6/10

Pacte des Yokai (Le)

Les monstres nippons repassent à l'action dans un shôjo bien meilleur que la plupart des autres du genre car explorant des sujets assez inahbituels.

Akata nous revient avec un manga dont il s'est fait une certaine spécialité : s'attaquer à des légendes du terroir nippon. Avec Le Pacte des Yokaï, Yuki Midorikawa passe en revue un gros catalogue de monstres du patrimoine de l'archipel vu à travers les yeux d'un adolescent maladif et orphelin. Un shôjo au-dessus de la moyenne qui nous conte de nombreuses histoires basé sur ces monstres humains, fidèles et profondément attachés à des valeurs du Japon d'antan. Se rapprochant des titres à l'aspect nostalgique de Natsuki Sumeragi ou Onmyôji, ce manga s'imprègne d'une véritable ambiance à défaut d'un rythme soutenu...

Maître Griffou

Le Pacte des Yokaï (c) Akata
Le Pacte des Yokaï (c) Akata
Depuis qu'il est petit, Natsume voit les yôkai (les esprits surnaturels japonais). Ne les appréciant pas particulièrement, il a toujours évité de les fréquenter. Mais voilà que ces derniers temps, les yôkai se mettent à le pourchasser sans qu'il comprenne pourquoi. Et un jour, alors qu'il tente d'échapper à l'un d'eux, il pénètre dans un lieu sacré et libère par inadvertance un "chat" qui avait été enfermé dans un petit sanctuaire. Loin de se montrer hostile comme les autres yôkai, le chat engage la conversation avec Natsume et le questionne à propos d'un carnet qui aurait appartenu à Reiko Natsume. Cette Reiko en question se trouve justement être la grand-mère de Natsume...

Un héros se révèle progressivement par l'intermédiaire de ce scénario simplissime au premier abord. Et de nombreuses histoires partant de ce point de départ vont alors voir le jour, montrant le caractère coriace d'un jeune homme effacé dans la vie réelle. Ces êtres qu'il est le seul à pouvoir apercevoir lui apportent une confiance relative en lui à défaut d'une affirmation au contact des autres. Comme un fou ou un otaku, Natsume évolue dans un monde dont il est le héros et le seul à pouvoir percevoir les tourments, choses qui vont l'amener à se dépasser pour régler leurs problèmes en jouant le rôle d'intermédiaire entre le monde des monstres et celui des humains. A vrai dire, Le Pacte des Yokaï ne relève pas d'une idée tellement originale puisque ce genre de titre est le propre de nombreux shônen ou shôjo. En bref, une sorte de quête initiatique teintée de fantastique qui se fait le chantre de nous présenter une partie du folklore japonais. Et son digne représentant n'est autre que Maître Griffou...

La boîte de Pandore

Les multiples yôkai réapparaissant autour de Natsume font penser à la légende de la boîte de Pandore. La différence réside dans le fait que le manga se donne difficilement une contenance par ses monstres trop respectueux du pacte passé avec l'ancienne détentrice du carnet, à tel point que le manque d'événements rocambolesques devient un cruel problème pour le scénario qui suit son cours, gentiment, sans se presser. C'en est presque désopilant pour le lecteur de se retrouver avec tout ce bestiaire à exploiter pour si peu d'action. Le personnage secondaire de Maître Griffou a beau mettre un peu d'humour et un peu de vice dans tout ceci, le titre n'en demeure pas moins soporifique à quelques instants. Néanmoins, on parvient tant bien que mal à trouver un intérêt à travers les multiples quêtes menées par Natsume.

On se retrouve en terrain connu pour le shôjo au niveau du chara design représentatif du genre avec des personnages à trait fin, un découpage en bande donnant une esthétique simple et un ton aéré au titre. Le Pacte des Yôkai prouve surtout son intérêt par la qualité du bestiaire, montrant toute la richesse du folklore nippon et un sens de la dérision très profond avec des monstres humanisés, possédant souvent un resext des valeurs beaucoup plus profonds que celui du monde des hommes. Le graphisme s'accorde particulièrement bien avec le ton donné au manga et le personnage en est le reflet par son expressivité et ses airs rêveurs ou ahuri.

Le Pacte des Yokaï nous plonge dans le monde merveilleux et insensé des esprits pas bien méchants des démons nippons. Une pointe de fantastique et de nostalgie dans un monde dévoué au shônen d'action ou au seinen malsains ne peut pas faire de mal alors pourquoi ne pas se laisser tenter par un titre comme celui-ci ? Si on excepte quelques défauts et les délires en free talk d'une mangaka très bavarde...
A découvrir

Ping Pong Dash !!

Partager cet article
A voir

Interlude

A propos de l'auteur

2 commentaires

  • Anonyme

    17/08/2008 à 15h31

    Répondre

    Découvert ce manga par hasard à la fnac, moi qui pensait ne plus jamais rien acheter de nouveau en français au vue des médiocres sorties de ces dernières années, j'ai été agréablement surprise par ce manga.
    Bon amateur de combat épatant et tout ça, passez votre chemin, on entre plus dans un manga psychologique et intuitif que dans de l'action pure et simple comme le scénario assez banal pourrait le suggérer.
    Le dessin donne d'ailleurs tout de suite le ton. C'est doux, aéré, presque éthéré, j'aime beaucoup.
    On a pas la affaire a un manga shojo ordinaire à ce niveau. le dessin me rappelle légèrement Monogatari et Silver Diamond en plus réaliste ce qui est appréciable.
    L'athmosphère du titre aussi. Une réalité, un mystère et une profonde mélancolie se dégage de tout ça, même l'humour omniprésent est en fin de compte teinté de tristesse.
    On est dès le départ totalement immergé dans la solitude du personnage et son désir d'être proche de quelqu'un ou quelque chose. Malgré tout on garde un sentiment d'espoir en voyant tout ces personnage se réunir autour de Natsume, en brisant sa solitude sans même qu'il ne s'en rende compte.
    Je pense que c'est un manga qui trouvera plus écho chez les personnes qui on déjà vécu la vrai solitude car l'auteur sait très bien la dépeindre.
    J'avoue que le titre, tant sur le plan scénario que dessin me fait vraiment penser au oeuvre de SUGIURA Shiho, s'en ai même troublant.
    Bref Delcourt fait encore preuve d'un très bon goût et je recommande ce manga chaudement.

  • Anonyme

    18/08/2010 à 10h36

    Répondre

    Je n'ai pas trouvé de fiche sur l'anime, alors je vais en parler ici bien que je n'aie pas vu ce que l'histoire valait sur papier.


    De son nom d'anime, Natsume Yuujinchou part très très bien. Les premiers épisodes sont assez touchants et bon enfants, le folklore japonais étant séduisant pour la quasi totalité des amateurs de BD japonaises... L'animation est vraiment pas mauvaise et on trouve pas mal d'originalité.


    Malgré cela, il ne cherchera pas à pousser la barre plus haut à chaque épisodes. Natsume Yuujinchou est un anime très prétentieux, qui se repose sur ses acquis séduisants : le folklore ( ce que n'importe quel anime peut faire finalement ), et n'avance plus après le 5ème épisode. Jusqu'à la fin.


    Le manque de personalité du héros est caché par une façade de garçon réservé, on se rendra finalement compte qu'il a autant d'originalité qu'une carotte... comme tous les autres personnages de la série. Enfin, le comportement du sensei de Natsume n'a aucun sens, et encore une fois un marque de prétention, cet illogisme est masqué par une façade de personnage mystérieux.


    Bref, Natsume Yuujinchou est le genre typique d'anime avec une excellente, mais alors terrible couverture, mais qui se révèle plat et sans enjeux. Les personnages se donnent un style sans rien derrière, l'histoire n'avance pas et enfin le personnage principal, sensei, agit de manière insensée. Passez votre chemin, même si ça a l'air attrayant.

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Chez Krinein Manga et animes, c'est la culture japonaise qui est mise à l'honneur grâce à des critiques de shonen, shojo et autres termes bien connus des vrais fans. Toi même tu sais.

Rubriques