7.5/10

One Day

Après Remember et Orange, Xiao Pan nous ressert une cuvée de Benjamin dans la lignée de ses oeuvres précédentes avec One Day. Premier titre dans la chronologie des travaux du manhuaji, celui-ci cherche encore sa voie en proposant différents styles mais déjà avec les thèmes récurrents de romantisme et de rébellion contre l'ordre établi dans la Chine conformiste. Un recueil de quatre histoires courtes à prendre comme il vient...

Un homme et des femmes

One Day
One Day
Quatre histoires avec un fort potentiel autobiographie de la part d'un auteur qui n'est pas encore totalement hanté par son côté tourmenté. Si une plus grande place est accordée à des rêves presque adolescents, l'oeuvre de Benjamin reste unique en son genre faisant la part belle à un quotidien routinier et extravagant, noir, blanc et en couleurs, aux crayonnés et aux traits pleins. Et tout ça la fois...

Premier acte avec la nouvelle éponyme One Day. Cette première histoire apparaît de loin comme la plus sensible des quatre avec un récit mettant en scène un jeune refusant sa routine quotidienne en exposant une attitude rebelle primaire. Hautain et visiblement sans vergogne par rapport à son environnement, il va chuter terriblement bas après des paroles émises par une de ses conquêtes et voir à quel point sa carapace est friable. Le graphisme en crayonné est superbe et dégage beaucoup d'émotions. Si l'auteur s'auto-critique durement à la fin de ce scénario, c'est soit de la modestie, soit de la mauvaise foi. La seconde nouvelle est muette. Entièrement. Elle permet de montrer à quel point le talent de narration de Benjamin, souvent caché par ses superbes illustrations colorisées est oublié.

Rock'n'roll

Les deux dernières nouvelles demeurent moins importantes par leurs propos. Si Divagations d'un après-midi arrache un sourire par son côté frivole plutôt rare chez l'auteur avec ses couleurs chaudes, Les colombes planent dans le silence se montre désespérément naïf et digne d'un shojô bas de gamme s'il n'était pas relevé par son dessin colorisé pas encore tout à fait au point mais largement supérieur à la moyenne. Pour compléter l'ensemble, des illustrations pleines pages faisant la part belle à des portraits de jeunes aux allures fashion, rock'n'roll ou plus fantastiques. Le pot pourri déjà présenté dans les deux sorties précédentes montre le plein potentiel qui atteint son rendement maximum dans Remember. Définitivement.

Les thèmes communs de l'album rappelle Orange plus que Remember et reste sensiblement équivalent. One Day ne bénéficie pas du même traitement graphique car il est plus à considérer comme un opus d'expérimentation et de jeunesse de la part d'un auteur qui a longtemps cherché sa voie et le succès avant d'atteindre la plénitude en ressassant des pensées pas toujours très rose. A ce titre, ce dernier opus est sans doute le plus égayé des trois mais permet d'observer la lente évolution d'un auteur plus que jamais d'actualité.

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