8.5/10

Paradise Kiss

On avait découvert la passion musicale d'Ai Yazawa dans Nana, on découvrira cette fois-ci son goût pour l'univers impitoyable de la mode avec Paradise Kiss. Spin off de Gokinjo, une vie de quartier, le manga possède tous les atouts pour réussir : ceux déjà entrevus dans les précédentes de oeuvres de la mangaka. Petite anecdote, ce manga n'a pas été publié dans un des grands magazines de prépublication japonais mais dans un magazine de mode féminin. Possédant un humour certain, un personnage principal qui possède tous les attributs de la femme moderne, un univers rocambolesque organisé autour d'une histoire flirtant entre amour et disputes pour la jeune Yukari. Pour elle, la découverte du monde de la mode va être un chamboulement pour toute sa vie...

Un petit air de paradis

Paradise Kiss
Paradise Kiss
Yukari Hayasaka est une jeune lycéenne stressée par ses examens d'entrée à l'université, ses notes dégringolent, ses relations familiales en pâtissent, son moral en prend un coup, surtout lorsque le garçon qu'elle aime la remarque à peine. Jusque là, le manga fleure bon le shôjo classique mais la suite est d'un autre calibre car quatre jeunes étudiants de l'institut de mode Yaz'art vont modifier à tout jamais sa vie. George, Miwako, Isabella et Arashi vont trouver en elle le mannequin parfait qui pourrait porter leurs vêtements extravagants dignes des plus grands délires des créateurs actuels, autant dire que Jean-Paul Gaultier ne renierait pas de voir défiler. Ces quatre personnages étudiants en mode tout droit tirés de l'imagination farfelue d'une mangaka en plein délire vont amener Yukari dans un autre univers que celui des études pour le meilleur et pour le pire. Progressivement, Yukari va développer l'ambition qui lui manquait et apprendre à apprécier ces êtres, et en particulier un, tout en gardant à l'esprit que ce monde possède une double facette montrant que la beauté artificielle côtoie la cruauté de la réalité à chaque seconde...

Si le personnage féminin de Yukari est une combinaison réussie des comportements des deux Nana du manga éponyme, la mangaka crée avec succès des personnages secondaires savoureux qui prennent un malin plaisir à embarquer le scénario toujours plus loin dans l'absurde mais aussi la tendresse, la cruauté, l'amour, etc... Paradise Kiss est un mélange brut d'émotions qui prend son essor dès les premiers instants pour ne retomber que très rarement dans les platitudes. La qualité du récit commence à devenir une habitude chez la mangaka qui s'illustre toujours par d'excellentes transitions mais la grande force de Yazawa se situe dans les répliques au tac au tac qu'elle parvient à insuffler à ses personnages. Le quatuor totalement déjanté de passionnés de mode, aussi différents que complémentaires, rend l'oeuvre radicalement orientée humoristique. A l'inverse, la relation passionnée entre Yukari et son prince charmant s'avère être cyclonique : beaucoup de disputes orageuses avec un profond fond d'amour dans lequel subsistent d'étranges accalmies.

Aï Yazawa... parce qu'elle le vaut bien

Le scénario est bien moins compliqué que celui de Nana mais pouvait-on en demander plus en cinq volumes ? Les rebondissements sont largement à la hauteur et la fin totalement inattendue (mais légèrement tronquée) s'annonce comme une sorte de prélude au dénouement de l'oeuvre principale de la mangaka entre drame et joie. Si le début de l'intrigue est simple, les relations se mêlent, se démêlent, s'entremêlent pour arriver à un point où chaque arrivée d'un nouveau protagoniste ou la moindre phrase d'un personnage peut provoquer un irrémédiable changement.

La mangaka nous régale encore de son trait superbement représentatif pour une oeuvre consacré à la mode, on a vraiment l'impression d'être immergé en plein milieu créatif tout en gardant la fraîcheur étudiante. Les habits se devaient d'être à l'honneur et force est d'avouer que Yazawa parvient à conserver son imagination fertile pour proposer sans cesse des pièces à la fois somptueuses et extravagantes, magiques et irréelles. Pourtant, n'espérez pas apprendre quoique ce soit sur le milieu de la mode car Paradise Kiss se révèle être orientée totalement divertissant donc pas de description approfondie du métier de mannequin ou autre, seul un survol rapide explique la situation de Yukari pour son « métier passion ».

Paradise Kiss prouve le savoir-faire de la Aï Yazawa en terme de shôjo. La recette reprend les arguments qui ont fait de Nana un succès incontestable tout en l'agrémentant de petits revirements dont seule la mangaka connaît le secret. Une oeuvre saisissante un poil moins intense que Nana, sûrement en raison de son faible nombre de volumes, qui se permet le luxe de s'offrir une superbe édition avec quelques pages couleur. Que demander de plus ?

A découvrir

AI Non-Stop !

Partager cet article
A voir

Free Soul

A propos de l'auteur

0 commentaires

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Chez Krinein Manga et animes, c'est la culture japonaise qui est mise à l'honneur grâce à des critiques de shonen, shojo et autres termes bien connus des vrais fans. Toi même tu sais.

Rubriques