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Opéra de Pékin (L')

A contre courant de l'assortiment de shônen d'action pur et dur sortis à longueur d'années par les nouveaux éditeurs pour essayer de lutter contre les hits incomparables dont on taira les noms, L'Opéra de Pékin s'offre une place de choix en anticipant un sujet original au beau milieu d'un contexte fantastique prenant des connotations historiques certaines. Et surprise, la Chine est à l'honneur dans un manga ! Vous aussi, venez découvrir les subtilités du Kyougeki, cet art ancestral millénaire entre danse et théâtre ayant influencé l'art scénique nippon d'aujourd'hui. Au beau milieu d'une école où tous les coups sont permis pour atteindre l'objectif de devenir une vedette, un jeune japonais vogue à la recherche de son destin...

Jingxi

L'Opéra de Pékin
L'Opéra de Pékin
Jeune japonais de nos jours, Tatsuki est passionné de théâtre à travers les récits et l'enseignement du Kyougeki par son grand-père. Après avoir revêtu un masque Kouu, le jeune homme se trouve transporté dans le contexte difficile de la chine des années 1920 sans savoir le comment ni le pourquoi. Très vite repéré par un maître en la matière, Tatsuki se retrouve élève à l'Opéra de Pékin pour apprendre. Lui, le japonais au milieu de dizaines d'élèves chinois. Une période difficile s'annonce surtout que notre héros ne sait absolument pas le moyen de rentrer. Dans son malheur, il a la chance de pouvoir vivre sa chance à fond et d'apprendre avec les meilleurs, suscitant la jalousie par son talent. Mais a-t-il des raisons d'espérer seul face à tous ?

Le manga parle d'intégration et de tolérance entre deux pays et deux peuples qui se détestent mutuellement mais la leçon d'humanité donnée tombe parfois dans la mièvrerie la plus complète. Les amitiés se créent trop vite sans événement majeur et rapidement le contexte qui paraissait le plus intéressant disparaît, remplacé par une quête initiatique beaucoup plus cadrée et convenue. Tatsuki prend toutes les allures d'un personnage de shônen moyen, excepté son talent pour le théâtre. La traversée des épreuves subies éprouve le contexte de l'époque entre racisme déguisé ou ouvert contre les japonais/chinois. Traité avec pas mal de bonnes idées et subtilité, ce thème apparaît assez exceptionnel dans un shônen. Cependant, c'est surtout la compétition acharnée pour les places de la pièce de théâtre qui prend très logiquement le premier plan de l'intrigue et si le mangaka s'en tire plutôt bien, aucune surprise ne s'annonce dans un récit assez linéaire entre bêtises d'élèves passionnés, semi révélations déjà entrevues bien avant et professeurs sans pitié.

Théâtre des rêves

Le manque de punch et l'absence d'intérêt quasi-totale pour le sujet ne rendent pas l'histoire prenante, d'autant plus que le ton shônen sur lequel elle est traitée ne contribue pas à lui donner de force supplémentaire. Progressivement, en apprendre plus sur le Kyougeki devient éducatif à défaut d'être passionnant grâce à des éléments distillés ça et là. Les personnages manquent de charisme et si le mangaka s'est approprié l'histoire, il n'arrive pas à retranscrire pleinement ses intentions. Fort dommage.

Le graphisme laisse apprécier le manga avec bonheur tant les scènes d'action et surtout les habits des représentations théâtrales sont traités avec une précision minutieuse au point de rendre merveilleux quelques passages. La jaquette donne déjà le ton. Cependant, le chara design reste typé et classifié shônen avec des passages simplistes et un manque évident au niveau du remplissage. La trame est travaillée, le découpage tout juste assez dynamique pour rythmer les scènes d'action. Quelques touches d'humour en SD apparaissent aussi.

Un petit manga qui tire son épingle du jeu par une qualité graphique et un thème central original mais rien de plus. L'Opéra de Pékin offre une vision historique et s'illustre plus par des thèmes intéressants mais une histoire trop linéaire. Un coup d'essai à réessayer.

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