6.5/10

Oh-Roh

Gengis Khân a régné sur l'Est de l'Asie au 13e siècle, laissant derrière lui cendres et ruines. Fondateur de l'empire mongol, il passe aujourd'hui pour un être assoiffé de guerre et de sang... ce qui n'est pas totalement faux selon deux grands noms du manga : Sho Shimura, plus connu sous le pseudonyme de Buronson (Sanctuary, Fist of the North Star), et surtout Kentaro Miura (Berserk)! Dans un contexte où la violence est reine, un couple échappé du 20e siècle se retrouve aux prises avec Khân et sa horde. Oh-Roh, la légende du Roi Loup, promet beaucoup pour un one-shot... trop peut-être.

La meute du Roi Loup

Oh-roh
Oh-roh
1999, Kyoko est désespérée. Son mari, Iba, a disparu depuis un an lors d'une expédition archéologique dans une province du Nord Ouest de la Chine. Seule, elle part à sa recherche avec peu d'espoir de pouvoir le retrouver. Sur place, des dunes à perte de vue et aucune trace d'Iba... sauf un précieux médaillon lui ayant appartenu. Kyoko prend à peine le temps de le ramasser qu'un gigantesque vortex ne la transporte sept siècles plus tôt, en pleine domination mongole. 1212, six après le début du règne de Gengis Khân, notre héroïne se retrouve plus que jamais perdue dans cette même province où la terreur règne sous la houlette du Roi Loup... jusqu'à ce qu'une lueur d'espoir réapparaisse : Iba se trouve aussi en 1212...

Les légendes japonaises, chinoises et mongoles sont à l'origine du scénario de ce one-shot. La tentative du binôme japonais est simple : montrer un maximum de combats basé sur le contexte ultra violent de l'époque. L'intrigue est réduite à sa plus simple expression et c'est bien à un coup d'essai pré-Berserk auquel on a droit. Ce n'est pas toujours très beau graphiquement ni très élaboré dans sa construction mais Oh-Roh ne s'en tire pas trop mal.

Un coup d'essai

Buronson a déjà écrit de meilleurs scénarios. Beaucoup mieux même. L'intrigue est basique, sans véritable retournement de situation, les explications sur la nature du Khân sont alambiqués, le combat final est prévisible et la fin relativement trop « gentillette » pour un seinen de cette violence. Les personnages sont le point clé de l'oeuvre, les héros ne sont que des faire-valoir à l'immense Gengis Khân, débordant de cruauté. L'Histoire en fait un homme de conquêtes meurtrières, Buronson le réduit à sa seule passion sanguinaire pour le combat. Bref, pas grand-chose à se mettre sous la dent à part un vague thème sur la possibilité de changer l'Histoire.

Graphiquement, le trait est sensiblement équivalent à ceux des premiers volumes de Berserk avec moins de détails. Miura arrive à donner plusieurs facettes d'expressions à ces personnages, l'inquiétude et la détermination en priorité. On se régale de pouvoir admirer quelques somptueuses cases qui ont fait la réputation du mangaka. C'est toujours très (trop ?) nerveux, hyper rythmé dans les scènes de combat. Pourtant, du fait du scénario, l'impression de tourner en rond se fait grandissante. L'action ne laisse aucun moment de répit et Miura perd sur la qualité.

Cette pseudo fresque historique se lit à toute vitesse sans pour autant en garder un souvenir mémorable, parvenant à faire de Oh-Roh un one-shot correct sans être génial qui laisse préfigurer de la carrière de deux grands noms du manga.

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1 commentaires

  • Anonyme

    24/11/2008 à 13h25

    Répondre

    Une manière assez originale d'aborder la légende de Genghis Khân et de la revisiter. On trouve bien évidemment le style graphique lourd et percutant de Kentaro Miura qui sert à merveille un univers au coeur de grandes bataille dirigées par des personnages au carrisme impressionant.


    La psychologie des différents protagonistes est assez travaillée de manière à leur donner une réelle place dans l'histoire.


    Le scénario bien qu'original manque quelque peu de rebondissement inatendus. Hormis l'enlèvement du fils de Kengo par Genghis Khan, le reste de l'histoire est relativement prévisible.


    En résumé, une agréable surprise quand à la vision donnée de l'histoire de l'empire Mongol. Un manga qui se lit rapidement et sans se prendre la tête. De plus, il n'est pas nécessaire d'acheter la suite si vous n'accrochez pas ce tome puisque le scénariste à pris soin d'écrire une réelle fin.  

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