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Patlabor - Film 01

Dans le monde du troisième millénaire, les labors sont devenus omniprésents. Ces robots géants pilotés par des humains servent à tout : maintien de l'ordre, manutention, démolition, ils sont devenus irremplacables. Alors quand certains deviennent incontrôlables et font des ravages, le gouvernement préfere étouffer l'enquête. Pourtant, ce pourrait être l'annonce d'un cataclysme mondial.

Au commandes de la réalisation de ce film, on trouve un illustre inconnu pour l'époque qui deviendra plus que célèbre peu après : Mamoru Oshii. Considéré comme un des plus grands réalisateurs de films d'animation depuis Ghost in the Shell, il était tout de même à cette époque (six ans plus tôt) un petit jeunot. Ce film n'est pas un chef d'oeuvre, loin de là. Mais il est tout de même un bon divertissement.

Commencons par le scénario. La première idée qui nous passe par la tête c'est "encore une repompe d'Evangélion". En effet, les Labors semblent être doué d'une forme d'intelligence primaire et le début du film porte sur le fait qu'ils prennent le controle d'eux mêmes, en dépit du pilote. Mais deux choses viennent vite effacer cette idée. Tout d'abord, ce film a été réalisé bien avant que Gainax ne soit créé, et ensuite, on se rend bien compte qu'il n'y a pas du tout de dimension mystique ou fantastique dans ce film.
Le scénario en lui même est plutôt pas mal, quoique un peu convenu. Mais pour un si vieux film, on peut dire qu'il a plutôt bien vieilli. Il s'agit d'un polar, ayant pour fond une histoire de mechas et saupoudré d'une fine couche de magouilles politiques.
En fait, le seul gros reproche qu'on peut faire à l'histoire, c'est qu'elle laisse parfois entendre qu'elle va devenir géniale. Je m'explique. Un peu tout au long du film, l'aspect enquète est délaissé pour, par exemple, se concentrer sur les problèmes politiques soulevés, et dans lesquels le héros devient un personnage secondaire et un personnage secondaire devient le héros. On se dit alors que ca y est, l'histoire prend une autre dimension, mais il n'en est rien. Au bout de 5 minutes, on revient à l'histoire normale. Dommage car sinon, Patlabor serait sans aucun doute passé dans la catégorie supérieure : celle des films que l'on retient.

Pour un film de cette époque, le coté technique est particulièrement impressionant. Certains passages sont vraiment bien animés, et il faut bien se dire qu'à l'époque, les studio n'avaient ni 3D ni même ordinateur pour les aider. Le travail fait tout au long de ce film est du niveau de ce qui se fait en standard aujourd'hui pour les séries, mais sans la 3D... et avec une grosse dose d'animation limitée. L'animation japonaise est basée sur le principe d'animation limitée, mais souvent les réalisateurs se débrouillent pour que celle-ci ne se voit pas. Mais ici, c'est souvent trop flagrant. Par exemple, les scènes ou un écran d'ordinateur cache les bouches de deux personnes en train de parler sont un peu trop "fixes". Rien ne bouge, on a la sentation de n'avoir sous les yeux qu'un seul dessin avec des voix, ce qui est le cas. Cela fait tache au milieu du reste.
Au passage, un petit mot sur les décors qui sont généralement soignés. Le seul "hic" c'est que les parties animées du décors sont bien moins belles que celles qui sont fixes. Du coup on les remarque très facilement et on sait à l'avance ce qui va bouger. Ceci dit, après les vingt premières minutes du film, on s'est habitué et on ne fait pas attention.

Patlabor est un vieil anime, et cela se sent surtout dans le coté artistique, dans le character design, et dans la musique. La musique d'abord : elle fait penser à celles que l'on pouvait trouver sur Super Nes, dans des jeux comme Chrono Trigger par exemple. Ce n'est pas du son 8 bits, mais la qualité globale n'est pas géniale, en dépit du fait qu'il s'agit de Kenji Kawai. En plus, il ne semble y avoir que deux themes dans ce film : celui pour les scènes d'action et celui pour les scènes d'investigation. Les deux collent parfaitement à l'ambiance, mais à force de les entendre, on s'en lasse.
Les méchas sont assez convaincants, mais il ne sont pas vraiment originaux. On appréciera pourtant un certain souci du détail. Par exemple, les méchas de chantier se pilotent comme des caterpillar : 3 manettes suffisent à le bouger alors que pour les méchas de la police, on est plus proche des Evas.

Mais au final, ce qui surprend, c'est qu'on a passé un bon moment. En dépit des petits défauts cités plus haut, ce film se laisse voir et on y prend du plaisir. Et j'en aurais pris sans doute encore plus si la version française n'était pas aussi pourrie. Bon, Patlabor fait parti des premiers films arrivés en france, et à ce moment, "animation = Club Do". Du coup les filles ont des voix de gamines, passent pour des connes et les mecs n'ont pas l'air bien malins non plus. De même, la traduction n'est pas excellente. A plusieurs reprises, on tique sur certaines tournures de phrases, qui ne sonnent pas naturelles.
En dépit d'une VF hélas dans la moyenne, Patlabor reste un bon film, agréable et bien construit, même s'il aurait pu être bien meilleur. A voir, sans aucune hésitation, mais en VO.

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