En le lisant, on a l'impression de revivre une crise d'adolescent. La mort est omniprésente, les personnages veulent tous se suicider et ainsi accéder à la beauté contenue dans la mort. On y parle de gens qui se cherchent, de sexualité hésitante, d'amitiés peu sûre... Mais la sauce ne prend jamais. Ce qui aurait pu traduire le mal être des adolescents et aurait été un témoignage poignant reste au stade d'ébauche. Tout manque de profondeur : les personnages, le scénario, les dialogues. Mais ce qui gâche vraiment le tout, c'est le coté voyeur. Les personnages sont vraiment extrêmistes et limites caricaturaux. Les filles sont des artistes et se tombent dans les bras les unes des autres en laissant derrière elles des hommes potiches aux caractères fades. Les relations sont faites de violence contenue, qui finit par éclater. On ressent comme une sorte de sadisme sous jacent. Autant dire qu'on est bien loin des questions existentielles de l'adolescence, mais qu'on est assez proche de l'exprit d'une personne déprimée.

On a du mal à rentrer dans les histoires à cause de leurs faiblesses bien sûr, mais surtout à cause du dessin. Le genre dicte le trait, on le sait. Mais même avec un simple trait qui dessine les contours sur fond blanc, on peut faire quelque chose de beau. Il suffit de regarder la couverture de Everyday pour s'en convaincre. Bien sûr, l'auteur peut se défendre en avancant que son trait possède un véritable cachet. Et il faut bien l'admettre : on ne rencontre pas de dessin semblable à celui de Yamaji. Heureusement d'ailleurs. Que les personnages soient tous étirés passe encore, mais qu'ils aient aussi peu d'expressions non. Dans un manga qui se concentre sur les sentiments des personnages, et sur leurs relations, un dessin aussi peu epressif relève du quasi suicide. Pire, les femmes se ressemblent tellement qu'il faut se rattacher à la longueur des cheveux pour les différencier. D'un autre coté, comme il n'y a que deux personnages par histoire... En fait, les traits varie tellement peu que le lecteur un peu rapide qui ne fait pas très attention aux dessins sera rapidement perdu. Les dialogues ne permettent pas de différencier les protagonistes, et comme le dessin doit être déchiffré, la lecture devient pénible.

A part une édition plutôt sympathique en grand format, on voit mal quels peuvent être les atouts de cette série. Les apprentis poètes qui déversent leur prose tourmentée sur les skyblogs y trouveront peut-être leur compte, mais ce seront bien les seuls.

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