6/10

Oseam

Oseam raconte l'histoire de deux orphelins : le petit Gil-Son et sa grande soeur aveugle Gamie. Depuis la mort de leur mère, les deux enfants errent sur les chemins de Corée. Ils sont receuillis presque par hasard par deux moines bouddhistes, qui les emmènent dans leur monsatere. Le lieu est tranquille, et constitue pour Gamie un oasis de sérénitude, qui lui convient très bien. Mais pour un petit garçon, c'est autre chose. Et la cohabitation avec les moines est parfois difficile. Pourtant, l'un d'entre eux va l'entrainer dans un véritable cheminement spirituel, qui devrait lui permettre de voir sa mère.

Avant de s'intéresser à l'histoire d'Oseam, passons d'abord sur le coté technique. L'affiche du film est tout simplement superbe et laissait présager d'un graphisme inhabituel et onirique. Malheureusement, on retrouve très vite le dessin net et simplifié de la grande majorité des animés pour les personnages. Pour les décors, c'est autre chose. Ils sont fouillés, ont des couleurs magnifiques et gardent le coté poétique de l'affiche. Ce serait presque parfait si les personnages ne contrastaient pas autant avec eux. Ceci dit, passé les dix premières minutes de film, on ne fait plus attention à ce petit défaut, ni au fait que les personnages ont les yeux bridés. Autant dans l'animation japonaise, on réserve les yeux bridés aux autres asiatiques, autant dans ce film les personnages en ont tous.
Et à propos de l'animation, il est clair que les coréens font un travail exceptionnel pour mélanger la 2D et la 3D. Le studio Mago21 n'a pas cherché à faire dans le magnifique (wonderful days). Ils se sont attachés à rendre le monde plus vivant, en gardant la beauté des décors, et donc leur complexité. Et cette 3D est parfaitement intégrée. A aucun moment on ne la remarque. c'est une réussite totale.
Pour ce qui est des musiques, on passe d'un avis neutre à un avis plutôt négatif. Tout le long de l'anime, les musiques sont quasiment absentes. Et le peu qu'on entend est assez quelconque. En revanche, pour le générique de fin, c'est totalement différent. Le style classique laisse la place à une balade pop sans rien d'exceptionnel. Ce qui est gênant, c'est que en fond, les images alternent entre des images du film et des scènes où l'on voit les doubleurs chanter la chanson. L'aspect karaoké tue totalement l'ambiance du moment, et on s'en serait bien passé.

Revenons au scénario. Oseam est un conte pour enfants. Les adultes où les adolescents qui le verront seront sans doute énervés ou plutôt un peu déçus par le coté mièvre. Niais est un adjectif un peu trop fort, mais il correspond tout de même assez bien à certains passages. De même, le coté manichéen des personnages secondaires peut en énerver plus d'un. Du coup, on a du mal à y croire, et même en stimulant son coté fleur bleue, on ne s'attache pas vraiment aux personnages.
Pour les enfants en revanche c'est autre chose. Préparez les mouchoirs et préparez vous aux crises de larmes. Car Oseam a été fait pour des enfants coréens. Les références au bouddhisme passeront sans doute loin au dessus de la tête des jeunes spectateurs occidentaux, et par conséquent le happy end aussi. On sait très vite que le petit Gil-Son va mourir. Mais cette mort n'est pas triste. Elle constitue même le coté joyeux de la fin. Mais pour un enfant qui n'a aucune idée de ce que peut être le bouddhisme, ce n'est pas du tout évident. Gil-Son va pratiquer l'ascèse, pas par choix certes, mais c'est pourtant ce qu'il fait. Pour un occidental, il est tout simplement en train de mourir de faim. Pour les bouddhistes, il atteint le nirvana. Les plus jeunes, eux, ne verront que la mort du héros, celle d'un enfant innocent, gai et bon.

Oseam est un conte pour enfant. Souvent naïf et peu profond, seuls les enfants seront happés par l'intrigue, mais ils ne comprendront sans doute pas le film, à cause des références au bouddhisme.

Pour finir, un petit mot sur le DVD. Outre un packaging joli, qui reprend l'affiche du film, on trouve... Trois fois rien. Les seuls bonus sont un animatic (?) du film et la bande annonce. C'est un peu léger, surtout lorsqu'on paye 23€ pour un film de 1h20.

A propos de l'auteur

    2 commentaires

    • Lilly

      11/12/2005 à 20h15

      Répondre

      non non je te rassure y'a des adultes aussi qui ont été touchés, moi la 1ère, j'adore ce film et je me suis mordue les lèvres très fort pour ne pas pleurer, parce que ça le fait pas de pleurer quand t'es adulte.. hum... Je suis fan des dessins, je n'ai pas trouvé le scénar simpliste, et pourtant je ne suis pas bouddhiste, mais j'ai trouvé ça au contraire assez profond, parce que ça se détachait de l'action pour emprunter des voix effectivement plus spirituelles peut être, en tous cas des questions sur l'âme certainement. Si tu grattes un peu, je crois qu'il y a pas mal de réflexions derrière tout ça, pas si gratuites.
      Quant à la fin, je ne pense pas non plus qu'elle ne puisse être comprise que par des initiés au bouddhisme, au contraire elle reste assez ouverte finalement elle ne dit pas aussi clairement les choses...
      Et personnellement, je n'emmènerai pas un enfant le voir, je le trouve dur du début à la fin ce film

      Cela dit ta critique est bien argumentée et j'ai été étonnée de la lire, c'est bien aussi de lire le contraire de ce qu'on aurait écrit

    • Kei

      11/12/2005 à 23h26

      Répondre

      Et personnellement, je n'emmènerai pas un enfant le voir, je le trouve dur du début à la fin ce film

      C'est aussi mon avis, mais pas celui de la majorité. Quand je suis allé le voir avec un copain, nous étions les deux seuls a avoir plus de 12 ans et moins de 60 ans (comprendre, il n'y avait que des grands parents avec leur petits enfants)

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